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OL'ALIÏICS INTELLECTUELLES DE L'ÉDUCATEUR RELIGIEUX 2.M

travailler à l'acquérir : ni la muUiplicilé do ses occupations, ni le caractère très élémentaire des leçons qu'il donne, ni un long professorat des mémos spécialités, [.es heures consacrées à létude lui sonl-elles mesurées avec une apparento parcimonie, raison.de plus pour les mieux employer ■\ Ses élèves ne sont-ils que do jeunes enfants, nouveau motif pour rétléchii' aux moyens de se tenir toujours à leur portée.

Selon l'adage connu, il faut savoir beaucoup pour enseigner peu. Si l'on veut enseigner avec succès un programme restroint, il faut non seulement en posséder parfaitement les spécialités, mais encore ne pas rester étranger à des connaissances diverses, qui peuvent fournir dos arguments, des comparaisons et dos rapprochemonis, ol par là, rondro los leçons plus intelligibles et plus intéressantes.

l'n long professoral dans une même classe no dispense pas de l'étude, si Ion veut éc]ia|>pei' à la routine et à la paresse intellectuelle, et continuer longtemps le même enseignement sans monotonie et sans dégoêl. D'ailleurs los dispositions inlcUoctuolles dos promotions successives à une même classe varieni d'une année à Inulro : d'où In nécessité, pour lo maître, d'adapter ses leçons aux besoins des élèves. Enfin, il se fait chaque jour, dans les sciences, des découvertes qui modilienl l'euseignemenl ou tout nu moins les procédés d'oxpot-ition.

2° La science du maître ajoute à l'ascendant ([ue lui donnent ses vertus. « La piété dans un homme, dit saint .lean- Uaptiste de la Salle, n'est ordinairement utile qu'à lui seul; mais la science jointe à la piété rend les hommes utiles à l'Eglise '. » Au reste, le religieux ne s'est-il pas mis à la disposition de ses Supérieurs pour'^'cmplir, dans sou Institut, tel

t'ondnilo (1811 p. 2'.»'.» ; Conduile (!S"?!^), p. 258. — « Un mailre préparera fioiffneiiseineiit le sujet de chaque leçon qn'il vent donner. » F.xpUrdtinn des Douze Vertus d'un hou Maître (1785 , p. 42.

" Il est de conséquence que les maîtres no donnent jamnis de leçon on d'insiruclions, quelles qu'elles soient, sans s'ôtre prop.iri's ol mis en ôtat do lo bien l'aire. ■> llèqlempul de Saint -Yen, p. 1-'.

■' « Il est incroyable, dit Rollin, combien une iieure ou deux données chaque jour à l'étude mt^nenl loin au bout d'une année. » Trailr des Etudes.

' Méditation pour la féie de saint lirnno (ï> octobre).

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poste qu'on jngi'ra hon de lui conlier? Loin donc de se restreindra aux études que nécessite sa classe , il étend ses connaissances par un labeur assidu, afin de se rendre plus utile encore à l'avenir. C'est en lui une noble ambition de travailler toujours à savoir plus et à savoir mieux.

3» Sans un constant exercice, les facultés, la mémoire surtout, opposent à tonte application sérieuse wne résistance qui augmente avec les années. Ainsi, le prot'esseui- (jiii (lélais^;(' lélude voit se restreindre le cercle de ses connaissances, el il se met bientôt bors délai denseigner avec fruit.

A° Enlin, l'étude est un préservatif assuré contre l'ennui et la divagation des pensées, en même temps qu'elle est une source de salisfaclions intimes.

Ordre à garder dans les études. — Les sujets d'étude n'ont pas tous pour vous ime égale importance ni une égale opportunité : il y a un ordre à i;arder ; la raison cl la foi s'accordent pour le prescrire.

Donnez à l'étude des sciences religieuses la préférence sur toutes les autres". Gbaque jour vous expliquez en classe les vérités divines et vous exhortez vos élèves à la pratique de leurs devoirs de chrétiens; or des théologiens même ne se présenteraient pas devani ce jeune auditoire sans une sérieuse préparation immédiate : ne la négligez donc pas. « Vous êtes obligés par votre ministère d'avoir suflisamment de science, pour enseigner aux enfants qui sont sous votre conduite la bonne et saine doctrine de TËvangile. Ce doit être l'un de vos principaux devoirs de vous en instruire, atin de la bien possédei' '. »

— L'étude assidue d'un petit noinlire d'excellents ouvrages de pédagogie s'impose à vous, ainsi que la lectured'une revue où les questions de méthodologie et d'éducation sont traitées avec compétence.

