‹ Elements de patrologie et d'histoire des dogmesChapitre 77 sur 96 · APOLOGISTES LATINS · texte numérisé non relu

APOLOGISTES LATINS

1. Firmicus Maternus. Nous possédons de lui, en un seul manuscrit, un petit écrit : De errore profanarum religionum^ Il y fait appel à T Ancien Testament pour engager les empereurs Constant (7- 350] et Constance [-■ 361 à exterminer parla force les restes du paganisme.

De Fauteur, on ne sait rien. Peut-être était-il originaire de Sicile.

Son ouvrage est dirigé principalement contre les mystères païens où s'était réfugié le sentiment religieux du monde païen de ces derniers temps.

La superstition et l'immoralité de ces réunions secrètes n'avaient pas encore été flétries avec autant de vigueur. Maternus y fait même preuve de fanatisme.

2. Paul Orose-, prêtre espagnol, visita plusieurs fois saint Augustin à Hippone, et demeura assez longtemps à Bethléem près de saint Jérôme, dont il

\. Il a été réuni à VOclavius de Minucius Félix par Halui dans le second volume du Corpus scriptorian ceci. lat. de Vienne. — On peut aussi se servir do l'édition Miguc, P. L., \U.

i. Le Liber apologelicus et VHistorla ont été édités par Zaïigeiiieister dans le Corpus script, eccl. lai. , vol. V.

Le petit Commonitorium de errore priscillianislarion et nrigenistarum a été édité i>ar Scbrpps dans le même recueil, vol. XVllI.

fut l'auxiliaire dans la lutte contre le pélagianisme.

C'est en Palestine qu'il écrivit le Liber apolo^eticus contra Pelagianos. Il composa les sept livres Historiae adversus paganos, son œuvre principale, pendant son dernier séjour en Afrique (417-418). Ils sont destinés à compléter le De civitate Dei de saint Augustin en prouvant par le détail que les hommes avant Jésus-Christ étaient frappés parla guerre et la famine plus encore qu'ils ne le sont de nos jours par lesbarbares, et qu'ainsi le christianisme n'est nullement responsable des malheurs du temps. A cet effet, Orose trace un rapide tableau de l'histoire du monde depuis Adam jusqu'en l'année 417 après Jésus- Christ. Pour l'époque qui précède Jésus-Christ, il s'est servi de l'Ecriture et des historiens de Rome ; pour les siècles qui l'ont suivi, de la Chronique d'Eusèbe, remaniée et continuée par saint Jérôme.

En ce qui concerne les 40 dernières années, son travail est personnel et très important, car, bien que sommaire, écrit à un point de vue tout spécial et dans un langage plein de rhétorique, il est d'une manière générale digne de confiance.

3. Salvieii^ était vraisemblablement originaire des environs de Cologne. Il fit vœu de continence parfaite avec son épouse qu'il avait convertie au christianisme, et devint prêtre et moine au monastère de Lérins. Les dernières années de sa vie s'écoulè-

\. Éditions de Baluzc, Paris, lOfiS.Migiie l'a reiiroduite, P. L., LUI ; de Ilaliii dans les Monumenta Gcrmaiiiae hist. antiquissima, I, 1. Berlin, 18"7 et de Pauly dans le Covijus srvipt. ecd. lat. de vienne, vol. VIII.

lu

rent à Marseille où nous le trouvons vers 480, très avancé en âge.

De ses nombreux écrits, il ne reste que neuf lettres, le traité Adversus avariliam, qui engage les chrétiens, spécialement les clercs, à faire des libéralités à l'Église pendant leur vie et surtout à leur mort, enfin son œuvre capitale De gubcrnatione Dei, en huit livres, que Gennade isupr. p. 5, n. 1) a intitulée De praeseuli judiciu. Composée peu avant 450, elle est dédiée à un de ses amis de jeunesse, l'évêque Salonius, de Genève. Les malheurs accumulés par les invasions des barbares accréditaient dans les esprits Tidée que Dieu ne s'occupe point des choses dici-bas. On expliquait ainsi les misères des chrétiens de Rome. C'est à cette difficulté que lauteur veut répondre. Sans recourir à la considération que Dieu réserve sa vengeance pour l'autre vie, il préfère en montrer les effets sur cette terre. Après avoir établi par la raison, l'histoire et la Bible qu'il existe une Providence, il trace à grands traits un tableau effrayant de létat moral où se trouvent les chrétiens romains ; il insiste sur l'immoralité du théâtre, du cirque, et sur la dureté de leur cœur à l'égard des malheureux. Les barbares sont moins coupables pour avoir, s'ils sont païens (Saxons, Francs et Huns), méconnu Dieu, et s'ils sont hérétiques (Goths et Vandales , pour lavoir défiguré, car du moins ils sont plus retenus dans leurs mœurs et plus compatissants à l'égard des pauvres: d'ailleurs, les Goths en particulier témoignent beaucoup plus de confiance en Dieu. Aussi la

chute politique de l'empire romain est-elle un effet bien mérité de la justice divine et une manifestation frappante du gouvernement de Dieu dans le monde. Par un détachement rare de toute préoccupation confessionnelle et nationale, l'auteur arrive ainsi à pressentir le rôle des peuples germaniques dans l'histoire.

L'exposé est diffus; de fréquentes répétitions le rendent fatigant, bien qu'il ne manque pas d'un certain mouvement. Le style facile et toujours correct rappelle Lactance.

Page 1