Theopbaues, Clironoy raphia ad an
foule des compositions qui portent leur nom, il est bien difficile de discerner celles qui leur appartiennent.
3. L'œuvre dogmatique capitale de Jean Damascène est la Source de la connahsance [■rzr^'i\ yvojceto;), dédiée à son frère adoptif, Cosmas. Elle parut proba blement dans les dernières années de sa vie, en trois parties : la première, dialectique, est une intro diictioii philosophique; la deuxième présente une vue d'ensemble des hérésies et la troisième, la principale, se propose de donner « un exposé fidèle de l'enseig-nenient orthodoxe ». La première partie s'efforce de dégager la part de vérité découverte par les païens : elle commence par la définition de la philosophie et développe ensuite la théorie de la connaissance et l'ontologie d'après Aristote. L'histoire des hérésies puise à des sources antérieures, surtout au Panarion de saint Epiphane (cf. supr. p. 180). Dans les trois derniers chapitres seulement (101-103), l'auteur parle d'une façon personnelle des hérésies contemporaines, celles de l'islam, des iconoclastes et des aposchites (qui toutes rejetaient le culte extérieur et le sacerdoce), La troisième partie veut synthétiser l'enseignement traditionnel de l'Église grecque représenté par les conciles orientaux et les Pères les plus illustres. Jean Damascène adopte le plan d'esquisse de la doctrine orthodoxe que Théodoret a placé dans le cinquième livre de son histoire des hérésies icf. supr. p. 275). Plus tard cette troisième partie a servi de modèle à Pierre Lombard pour ses quatre
livres des sentences. De là, en Occident, sa division en quatre livres, que les manuscrits ne connaissent pas. Le premier traite de Dieu; le second, de la création, de la providence, des anges, des démons et des hommes; le troisième, de la rédemption; le quatrième, mal distribué, du baptême et de l'eucharistie, du culte des saints et des reliques, du canon des Saintes Ecritures, du mal et des fins dernières.
Parmi les petits écrits dogmatiques il en est un sur le trisagion [Sanctus Dens, Sanctus Fort/s, sanctiis Immortalis, miserere nohis), qui montre que cette triple invocation s'adresse à la Trinité et qu'ainsi Pierre le Foulon avait tort d'y ajouter qui pro nobis es crucißxus.
Dans le traité Sur la confession se trouve l'opinion particulière qu'on peut se confesser même aux moines qui ne sont pas prêtres (cf. supr. p. 303). Cet écrit est probablement l'œuvre d'un théologien du nom de Siméon, qui vivait aux environs de l'an mille.
4. Les trois Apologies du culte des images (irpôç Toùç ûiaêâXXovta; xàç àyiaç eîxo'vaç) constituent certainement la plus solide défense de ce culte. La première a dû être composée en 726, l'année où parut le premier édit iconoclaste ; la seconde, lors de la promulgation du second édit et de la déposition du patriarche Germain de Constantinople, en 730 ; la troisième, quelques années plus tard. Jean, vivant sous la protection du calife, était à l'abri des coups de l'empereur grec. Les trois apologies, écrites avec feu, sont, comme tout ce qui vient de lui, fatigantes à cause de leur diffusion.
Des treize homélies, les trois In dormitionem beatae Mariae sont à noter pour l'histoire du dogme ; elles furent prononcées pour la fête de l'As-' somption, toutes trois le même jour; elles donnent comme une ancienne tradition la mort de Marie sur la montagne de Sion en présence de tous les apôtres, son ensevelissement au jardin de Gethsémani et son assomption dans le ciel ^ Dans la seconde, une main postérieure a ajouté ce détail que l'on tiendrait de l'évêque Juvénal de Jérusalem (v® siècle) : l'apôtre Thomas ne serait arrivé à Jérusalem que trois jours après la mort de Marie; pour lui, le tombeau aurait été ouvert et on l'aurait trouvé vide (ch. 18).
5. Les Sacj-a parallela sont un recueil de morceaux choisis de la Sainte Ecriture ainsi que des écrivains ecclésiastiques et profanes, en trois livres. Ils se rapportent aux questions les plus variées de dogme et de morale. Dans les deux premiers livres, que nous avons en entier, les sujets sont rangés par ordre alphabétique. Dans le troisième, l'auteur mettait toujours une vertu en regard d'un vice; ce qui avait fait donner à tout l'ouvrage le nom de Parallela. Ce dernier livre ne nous est parvenu que par fragments, extraits de l'ensemble du recueil et sous diverses formes^.
\. Le même récit se trouve dans la lettre à Tite du pseudo-Denys, dont nous n'avons que le texte arménien (supr. p. 299). La tradition est différente dans le traité du iv« siècle De Iransitu beatae Mariae attribué à Méliton (supr. p. 66, 2).
