II. - CAHIERS DES ÉLÈVES
Les cahiers à l'usage des élèves sont : les cahiers de devoirs el les carnets de notes. A propos des cahiers de devoirs, il y a lieu d'examiner les questions suivantes : sur combien de cahiers l'i'lève travaillera-t-il ? comment doit-il les tenir ?
Nombre des cahiers de devoirs. — On ne saurait rien fixer d'uniforme quant au nombre des cahiers dont se servent les élèves : il dépend de la nature de l'école et de la classe. Dans l'enseignement primaire élémentaire, ainsi que dans les classes inférieures des pensionnats et des demi-pensionnats, on cherche à réduire au minimum le nombre des cahiers différents. Les .élèves des classes plus élevées ont^ en général, un cahier pour chaque catégorie de devoirs, exercices de français, devoirs de mathématiques, de sciences, de langues vivantes, etc.; il est même préférable que les jeunes gens composent la plus grande partie de leurs devoirs sur des feuilles séparées.
Les élèves de l'enseignement élémentaire ont ordinairement : un cahier de devoirs journaliers, un cahier d'écriture et un cahier pour les devoirs dans la famille. On y ajoute parfois le cahier de roulement et le cahier mensuel.
Cahier de devoirs journaliers. — Le cahier de devoirs journaliers, appelé aussi cahier-journal, est un cahier unique sur lequel sont rédigés chaque jour tous les devoirs faits à l'école, léciilure et le dessin exceptés. Il tend à remplacer les cahiers multiples sur lesquels les élèves des classes primaires faisaient leurs travaux scolaires. Pour justifier son emploi, on a dit que les cahiers dont on ne se sert pas tous les jours se remplissent lentement et sont exposés à être froissés ou salis bien avant dèlre terminés; et que, d'autre part, le maître se rend compte plus vite de l'application générale d'un enfant au moyen du cahier unique que par des cahiers multiples : ces observations sont fondées, mais cependant elles laissent subsister plusieurs objections. Le cahier unique offre à WvW des bigarrures qui plaisent peu, et parce que l'unité de rédaction lui manque, il encourage moins l'élève à le bien tenir ; l'inspecteur des classes a plus de difliculté, avec le caliier unique, de se rendre compte de la méthode suivie dans chaque spécialité : aussi n'est-il pas admis partout, et un grand nombre d'écoles adoptent-elles trois cahiers, un pour les devoirs de français, un pour les devoirs d'arithmétique, un pour les devoirs d'histoire el de géographie.
Dire que le cahier-journal renferme tous les devoirs de la journée, ce n'est pas demander qu'il garde la trace de toutes les leçons ; il y a beaucoup de leçons purement orales, et d'exercices effectués sur un cahier brouillard et sur des feuilles volantes ; nous savons d'ailleurs qu'il faut épargner aux élèves la copie de résumés ou de plans, quand elle est inutile.
Cahier de devoirs dans ta famille. — Afin que les cahiers de devoirs journaliers ne s'égarent pas ou soient moins détériorés, et afin que le maître puisse les visiter après la classe^ les enfants ont un cahier spécial qu'ils emportent le soir pour rédiger leurs devoirs dans la famille. Plusieurs écoles ont adopté l'emploi de deux cahiers de devoirs dans la famille : alternativement, l'un reste entre les mains du maître, pour que le travail de la veille soit soumis à son contrôle.
Cahier d'pcriture. — Gomme nous le dirons dans la III* Partie, on se sert, pour l'écriture, de cahiers-modèles et surtout de cahiers ordinaires.
Cahier de roulement. — Le cahier de roulement, conseillé et presque imposé aux écoles ])ubliques de France par la circulaire ministérielle du 13 janvier 1895, est un cahier ordinaire sur lequel, ù tour de rôle, les élèves d'une section de la classe rédigent tous les devoirs d'une journée. C'est donc un cahier-journal circulant. Il est rédigé et corrigé comme le cahier de devoirs journaliers.
