ÉCRIVAINS D'ANTIOCHE
1. Tous les plus grands docteurs de l'école d'Antioche supr. p. 135. n. 2), à l'exception de saint Jean
Chrysostome, tombèrent dans des erreurs christologiques. A cette école appartenaient Arius et Xestorîiis. — D'Arius il nous reste des fragments de sa ô-iÀEia Banquet), œuvre moitié en prose, moitié en vers, et deux lettres; — de Nestorius, cinq discours et les douze « anti-anathématismes » contre Cyrille dans la version latine de Marins Mercator. Parmi les autres docteurs d'Antioche plusieurs méritent d'être mentionnés.
2. Apollinaire', évêque de Laodicée en Syrie, était très instruit et, au début, très estimé. Dans la lutte contre les ariens, il a rendu à l'Eglise des services incontestables. Comme écrivain, notamment comme exégète, il montrait une grande activité, et suivait, dans toute leur rigueur, les principes positifs de l'Ecole d'Antioche. Il tomba malheureusement dans de graves erreurs sur la personne du Christ. Puisque le Logos, disait-il, était vraiment Dieu, il ne pouvait s'unir en unité de personne une nature humaine raisonnable et libre ; il a donc pris une chair vivifiée seulement par une àme inférieure {'^^'/r\) mais non par une âme raisonnable (voïïç) dont lui-même (le Logos) tenait lieu; de plus le Logos était de toute éternité prêta s'incarner ; il n'étaitdonc pas tout à fait et uniquement Dieu; l'humanité dans le Christ était consubstantielle à la divinité. — Le deuxième concile
1. OEuvres dogmatiques éditées par H. Lietzmann, Apollinaris von Laodicea und seine Schule, ïiibingen, 1904. Le reste est dans Migue, P. G., xxxni.
Draeseke, ApoUinarius von Laodicea, Leipzig, 1892. — Voisin, L'apollinarisme, Louvain, 1901. Ces deux ouvrages parlent de la vie, des écrits et de la doctrine d'Apollinaire.
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œcuménique de Conslantinople condamna la doc liine d'Apollinaire. Il mourut vers 390.
Les trente livres d'Apollinaire Contre le néoplatonicien Porphyre 17 304 sont perdus. On a conservé en entier une Paraphrase des psaumes en hexamètres. De même le traité H' /.axà ixÉpo; TTÎcTiç qui se trouve dans les œuvres de saint Grégoire le Thaumaturge et la profession de foi De incarnatione Dei verbi. qui porte le nom de saint Athanase. sont très vraisemblablement d'Apollinaire.
Draeseke a prétendu lui restituer encore bon nombre d'autres œuvres dogmatiques; mais tout récemment Voisin a montré que ces attributions étaient loin d'être justifiées ^
3. Diodore était issu d'une famille distinguée d'Antioche ; il reçut à Athènes une formation sérieuse dans les sciences profanes et sacrées ; sa vie fut toujours austère. L'empereur Julien disait que son apparence frêle, son visage pâle, ses souffrances physiques laissaient apercevoir sur lui les effets de la colère des dieux. Chef d'une communauté de moines, à Antioche, il lutta vigoureusement par la parole et par la plume contre les païens, les ariens et les apollinaristes; il forma de brillants élèves, tels que saint Jean Chrysostome et Théodore de MopsTieste. Sous le règne de Valens, il dut s'exiler. Après la mort de cet empereur (378), il fut consacré
1. Cf aussi Fiiiik ilans le Lillerarischen Rundachau. Kreiburj;. 1902. 11. L'édition de Lietzniann a rejeté d'ailleurs les ou^Tages indûment attribués i)ar Draeseke.
évêque de Tarse en Cilicie paz' son ami, Mélèce d'Antioche. Jusqu'à sa mort (vers 394), on le considéra comme un pilier de l'orthodoxie et lui-même ne soupçonna jamais qu'il y eût dans ses idées quelque opposition à l'enseignement de l'Église. Pourtant, sa conception du Logos qui aurait habité, comme en un temple, dans l'homme appelé Jésus, en fait le l>ère du nestorianisme.
Diodore a composé de nombreux ouvrages exégétiques, dogmatiques et apologétiques. 11 a probablement commenté la Sainte Écriture en entier, et d'après les principes de l'école d'Antioche. On croyait tous ses écrits perdus, lorsque Harnack ' lui a attribué quatre traités mis faussement sous le nom de saint Justin, en particulier les Quaesiiones el responsiones ad orthodo.xos ^. Ce qui est certain, c'est que les quatre traités sont d'un même auteur, lequel appartenait à l'école d'Antioche^. Funk''' retarde la date des Quaesiiones et responsiones jusqu'au v<^ siècle et les restituerait de préférence à Théodoret de Cyr (infra 275 p.) dont le manuscrit porte le nom.
4. Théodore^ était aussi d'Antioche où il suivit les leçons de Diodore. Ami d'enfance de saint
1. Diodorvon Tarsus, Leipzig, 1901 {Texte u. Untersuchungen. Neue Folge, VI, 4).
2. Dont, en ISO.";, Papailopoiilos-Kcraiiieiisn découvert à Constantinople un texte meilleur et plus complet.