I. — PROGRAMMES OU PLANS D'ÉTUDES
Relativement aux programmes scolaires, il y a lieu d'examiner leur nécessité et leur nature, l'esprit dans lequel un maître doit en faire la répartition mensuelle et l'application.
Nécessité et nature des programmes d'études. — Tout enseignement méthodique cherche à atteindre un but : le programme trace la voie qui sûrement y conduit. Ainsi l'école
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primaire enseigne a I enfant ci; qu il lui est indispensah|le. d§ savoir : c'est le pl;in d'études ([ui détermine ce <|u'il faut entendre par ces notions obligatoires.
Le caractère général des programmes bien établis est gue, pour cbaque classe, ils représentent le travail d'une année scolaire, et préparent les élèves aux études qu'ils doivent faire dans la classe suivante.
Programmes primaires. — Les programmes primaires ont trois caractères : ils sont élémentaires, pratiques et concentriques. Ils sont concentriques., parce que chaque ,coii|'s présente un même ensemble de connaissances essentielles de plus eu plus développées : le programme du cours moyen étend celui du cours élémentaire, auquel il ajoute aussi certaines spécialités; de la même manière, il est lui-même développé, complété par le cours supérieui*. Ainsi, l'enfant approfondit ce qu'il a d'abord appris, et non par des répétitions, mais par des compléments successifs, apportés à un fond d'idées de même ordi-e.
L'enseignement libre est maître de ses programmes. Dans nos écoles primaires élémentaires, le programme comprend : l'enseignement moral et religieux (prières, catéchisme, histoire sainte, histoire de l'Église, évangile) ; l'enseignement civique; la lecture et l'écriture, la langue maternelle (grammaire, orthographe, analyse et rédaction) ; le calcul et le système métrique ; l'histoire et la géographie, spf'cialement l'histoire et la géographie nationales ; les leçons de choses, ou premières notions des sciences et leurs applications à l'agriculture: les éléments du dessin, du cbant et du travail manuel ; les exercices de gymnastique".
■' Le programme des écoles primaires élémentaires do France sost constamment dév(;loppé, du moins en surface, pendant le dix-neuvième siècle. Le déci-et impéiial de 1S0<S parle des « écoles primaires où l'on apprend à lire, à écrire et les piemiéres notions du calcul ». En [^'Y-'>, la loi Guizot indique, pour le programme de l'instruction primaire : «l'instiuction morale et rcligieu-e, la lecture, l'éciiture, les élément^ de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures ;■. 1^'histoire et la géographie de la Fi-ance étaient attribuées à l'enseignement primaire supérieur. La loi de 1850 les range pai-mi les matièi-es facultatives de l'enseignement élémentaire : la loi de 1807 et celle de 188".^, parmi les matières obligatoires.
En des proportions variables, les cours complémentaires annexés aux classes primaires ajoutent à ce programme : des notions d'apologétique; des éléments de littérature et des exercices de composition française ; Farithmélique appliquée aux opérations pratiques; les éléments d'algèbre, de géométrie, darpentage et de nivellement ; des notions d'histoire et de géographie générales ; la coniptabilité et la tenue des livres; des notions de sciences physi(|ues et naturelles; des éléments d'agriculture et d'industrie ; le dessin géométrique et le dessin d'imitation.
L'enseignement libre adapte au but particulier de ses divers établissements, les programmes officiels des écoles supérieures, des écoles professionnelles et de l'enseignement secondaire moderne. Ces programmes formeraient à eux seuls une brochure ; ils ne peuvent donc trouver place ici.
Application des programmes. — Tout programme demande une interprétation avant d'être appliqué : ce soin incombe à celui qui, dans l'école, a la direction des études. En général, h" programme indique, pour un cours donné, un maximum de questions qu'il convient de ne pas dépasser; il prescrit les limites dans lesquelles le maître doit maintenir son enseignement. Mais ces limites ne sont pas pour su|)primer l'initiative du professeur ; elles lui évitent les tâtonnements, les expériences inutiles et les pertes de tenqDS.
Pour appliquer sagement un programme élémentaire, le maître se rappellera que son objectif jirincijtal n'est pas d'en graver tous les détails dans la mémoire des élèves, mais de s'en servir pour faire leur éducation intellectuelle. Sans négliger aucune des questions, il choisira dans chacune ce qui lui parait assimilable à l'esprit de ses écoliers, pratiquant ainsi une sélection, (|ui conserve l'ensemble et la suite des notions imposées.