Le cahier de roulement permet à l'élève qui s'en sert de regarder de quelle manière l'ont tenu ses camarades les plus avancés et de prendre ainsi modèle sur eux : c'est donc un moyen d'émulation. La série des cahiers de roulement en cours d'exécution dans les diverses classes d'une école constitue, pour le Directeur, un moyen de se rendre compte si le règlement des études est bien suivi et si les devoirs d'application ne donnent pas lieu à des remarques en vue de les modifier. Enfin, quand ils sont terminés, les cahiers de roulement restent dans les archives do l'école comme des documents utiles à consulter.
Cahier mensuel ou de compositions. — L'arrêté ministériel du 27 juillet 1882 avait ainsi déterminé l'usage du cahier mensuel dans les écoles publiques françaises : « Chaque élève^ à son entrée à l'école, recevra un cahier spécial qu'il devra conserver pendant toute la durée de sa scolarité. Le premier devoir de chaque mois, dans chaque ordre d'études, sera écrit par l'élève sur ce cahier, en classe et sans secours étranger, de telle sorte que l'ensemble de ces devoirs permette de suivre la série des exercices et d'apprécier les progrès de l'élève d'année en année. »
Une circulaire du 25 août 1884 l'avait encore recommandé et avait insisté sur ses avantages : « habituer les élèves et leurs parents à suivre les progrès de chaque enfant, par comparaison, non avec les autres, mais avec lui-même, de manière a proportionner le mérite, non au succès, mais à Teftort; habituer les maîtres à s'assurer périodiquement si la classe entière, et non pas une élite, suit bien le programme, et profite des leçons dans toutes les parties de l'enseignement. »
Cependant le cahier mensuel fut plutôt subi qu'accepté : sa sincérité était assez douteuse et il imposait aux maîtres trop de corrections écrites. En présence des réclamations générales, une circulaire du 13 janvier 1893 le transforma en un simple cahier de compositions mensuelles, destiné à remplacer les feuilles volantes.
Tenue des cahiers- — Il importe que tous les cahiers de devoirs soient tenus avec beaucoup de soin et de propreté, sans (lu'on ait besoin pour cela de faire transcrire au net le travail. A cet égard, voici quelques indications |)Our les maîtres et pour les élèves :
Pour les maîtres. — 11 faut exiger la bonne tenue des cahiers, parce que les enfants travaillent avec plus de goût sur de tels cahiers, et que c'est une leçon d'éducation à leur donner que de les habituer à rédiger leurs devoirs avec soin et propreté.
1° Afin d'obtenir ce résultat, les maîtres sont d'abord invités à porter leur attention sur la qualité de l'encre et des
plumes, et à donner aux élèves de bon papier, bien collé et réglé •'.
2° Dans les classes des commençants, il est préférable d'adopter des cahiers de petit format (pot); sans quoi, les jeunes enfants auraient besoin de déplacer trop souvent leur bras pour atteindre Textrémité de la ligne, et d'ailleurs le peu de lignes qu'ils emploieraient pour chaque devoir lui donnerait un aspect peu agréal)le. Dans les autres classes, on choisit le format ordinaire (couronne) pour toutes les spécialités, même pour l'écriture.
3° Si les maîtres donnent des devoirs courts et attrayants, les élèves seront portés à les mieux soigner.
4° Les cahiers seront régulièrement visités et Ton n'y tolérera aucune tache, ni pages omises ou froissées. Les notes de visite entreront dans le total ou dans la moyenne hebdomadaire des notes.
o° Il faut apprendre aux élèves à se servir de la règle.
6" Les maîtres écriront avec soin les annotations marginales et les appréciations.
Pour les élèves. — 1° Afin de conserver propres leurs cahiers, les élèves les couvrent, à moins que la couverture soit suffisamment forte. En écrivant, ils font usage d'un papier-buvard pour les préserver de la sueur des mains, et d'un buvard ou d'une feuille de papier pour les garantir du contact immédiat de la table.
