I. - FRÉQUENTATION SCOLAIRE
La fréquentation scolaire est la présence plus ou moins régulière des élèves dans l'école, depuis le jour de leur admission jusqu'à celui de leur sortie.
Admission des nouveaux élèves. — Les écoles primaires élémentaires de France, privées ou publiques, ne i)euvent admettre régulièrement un enfant avant l'âge de' six ans, s'il existe dans la commune et à proximité une école maternelle ou une classe enfantine.
C'est le Frère Directeur ou son remplaçant qui reçoit les nouveaux élèves que l'on présente. S'il s'agit d'une école paroissiale ou d'un externat, les parents seront avertis que leurs enfants sont admis à condition d'être très assidus à la classe et aux offices auxquels les élèves sont conduits par les
(18 mars 1864). Cette organisation était traditionnelle chez nous depuis 1705, où Tinilialive de saint Jean-Baptiste de la Salle l'avait établie à Saint-Yon. Quant à V enseignement supérieur officiel, réorganisé au dix-neuvième siècle, il avait des origines bien plus lointaines, puisque le statut fondamental de l'Université de Paris fut accordé en 1215, au nom d'Innocent III, par son légat Robert de Courson. Au dix-huitième siècle, trente-quatre universités fonctionnaient en France,
maîli'cs". Avant de recevoir un nouvel élève dans un internai, on demande aux parents un cerlifieaL de M. le Curé de la paroisse, e( dans le cas où l'enlanl aurail déjà l'réquenlé une autre école, il devrait produire ses derniers bulletins scolaires. A inoins qu'il ne se destine à cei-taines classes spéciales, on ne le recevra pas volontiers el sans i^aranties très sérieuses, s'il a plus de quator/e ans. On ne devrait i;uére admettre dinternes avant l"à,y,e de huit ans, car jusqu'à cet àj<e les soins de la famille sont trop nécessaires à l'enfanl. lilnfin personne ne peut éli-e admis dans aucune école s'il n'a été vacciné.
A titre de souvenir historique;, voici quelques-unes des prescriptions de la Conduile pour les Pensions ', relativement à l'admission des internes. « On ne recevra dans la pension (pu^ des enfants de bonne volonté et de bonne conduite. On n'en recevra pas au-dessous de huit ans ni au-dessus de quatorze ou quinze ans : plus jeunes, ils demandent trop de petits soins; plus âgés, ils auraient jjeine à se soumettre à Pordi-e el aux pratiques de la pension, outre qu'il pourrait s'en trouver de dan,ner(^ux pour la religion el les mœurs. 11 ne faut
^ « I/Inspeclour des l^coles avertira 1<!S panants, en recevani les ('-coliers, qu'il faut qu'ils se trouvent tous les jours à l'heure preKi-rite el qu'on ne les reçoit qu'à cette condition. » Conduite (170ii), p. s, et Conduite (172o), p. i.
— " Les t^'èi'es préposés pour recevoir les enfants aveilissent les parents (le ce qui suit :
1" Uue les entants doivent se Irouvei' à la classe vers sept heures et demie du matin et à une heure après midi... 2" Hue les enfants ne s'absenteront point de l'école sans que les parents en aient demandé ou fait demander la permission... > Qu'ils les enverront avec la même assiduité à la messe de paroisse, au catéchispfie et au,\ vêpres les dimanches et fêtes ; qu'à cet égard il n'y a aucune exception à attendre, à moins que ce ne soit poui' des raisons auxquelles on ne peut se lefuser. » Conduite en onze chapitres, Manusciit, n" 40, p. 42.
— " Les écoliers doivent venir et se trouver en tout temps au commencement de la classe. On pouira cependant avoii- quelques écoliers qui, pour raison de leui- emploi et de leur travail, \iendraient plus lard que les autres cl à des heures réglées, pourvu qu'ils assistent au catéchisme et à la grand'messe le dimanche et les fêtes... On recevia quelques écoliers pour venir à l'école après-midi, mais on n'en i-eccvra aucun pour ne venir (jue le matin. >> Conduite en quatre parties, Manusciit, n° 44, p. 72-73.
1 Conduile pour les Pensions, Manuscrit n" 42, p. 21-22.
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recevoir ni garder aucun enfant qui soil de mauvaises mœurs oii de caractère à ne pouvoir être contenu cjue par des châtiments... Si l'on en recevait de tels, par l'adresse des parenis ou des pensionnaires qui auraient caché leurs défauts, dès qu'ils seraient suffisamment connus, il faudrait i)ri('r ceux qui les ont présentés de les retirer... Loin de décrier la pension, cette sévérité lui fera honneur et méritera la confiance des himiUes... Ce n'est pas le grand nombre des pensionnaires qu'il faut chercher ; la grande lualliLude mal choisie ne ferait pas lavantage de la maison '. "
Tout élève nouveau est inscrit sur le registre d'appel dès
f» Voici, d'après les manuscrits d'anciennes Conduites, quelques notes relatives à l'admission des élèves, pour les écoles populaires :
« On n'admettra dans les écoles que des enfants capables de profiter des instructions qu'on y reçoit; cela est d'autant plus essentiel que, lorstju'ils sont trop jeunes, ils restent quelquefois un long temps sans avancement, ce qui excite les plaintes des parents, discrédite les écoles et ne fait point honneur à un maître: d'ailleurs, les tout petits enfants ne font qu'embarrasser et faire nombre. » Conduite en onze chapitres, ÎNIanuscrit n» io, p. 41-42.