Répartition mensuelle des programmes. ^ Un programme, sorte d'expos(^ sec et très court, resterait souvent inappliqué s'il n'était l'objet d'une répartition mensuelle, c'est-à-dire si l'on ne fixait quelle fraction en sera étudiée pendant chacun
des dix mois de l'année scolaire". Sans autre guide que le programme général, on marcherait au hasard; non seulement il faut que, pour cliaque partie de renseignement et pour chaque cours, soient indii|ués le point de départ et le point d'arrivée, mais il est nécessaire que des jalons marquent le chemin à parcourir : c'est le r<Me de la répartition.
Cette répartition par mois est surtout en usage dans l'enseignement primaire ; mais ce que nous allons en dire s'applique ('gaiement à la répartition par examens trimestriels, plus usitée dans les premières classes des pensionnats. Bien comprise et surtout fidèlement suivie, elle empêche que le maître se laisse aller à ses préférences pour une spécialité et s'y arrête complaisamment au préjudice des autres. En lui traçant la voie, la répartition mensuelle le contient en de sages limites, elle l'oblige à en dire assez sans en dire trop, et à tenir le développement toujours en rapport avec l'intelligence des élèvi.'S et l'ensemble des programmes.
Objections. — On a dit parfois que si la répartition mensuelle est {aile a prioi'i pour toutes les écoles d'une région, et pour un niveau intellectuel donné, elle ne convient ni à tous les enfants ni à toutes les ("coles de cette région. Cette objection aurait de la valeur si la détermination des programmes mensuels était faite sans avoir égard à l'âge des «'lèves ni à leurs dispositions intellectuelles; mais la ré]iartition mensuelle étant adaptée à l'école par le Frère Directeui- et souvent préparée par lui pour l'école elle-même, il lui a donc été possible de tenir compte des circonstances locales et de la nature des industries ou des cultures de la région.
On a encore objecté que la répartition mensuelle manquant de flexibilitf-, la plus légère perle de temps, un jour de congé par exemple, suffit pour tout mettre en retard. Une répartition bien faite n'est pas trop minutieuse ; elle tient compte de l'imprévu et elle laisse au maître un temps suffisant pour réparer les éludes qu'une raison légitime n'a pas permis de faire.
» Plus exactement, la répartition est faite pour huit ou neuf mois, selon que l'on en réserve un ou deu.x pour les récapitulations et révisions.
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Enfin, on a prétendu que l'obligation de suivre la répartilion mensuelle fait tout ébaucher et ne permet pasde rien tinir; quelle contraint b; maître d'abandonner le programme non terminé du mois qui s'achève, pour commencer celui du mois suivant. Autant de reproches injustes, si du moins la répartition est élablie avec sagesse. Une bonne répartition empêche au contraire le professeur de se perdre en digressions inutiles sur certaines questions, den ébaucher d'autres sans les finir. Quand, par suite d'une circonstance imprévue, il se voit en retard, ne peut-il pas donner des explications plus sommaires et regagner ainsi la marche normale de son cours ? On comprendra sans peine qu'il nest pas nécessaire de développer également toutes les questions indiquées; il suftit que les élèves soient mis en <''tat de suivre le programme de leurs (Hudes.
Au lieu de fixer, dés la rentrée, le programme de chacun des mois de l'année scolaire , certains directeurs d'école se bornent à déterminer d'abord ce qu'ils croient pouvoir être enseigné à chaque classe pendant le premier mois ; aussitôt après les examens de fin octobre, ils fixent les programmes pour novembre, et ainsi de suite : ainsi la répartition est facilement adaptée à chaque classe et tenue à la portée de la moyenne des élèves. Ce mode de répartition, que des circonstances locales peuvent parfois faire préférer, laisse en général trop à la fantaisie et rend moins facile la préparation éloignée des leçons.
Plusieurs maîtres communiquent au début du mois la répartition aux élèves, afin qu'ils se préparent à l'avance pour les compositions : c'est une mesure très utile.
Conditions dune répartition mensuelle bien faite. — Une répartition mensuelle bien faite doit : 1° être proportionnée à làge et aux moyens intellectuels des enfants ; 2° déterminer avec netteté et précision ce qu'il faut étudier pour chaque spécialité; 3° ne pas diviser le programme en parties égales, mais charger moins les ]>remiers mois de l'année scolaire; 4" ne pas trop entraver la liheité d'un maître qui sait, par expérience, sur quels chapitres il peut glisser rapidement et sur cjuels autres il doit s'arrêter plus longtemps j 5° mé»ager des
récapitulatiofis^ et.deîSj .çeyjsionç fréquentes, ^toujours qtiles pour fixer dans l'esprit des élèves les points essentiels, et parfois indispensables pour continuer avec profit la suite dun cours.