2° Ils doivent soigner l'écriture, écrire simplement et sans ornements inutiles.
3° En tète de chaque devoir, ils inscrivent la date, la nature du travail et, s'il y a lieu, le titre.
4° Il faut remplir les lignes, mais ne rien ajouter à la ligne terminée ; on passe à la ligne suivante , sans couper les
^ Il est utile que les élèves écrivent quelquefois sur du papier non réglé, afin d'en prendre l'habitude. Le cahier de compositions mensuelles pourrait être de cette nature : les enfants se serviraient d'abord d'un transparent, et plus tard écriraient sans transparent, parallèlement au bord supérieur au moyen d'une feuille de papier pour guide.
syllabes en deux. On écrit sur toutes les lignes, mais non pas au-dessous de la dernière ligne de la page.
5* Les élèves ne font ordinairement pas de brouillon pour les devoirs journaliers : ils doivent prendre l'habitude de travailler avec soin. Toutefois ils se servent d'une ardoise ou de papier libre pour calculer et composer le premier jet d'une rédaction : les opérations, les solutions et le premier jet corrigé sont reportés ensuite sur le cahier.
6» On ne doit pas surcharger les mots et les chiffres. Les mots inutiles sont effacés d'un léger trait de plume. Les mots ou les chiffres corrigés sont écrits de nouveau : à côté du mot ou du chiffre défectueux, si la correction est faite pendant la rédaction du travail : au-dessus, si elle a lieu après. Pour l'orthographe, plusieurs maîtres ne font écrire au-dessus du mot que la lettre ou les lettres fautives ; après la correction en commun de la dictée, l'élève reproduit dans la marge ou à la fin du devoir les mots qu'il avait d'abord mal écrits. (jNous indiquerons dans la IIP Partie d'autres procédés pour la composition française.)
Carnets de l'élève. — Il est très utile que les élèves tiennent un compte exact de leurs notes, de leurs places et de tout ce qui constitue leur comptabilité personnelle et scolaire : ce sont des habitudes d'ordre et de régularité qu'ils conserveront plus tard, au grand profit de leurs affaires domestiques et commerciales. Ces notes diverses, d'ailleurs rapidement prises, permettent à l'enfant de se suivre lui-même et de comparer les résultats d'une semaine et d'un mois à ceux de la semaine et du mois précédents.
Carnet de textes de devoirs. — Les élèves, surtout les externes, pourraient avoir un petit carnet pour y inscrire chaque jour, et sous la dictée du maître, le texte des devoirs à faire et des leçons à apprendre dans la famille : ainsi, ils ne prétexteraient pas, à tort ou à raison, qu'ils ignorent en quoi consiste le travail auquel ils doivent s'occuper.
Carnet de notea. — Sur le carnet de notes, l'élève marque les notes qu'il reçoit pour les récitations et les devoirs, ainsi
que ses places pour les compositions et les examens. Si les élèves concourent deux à deux dans une spécialité, chacun inscrit ses notes et celles de son adversaire. Ils peuvent figurer, au moyen de graphiques, les places et les points
Coitipoûttujrvô cL'iii) Clive.
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Places \-r ^ ^ '
Orthographe arithmétique
obtenus dans les compositions, au moins pour les spécialités importantes.
Carnet de correspondance. — Le carnet de correspondance, usité surtout dans les écoles paroissiales, est un relevé hebdomadaire ou mensuel des notes de l'enfant; il le présente à ses
parents et le rapporte ensuite à l'école lorsqu'ils en ont pris connaissance et l'ont signé. Dans les classes nombreuses et à un seul maître, les élèves préparent eux-mêmes ce carnet ; le professeur le vérifie et le Frère Directeur le signe. En voici deux types :
Carnet hebdomadaire.