— <i C'est à l'Inspecteur ou, à son défaut, au premier Maître, d'avoir à recevoir les enfants que l'on présente, à leur indiquer la classe et la leçon (|ui leur convient, après qu'il les aura examinés... Il s'informera si l'écolier a déjà été à l'école, chez qui, pourquoi il n'a pas continué et s'il n'est pas dans le cas d'être refusé... Si c'est par légèreté que les écoliers ont quitté l'école où ils étaient, les parents seront avertis de ne plus suivre l'inconstance de leurs enfants, et que, s'ils viennent à quitter l'école de nouveau, on ne les recevra plus. Si c'est pour avoir été punis qu'ils ont quitté, on avertira les parents qu'on ne peut se dispenser de corriger les enfants de leurs défauts et qu'ils auraient tort de ne pas penser comme les
maîtres Si des écoliers que le Frère Directeur a renvoyés de l'école
demandent à y rentrer, on examinera : 1» si les raisons qui les ont fait expulser ne mettent pas obstacle il leur rentrée; s'ils se sont corrigés et s'il y a espérance certaine d'amendement dans leur conduite ; 2» s'ils ont été renvoyés pour rébellion, on ne pourrait les recevoir que sous la condition qu'ils commenceraient par se soumettre.
« On ne recevra pas : 1° les enfants au-dessous de sept ans : ils ne profiteraient pas, et le temps qui leur serait accordé serait au détriment des plus âgés ; 2'^ ceux qu'on n'enverrait à l'école que pendant l'été, quand le temps serait sans pluie ; 3» ceux qui auraient quelque infirmité conlagieuse; 4" ceux qui seraient si hébétés qu'ils ne pourraient lien apprendre et seraient une cause de trouble ; 5^ ceux qui ne pourraient être assidus ni suivre les exercices de la classe sans distinction ni inégalité ,sans exception ni dilférence}. . . Mais avant d'éconduire un élève, on examinera si l'on ne pourra pas être contraint par quelque considération grave de le recevoir. » Conduite en (/i/alre parties, ^lanuscrit n» 14, p. 12-~i\K
qu'il est admis. A son arrivée dans l'école, il subit un examen qui permet de le classer selon sa capacité. Plusieurs pensionnats, ceux surtout où le nombre des nouveaux élèves est assez considérable au début de l'année scolaire, ont adopté la coutume de les convoquer la veille ou le matin du jour fixé pour la rentrée des élèves anciens ; on peut alors les examiner à loisir, les faii-e composer en quelques spécialités importantes, les interroger oralement et procéder ensuite à leur classement avec moins d'incertitude. Aussitôt que les classes sont réorganisées, ces élèves prennent part aux compositions de rentrée, et l'on voit alors si un chanfi;ement de classe est nécessaire.
Assiduité. — En France, lassiduité à l'école est légalement obligatoire pour tous les enfants de six à treize ans, et la loi du 28 mars 1882 astreint les directeurs d'écoles publiques ou libres à envoyer chaque mois au maire et à l'inspecteur primaire un extrait du registre d'appel indiquant les motifs des absences qu'on y a relevées".
Pour prévenir autant que possible les absences mal justifiées, le maître s'efforce, par sa bonté et par l'intérêt qu'il excite chez les élèves pour son enseignement, de leur faire aimer l'école, en sorte qu'ils seraient les premiers à refuser de s'absenter si on le leur proposait.
Si les enfants viennent à l'école sans être accompagnés, comme c'est l'usage dans les écoles paroissiales, on leur recommandera de se comporter d'une manière fort convenable dans les rues. A leur arrivée, ils se rendront à l'endroit désigné pour cette réunion, et ils s'y occuperont en silence selon les prescriptions du règlement.
" Les aiicionnes Conduites sont toutes très expresses sur cette qviestion de l'assiduité et, sous des formes variées, répèlent cette recommandation : « Les maîtres auront un très grand soin que tous les écoliei-s soient dans la classe à l'heure fixée, et qu'il n'y en vienne pas un seul en retard, que rarement, pour de bonnes raisons et par nécessité. » Conduite (170(J), p. S, et Conduite ("1720). p. 4. — Ces « bonnes raisons » sont prévues en détail (Cf. l-e Partie, p. 1.3i-i;î2, note »).
On n'est tenu de signaler que les élèves ayant manqué au moins quatre classes, c'est-à-dire quatre demi-journées.
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Dans les externats et les demi-pensionnals, le règlement stipule le plus souvent qu'en venant en classe, les élèves seront accompagnes par leurs parents ou par des Frères désignés pour ce service.
Durée de la scolarité. — Puis<|uaux termes de hi loi française du 28 mars 1882 (art. 4), « l'instruction primaire est obligatoire pour les enfants de six ans révolus à treize ans », ils doivent donc fréquenter durant tout ce temps un établissement primaire ou secondaire, public ou libre. Cette durée de la scolarité est abrégée pour les élèves qui ont obtenu, avant l'âge de treize ans, le certificat d'études primaires; or une dispense dàge peut être accordée facultativement pour subir cet examen à onze ans.
Après cette limite, les familles sont juges de la durée des études de leurs enfants ; mais autant <|ue possible, il convient de faire entendre combien il est avantageux aux élèves de ne pas quitter trop tôt l'école, pour s'assurer plus longtemps le bénétice d'une instruction solide et d'une éducation chrétienne. N'est-ce pas, en eifet, à làge où beaucoup d'enfants s'éloignent de nous qu'ils seraient plus en état de profiter de nos soins ? Qui dira, par exemple, les conséquences dune année de séjour dans un pensionnat, pour un jeune homme de quinze ou seize ans ? c'est le moment oîi il comprend mieux ses devoirs, où sa volonté peut recevoir une formation plus virile, où son àme peut prendre [)Our la vie entière de plus généreuses résolutions. A moins de nécessité connue et de désir formel de la part des familles, il ne faut donc pas pousser les élèves à subir Iro}) tôt les examens qui terminent les études.