2. L'authenticité du recueil a été établie par Holl, Die « Sacra Parallela » clesJoh. Da^nascenus, Leipyjg, 1896.
La Vita Barlaam et Joasaph, dans laquelle Robinson a retrouvé, en grec, l'apologie d'Aristide (cf. supr. p. 52 1 est un roman qui provient non pas de Jean Damascène, mais d'un autre moine Jean, du monastère de Saint-Sabas, qui l'aurait composé vraisemblablement dans la première moitié du vii^ siècle. L'histoire est empruntée à une légende indienne du Bouddah ; au moyen âge, elle s'est répandue en subissant plus d'un remaniement. Le héros est un jeune prince indien du nom de Joasaph. qui, malgré tous les efforts de son père, se convertit à la voix de l'ermite Barlaam, amène ensuite au christianisme le roi son père, ainsi que tout le royaume, et termine sa vie dans le désert.
On a encore de Jean et de son frère adoptif une foule d'odes et de canons i qui se composent toujours de neuf odes). Elles chantent, pour la plupart, les fêles du Seigneur; on y sent beaucoup de chaleur, mais trop d'artifice dans la forme. La métrique n'en est pas uniforme : dans les unes, le vers est basé sur la quantité, selon l'ancien usage ; dans d'autres, sur l'accent rythmique. — Il n'est pas certain que rOctoechos, livre officiel des chants du dimanche dans l'Eglise grecque, soit l'œuvre do Jean.
* 6. Jean Damascène reconnaît, à côté de l'Ecriture Sainte, l'autorité de la tradition non écrite. Il remarque, par exemple, que c'est la tradition qui a consacré l'usage de la triple immersion pour le baptême, de la prière, le visage tourné vers l'Orient, du culte de la sainte croix et des images [De imag..
ÉCKIVAIXS GRECS ET ORIENTAUX. 31ÎI
1, 23 et II, 16). « On ne doit pas, dit-il, déplacer les bornes que les Pères ont posées » [Ibid., i, 1 vers la fin et II, 4). — Il cite les livres deutérocanonicjues de IWncien Testament comme canoniques et les déclare excellents, mais il ne veut pas les voir entrer dans le canon [De fide orth., iv, 17). L'Église grecque hésite encore aujourd'hui sur ce point. Il met au nombre des écrits du Nouveau Testament les Canons apostoliques [ibid.).
Comme Léonce (cf. supr. p. 308), Jean trouve une différence entre IvuirodTaTov et avu7roaxa-ov (accident) ; il affirme que la nature humaine du Christ subsiste dans le Logos, c'est-à-dire qu'elle est IvuTrôsTa-rov DialecL, ch. 44-45; De fide orth., m, 9). Il adopte aussi la comparaison employée par Léonce et par des Pères plus anciens, de l'union des deux natures dans le Christ avec celle du corps et de l'âme dans l'homme; d'où la conclusion qu'on peut, jusqu'à un certain point, parler de trois natures dans le Christ, bien qu'une telle manière de s'exprimer soit un peu extraordinaire [De fide orth., m, 16).
Par suite de l'union hypostatique, l'àme du Christ a possédé la sagesse parfaite dès le coiiiiuencement. Un progrès réel dans sa connaissance est donc inadmissible et le passage de saint Luc (ii, 52) ne doit s'entendre que de la manifestation de la sagesse qui habitait en lui [Ibid., m, 22j.
*7. Jean Damascène fait procéder le Saint-Esprit du Père par le Fils. Il ne voit pas de difficulté à le nommer Esprit du Fils comme on le nomme Esprit du Père ; pourtant il n'admet pas qu'il pro-
cède également du Fils et qu il tienne de lui sa subsistance exactement comme du Père Ibid., i. 78; Hom. in sabb. sanctum^ n. 4 . — Les ang-es. avant la tentation, n'étaient que difficilement accessibles au mal ouï/civriToi); actuellement, ils ne le sont plus du tout fày.îvr.Toi). non par nature, mais par g-ràce. — Ils se divisent en neuf ehceurs (De fide orth., ii, 3 .
Jean ne mentionne jamais que doux sacronieiits : le baptême et Teucharistie ^ De fide orth., IV. 9. 13 . Sur l'eucharistie il professe absolument l'enseignement catholique. — Le feu de l'enfer, d'après lui. n'est point matériel ^où/ ûXixov) [De fide orth.. IV, 37;. Saint Jérôme témoigne d'ailleurs que telle était aussi la croyance d'un grand nombre L. III ad Eph.y V, 6).
Dans les trois apologies pour les iniag'es. Jean établit une différence absolue entre le culte qui s'adresse à Dieu seul (XotTpeia) et celui que nous rendons aux créatures TCpo(7xûv/;(7i; . L'interdiction de se faire des images, qu'on trouve dans l'Ancien Testament, ne concerne, pense-t-il, que la représentation du Dieu invisible en soi 'le Christ n'y serait donc pas compris; et l'adoration des images. Celles-ci sont utiles parce qu'elles nous rendent présents les faits de la rédemption, ainsi que la vie des saints, qu'elles remplacent la prédication, et même les livres pour ceux qui ne savent pas lire.