‹ Elements de patrologie et d'histoire des dogmesChapitre 85 sur 96 · Theol. Quartalschrift, Tiibingen, 1895, p. 333 sq · texte numérisé non relu

Theol. Quartalschrift, Tiibingen, 1895, p. 333 sq

6. Histor. Jahrbuch, der Görresgesellschaft. 1895, pp. 253 et 'i\.

époque : c'est que l'auteur mentionne l'usage de chanter le Credo h la. messe (De eccles. hierarch.^ III, 2). Or cette pratique introduite par les monophysites, pour la première fois, à Antioche, en 476, ne fut que plus tard acceptée par les orthodoxes ^ — La patrie de ces ouvrages est la Syrie ou l'Egypte. — La lang-ue est très particulière et obscure. Le pseudo-Denys emprunte ses expressions de préférence à la langue des piystères ; il aime les mots nouveaux et les constructions recherchées.

* 4. Le pseudo-Denys, avec les philosophes néoplatoniciens, représente Dieu, sous l'image de l'Un ■ £v) dont tout sort pour y rentrer de nouveau. Le monde entier, y compris les anges, est, pour lui, comme une immense échelle à plusieurs degrés, sur laquelle la bonté divine répand ses rayons, de façon que les trois classes supérieures des anges se trouvent encore dans l'ombre qui environne la majesté divine; la hiérarchie ecclésiastique se rattache aux échelons inférieurs des anges, etles derniers rayons de la lumière divine viennent éclairer les créatures inanimées. — Lepseudo-Denys parle d'une activité «nique, à la fois humaine et divine fata Osavoûiy] svî'pvsia), dans le Christ 'Ep. iv); cette formule a été plus tard condamnée par l'Eglise dans la controverse avec les monothélites. — Les Pères des cinq premiers siècles, surtout en Occident,

1. cf. Stigluiaji', Das Aufkommen der Pseudo-dionysischci, Schriften, Feldkirch, 1893.

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attribuaient généralement aux anges un corps éthéré^ ; l'Aréopagite, dans son De caeles/i kie/ruchia, les considère comme de purs esprits. Le pape Grégoire le Grand et Jean Damascène lont suivi sur ce point. — De même, les Pères postérieurs ont emprunté à TAréopagite les neuf choeurs des anjres qui, depuis, ont obtenu droit de cité dans IF^glise. Les Pèn^s antérieurs ne savaient si les noms danges qu'on trouve dans la Bible expriment ou non des différences réelles entre eux. L'Aréopagite estime que la triade supérieure n'est appliquée qu au service de Dieu, sans avoir aucune relation avec les hommes à qui par conséquent ils ne peuvent être envoyés. Telle fut également Topinion de saint Thomas dAquin et de Suarez qui plaçaient ainsi les messagers envoyés aux hommes, Michel, Gabriel et Raphaël, dans la classe des archanges: la majorité des théologiens pense pourtant que tous les chœurs des anges peuvent indifféremment être députés au service des hommes -.

5. L'évêque, explique l'Aréopagite, bénit l'eau du baptême en versant trois fois le saint Chrême en forme de croix. 11 oint l'enfant avant le baptême, par trois fois, en forme de croix. Les prêtres l'oignent ensuite sur tout le corps, après que les diacres lui ont ôté ses vêtements. Pour les exoreisines, le catéchumène se tourne d'abord vers

1. Turiuel,i3/.s«. de l'ungelolof/ir. dans la Revue d'hisl. et de litl. relia- Paris, 1898.

-2. Tunnel. Lnngélologie depuis le faux Denys, dans la Revue d'hisl. et de liltér. reliffieuses. Paris. 1899.

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l'occident, étend par trois fois ses mains contre le démon et souffle contre lui ; puis il se tourne vers l'orient, regarde le ciel et lève les mains. — Avant la ?nissa fidelium , on renvoyait encore les catéchumènes, les énergumènes et les pénitents. Mais beaucoup, malgré de graves péchés, restaient et recevaient TEucharistie (De eccL hierarch., m, 2-3). On voit ainsi, que la suppression du prêtre pénitencier, faite par le patriarche Nectaire de Constantinople (Socr., Hist., eccl. v, 19), n'entraîna pas, en Orient, jusqu'à la fin du v^' siècle, celle de la pénitence publique, mais que la pénitence fu dès lors laissée entièrement à l'initiative de chacun.

