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Les 35 livres des Moralia, explication du

livre de Job, sont Fouvràge le plus important de Grégoire. Commencé à Constantinople, il ne parut qu'en 590. La dédicace à l'évêque Léandre de Séville indique le triple point de vue historique, typique et moral, auquel l'auteur se place pour expliquer le texte. Il donne en effet pour chaque passage les trois interprétations. Le sens littéral est très brièvement exposé ; mais il s'étend très longuement sur les applications morales. Les discussions et les exhortations auxquelles il se laisse aller en puisant au riche trésor de son expérience personnelle, font de ce commentaire un vrai répertoire de théolog-îe morale.

Dans la préface, il nous apprend que Job représente le Rédempteur; sa femme, la vie de la chair, et ses amis, les hérétiques; plus loin, les sept fils de Job figurent, au sens moral, les sept vertus principales, et, au sens allégorique, les douze apôtres, car 7 c'est 3 + 4 et 12, 3 X 4.

Les quarante Homélies sur les Evangiles, courtes explications de quelques passages de l'Evangile, sont, encore aujourd'hui, souvent citées dans le bréviaire romain. Le ton est paternel et la langue, très simple. Elles ont été composées probablement dans une seule année et publiées en 592. L'ordre chronologique n'y est pas observé. Elles se divisent en deux livres : les vingt premières ont été dictées par le pape et lues au peuple, en sa présence, par un notaire; il a lui-même prononcé les vingt dernières. — On a encore de lui deux livres à' Homélies sur Ezéchiel.

Le recueil des lettres ou documents de Grégoire, appelé Reghtrum, est le monument le plus incontestable de rétendue de son zèle pastoral non moins que de ses aptitudes administratives. 11 n'est plus complet. On n'en possède que trois extraits dont le plus considérable est dû à Adrien 1''', qui en fit hommage à Cliarlemagne. Il suit Tordre chronologique et comprend tout le pontificat de Grégoire, tandis que les deux autres ne portent que sur quelques années. La collection contient huit cent quarante-huit pièces divisées en quatorze livres correspondant aux années du pontificat.

* Pour l'histoire du dog-me, Grégoire n'offre aucun intérêt spécial ^ En tout, il suit la tradition, notamment saint Augustin, dont pourtant il n'accepte pas toutes les idées sur la prédestination ; à peine trouverait-on chez lui une conception originale. — 11 emprunte au docteur africain l'opinion que Dieu a créé les ang-es en même temps que le monde matériel, et à l'Aréopagite, la division des anges en neuf chœurs et la possibilité pour la dernière triade seulement d'être députée au service des hommes -. Par là, il a exercé une grande influence surlathéologie des anges en Occident. — « Ilaccepte et vénère » les quatre premiers conciles géné-

\. Harnack lui consacre tout un paragraphe dans son Lehrbuch der Dogmengeschichte (HlS. -2il-i2ol). H en parle sur un ton d'irritation surprenant et plus tl'une fois il est inexact et injurieux à son égard. Pour lui, l'amour delà vérité, chez ce pape, est loin « d'être hors de tout soupçon » et • ses histoires merveilleuses ne sont nullement le fait de sa naïveté, mais plutôt du calcul •.

i. Hom. in évang., ii, 34. 7-8 : Hi qui minima nnnlianlangeti,qui l'ero summa adnitntiant, archangeli vocanho:

raux, à l'égal des quatre évangiles {Régis tr., i, 25 et III, 10). — Il déclare que, pour la rémission des péchés, trois choses sont indispensables : la contrition, la confession et la satisfaction ^ — Il atteste clairement aussi l'existence du purg-atoire {DiaL, IV, 39, 57). — Il afTirme que l'évêqwe de Rome décide en dernier lieu comme caput fidei {Registr., xiii, 37) dans les questions de foi [ibid., V, 24). — - Dans son homélie sur la fête de Noël [Hom. in Evang., i, 8) on voit que déjà existait l'usage de célébrer trois fois la sainte messe en ce jour ; il ne dit pas si tous les prêtres jouissaient de cette faveur. — Il prescrit aux supérieurs de respecter le plus possible la liberté de leurs subordonnés {Regist>\, x, 51). — Il n'approuve pas plusieurs évêques de l'Italie méridionale qui voulaient contraindre les juifs à recevoir le baptême [ibid., i, 47).

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