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CHAPITRE I PRINCIPES GÉiNÉRAUX

Nature de l'éducation. — Au sens le plus général, l'éducation consiste en une excitation et une direction de l'activité libre de l'homme '^, pour lui faire acquérir toute la perfection que comporte sa nature. C'est l'épanouissement continu de ses puissances et de ses facultés, jusqu'à ce que soit réalisé l'idéal naturel et surnaturel que Dieu lui assigne. Et dans la mesure où l'homme le réalise, il atteint aussi sa destinée : connaître Dieu, l'aimer, le servir en ce monde, et, par ce moyen, acquérir la vie éternelle.

•'' On ne peut faire l'éducation que d'un être libre. — Avec les animaux, ce qu'on appelle improprement éducation n'est qu'un dressage.

> S. Luc, n, 51-52.

Faire l'éducation* d'un enfant, c'est favoriser le développement complet des dons qu'il a reçus du Ciel ; c'est façonner en lui l'homme et le chrétien, en l'habituant à n'agir que par des motifs inspirés par la raison et la foi ; c'est exciter, protéger et guider l'expansion de ses facultés jusqu'au jour où, laissé à sa propre initiative, il pourra se conduire lui-même selon les prescriptions du devoir et les maximes de l'Evangile.

Pour désigner l'œuvre de l'éducation, on se sert communément du mot élever. Or ce terme a deux sens : il signifie faire vivre, croître et grandir ; puis faire passer d'un milieu à un autre qui soit supérieur. L'éducation se propose ce double but : elle fait vivre, croître et grandir l'enfant par le corps, l'intelligence, la volonté et le cœur; elle le fait passer de son état actuel de faiblesse et d'ignorance à la possession de ses énergies physiques et morales, et à la connaissance de la vérité. Elle le prépare ainsi i\ remplir dans la famille, la société civile et l'Église, les obligations générales de l'homme, du chrétien et du citoyen, et les devoirs particuliers à sa vocation et à sa situation.

Le nom d'élèves, que l'instituteur ^ donne à ses disciples, marque d'ailleurs expressément l'obligation où il est de les faire progresser vers le bien, par une ascension constante : ce sont de jeunes âmes dont la tendance habituelle doit être de monter dans la lumière de la vérité, la pratique de la justice, l'amour do Dieu et du prochain.

Nécessité et possibilité de réducation. — Le besoin absolu d'une éducation, pour l'enfant, ressort de l'incapacité où il est, par lui-même, de subvenir à ses multiples besoins, de parvenir à la connaissance de la vérité et à la pratique de la

•'• Kduquer un enfant (du latin ex, hors de ; ducere, conduire), c'est le conduire hors, au-dessus de l'enfance ; c'est le dégager de la servitude où tend à le tenir la prédominance de la vie des sens; c'est le faire progresser dans la vie supérieure de l'intelligence, du cœur et de la foi.

^ Uinstiluteur (de in, .sur ; slaluere, établir) est un architecte qui établit sur de solides fondements un édifice de science et de vertu, dans l'âme des enfants.

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