Revue d'histoire ecclésiastique, Louvain
3. Édition de ce que nous possédons de Théodore dans Mig:ue, P. G., LXVI.
Kihn, Theod. von Mopsueslia undJunUiusAfricanusalsExegeten, Freiburg, 1880.
•27'^ ELE.MENTS DE PATKüLUGIE.
Chrysostome, il se voua avec lui à l'ascèse et à l'étude des saintes lettres chez les moines des environs d'Antioche. Mais soudain sa ferveur se refroidit ; il quitta la solitude dans l'intention de se marier et de chercher la gloire dans la profession davocat. Grâce aux exhortations de saint Chrysostome qui écrivit alors ses deux livres Ad Theodorum lapsum (supr.p. 189, n. 6), il regagnais cloître. 11 exerça ensuite le ministère, pendant dix ans, comme simple prêtre à Antioche, et, pendant trente-six ans, comme évêque de Mopsueste en Cilicie. Il montra envers Chrysostome exilé une fidélité et un dévouement qui allèrent jusqu'au sacrifice. 11 mourut en 428.
Par son talent et sa vaste érudition, Théodore de Mopsueste est une des gloires de l'école d'Antioche. Conformément à la tendance générale de cette école, il consacra la plus grande partie de son activité littéraire à l'étude de l'Écriture qu'il a commentée presque en entier. Les nestoriens de Syrie l'appellent le « Commentateur » par excellence. Mais en christologie, il insista plus encore que son maître Diodore sur l'erreur que devait soutenir Nestorius, son élève ^ . Il rejetait dans le Christ l'union réelle des deux natures et prétendait en conséquence que c'était un blasphème de dire que Dieu avait souffert ; de même Marie ne pouvait qu'improprement être appelée mère de Dieu. Comme Pelage, il niait le péché orig-inel.
La personne et la doctrine de Théodore ont été
i. L'année même de la mort de Théodore (4-28), Nestorius montait sur le siège de Constantinople.
condamnées, comme entachées de Nestorianisme, par le v^ concile général de Constantinople en 553.
Aussi ses écrits dogmatiques ont-ils entièrement disparu. De ses commentaires de la Bible nous n'avons en grec que celui des petits prophètes ; son commentaire des petites épîtres de saint Paul ne nous est parvenu qu'en latin, et celui de l'Evangile de saint Jean en une traduction syriaque.
Dès Fàge de vingt ans, Théodore composa un commentaire des psaumes. 11 n'en reconnaît que quatre {ps. ii, viii, xlv, ex) pour directement messianiques. Cet ouvrage ne nous était connu que par des extraits syriaques et latins, lorsqu'en 1902 Lietzmann a tiré des « chaînes » quelques fragments grecs plus considérables^.
5. Originaire d'Antioche, Théodoret- fît ses études dans l'école monastique de cette ville. Il eut là Théodore pour maître et Nestorius pour condisciple. Evêque de la petite ville de Cyr, tout près d'Antioche, il exerça dignement pendant trentecinq ans ses fonctions pastorales. Malheureusement, au début de la controverse christologique, il se rangea du côté de Nestorius et composa même un ouvrage de polémique contre les anathématismes de saint Cyrille qu'il accusait d'apollinarisme.
Même après qu'en 433, se fût fait entre les deux