6. La huitième lettre du pseudo-Denys, adressée au moine Démophile, est très instructive. Un prêtre relevait avec douceur et s'apprêtait à absoudre un chrétien coupable qui s'était jeté à ses pieds, dans l'église, et promettait de s'amender; le moine Démophile était brusquement intervenu et les avait c[\a.&sé5 an presbyte rium. Les moines se croyaient donc alors les héritiers du pouvoir des prêtres, voire de celui d'absoudre, sous prétexte que les prêtres pouvaient, par le fait de leur vie indigne, n'être plus spirituels (TCveufxaxixoi). Le pseudo-Denys dans cette lettre blâme le moine et dit que le prêtre seul peut absoudre ' .

Il incline toutefois vers les conceptions des donatistes sur l'Eglise; comme Origène 2, il croit que le

1. Sur la question des moines confesseurs en Orient, cf. article île M. A ncanilai'cl dans la Revue du rlergé français, -1905, pp. 23G-260.

2. Schanz, dans la TJieol. Quartalschrift, Tübingen, 1897, 49.

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prêtre, en état de péché, ne peut plus éclairer les autres ni leur transmettre la grâce de Dieu * .

Il nomme le troisième sacrement uupov, c'est-àdire saint Chrême. Il le place sur le « même rang » que lEucharistie et en indique les divers usages : il servait notamment à faire descendre le Saint-Esprit sur les nouveaux baptisés et à consacrer les autels sur lesquels on le répandait. Nous voyons là, pour la première fois, que le saint Chrême contenait des essences odorantes et que Ion avait l'habitude de consacrer les autels. La consécration des saintes huiles, des autels et des prêtres était réservée à l'évèque. Denys ne connaît qu'un autel dans l'église et dit que l'accès du presbyterium où il se trouvait était interdit au peuple -.

* 7. A la fin du De ecclesiastica hierarchùi. Denys décrit les cérémonies des funérailles '■'. Le corps du prêtre est exposé devant lautel, celui du moine ou du la'ic devant le presbyterium, puis commencent les « prières et actions de grâces ». Lévêque et tous les assistants embrassent le défunt, et l'évèque répand sur lui un peu d'huile sainte. L'auteur explique tout au long que, par suite de cette prière et de ces cérémonies, le défunt occupe une

1. Kocli. Zur Geschichte der Busadisziplin und Bussgewall in lier orientalischen Kirche, dans la Hist. Jahrb. d. Görresgesellschaf'l, 1000. .38-78.

2. Slf^luiayr, Die Lehre von den Sacramenten und der Kirche, nach Pseudo-Dionysius,àansle Zeitschrift für kathol. Theolotj., Innsbruck, 18rt8, 244i-303.

.3. Saint Grégoire de A'ysse [De vita sanclae Macrinae. Mi^ne. P. G., XLVi, it88) et les Constitutions apostoliques (\\. .30) décrivent aussi les rites des funérailles.

place supérieure à celle qu'il a méritée par sa vie terrestre. — Denys semble persuadé que l'àme du juste jouit de la vue de Dieu, immédiatement après sa mort \

1. Les œuvres d'histoire ecclésiastique de Socrate, Sozomène, Théodoret (cf. § 39; furent continuées par Théodore le Lecteur et Évag-re -. Théodore occupait la charge de lecteur à Sainte-Sophie de Constantinople. Il fit un résumé de ces trois historiens qu'il continua jusqu'à l'empereur Justin (518- 527). Nous n'en avons que des fragments. Evagre était d'abord avocat à Antioche, de là son surnom de scolastique; plus tard il devint questeur, puis préfet. Il mourut à Antioche, vers la fin du vi" siècle. Son Historia ecclesiastica, en six livres, s'étend de 431 à 594; elle puise aux meilleures sources et nous renseigne sur bon nombre de faits intéressants, relatifs à l'histoire du nestorianisme et du monophysisme. Malheureusement elle est diffuse et trahit la manie du merveilleux.

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