» « Ce serait, en (les Frères, une sorte d'aveuglement de croire (]u'ilssfraient tout ce qu'ils doivent être s'ils n'étaient qu'écrivains, arilliiDéliciens, orthographistes, etc. doux qui ont le plus l'esprit de leur état regarderont toujours la science de la religion connme la plus nécessaire. » Lettre du F. Agalhon, 4 octobre 1787.

* Méditalinn pour la fêle de sainl Athanase (2 mai).

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— Pour (Hre données avec assurance et aiilorité, loules vos leçons exijjent une pri'paralion consciencieuse, scrupuleuse même: possédez parfaitement les notions renfermées dans les ouvrages que les élèves ont en main; rédi}<ez des notes, des plans, des sommaires, qui rendront votre enseignement méthodique et fructueux.

— Appiiquez-vous à a<'quérir les divers dipli'imcs qui sont ou peuvent être demandés à ceux qui se livrent à lenseiii:nement.

— Quand vous aurez satisfait à ces exigences diverses, choisissez, afin de vous y consacrer particulièrement, une spécialité pour laquelle vous avez plus d'aptitudes: sciences, littérature, histoire ou langues vivantes.

Dispositions avec lesquelles l'éducateur religieux doit étudier. — \ Deux sortes de dispositions doivent présider à IV'tude : les unes sont naturelles et les autres surnaturelles. Les premières se ramènent aux suivantes : le calme et ratlention, la constance, la métliode, le courage et l'assiduité, lu docilité et la mesure.

Le calme et Vullenlion empêchent la disi)ersion des facultés, d'où naît l'impuissance au travail ; la co»s/a»<?e applique l'esprit à un même objet jusqu'à ce qu'il en ait une connaissance suf- (isante;la mHhode le conduit, par une progression lente et sûre, des principes aux conséquences, des faits particuliers aux lois générales, des détails à une vue d'ensemble ; le courage triomphe des difficultés qui naissent, soit de l'objet même de l'étude, soit des fatigues de l'emploi, soit du morcellement des heures libres; V assiduité n\çX à profit, avec une jalouse parcimonie, tous les instants que laissent disponibles le professorat et les exercices religieux; la docilité se soumet volontiers à une direction, elle recourt aux conseils/ accepte la critique et la provoque même pour en profiter; la mesure enfin s'attache aux connaissances utiles, délaisse les vaines curiosil('S et ne clierclie pas à dépasser, par des efforts excessifs et d'ailleurs stériles, la somme de travail compatible avec la santé et les aptitudes intellectuelles.

Le religieux ne se contente pas de se livrer à l'étude avec les dispositions qui en préparent le succès ; avant tout, il veut

s'en assurer le mérite par la pureté d'intention. Combien les vues fie foi ennoblissent l'étiule, envisagée comme une action voulue de Dieu et une préparation à l'apostolat ! Le religieux implore dabord les lumières de l'Esprit-Saint, puis il offre son travail à Dieu, en union avec J(''sus-Christ ' : cette intention surnaturelle prévient en lui le découragement dans les difficultés ; elle éloigne les sottes infatualions de l'amourpropre dans le succès ; elle défend son cœur contre une sécheresse égoïste; enfin elle conserve en lui l'cspril intérieur, qui est sa consolation et sa force. Ainsi étudiait saint Jean- Bapliste de la Salle, dont le chanoine Rlain a écrit : « Son progrès dans la science et la vertu alla toujours d'un pas égal. »

Des notes prises en étudiant. — Pour aider la mémoire, pour suppléer à ses défaillances et garder un souvenir précis des études, il est au 'moins utile d'en conserver le résumé par écrit. C'est un travail personnel qui facilite singulièrement l'assimilation des idées.

S'agit-il d'une question complète et de (juelque étendue, on donne à ces notes la forme d'un résumé analytique, oii l'enchaînement des idées e-t mis en relief par une disposition convenable. D'autres fois, ce sera un court fragment dont on reproduit le texte intégral ; un sommaire des sujets traités dans un ouvrage, une a[»]»récialion sur la valeur du travail et surle talent de l'auteur, une noie concise où se fixe la trace des impressions personnelles. Le titre de l'ouvrage, l'indication du chapitre, le nom de l'auteui" et de l'éditeur, sont des renseignements à consigner pour la facilité des recherches ultérieures.

La lecture, moyen de formation intellectuelle. — La lecture réfléchie des bons ('crivains e.«t l'un des moyens les plus efficaces de formation intellectuelle; c'est aussi un exercice

» Sa Saintotr Léon XIII a aUaclié 300 jours (rindiilgonce à la prière suivante de saint Thomas d'Aquin, récitée avant l'éludr- : « Nous vous en supplions, o Dieu de miséricorde, acfordez-nous la f^ràce de désirer avec ardeur ce qui est conforme h vos désirs, de le reclierdier avec prudence, de le reconnaître avec sincérité, de l'accomplir avec une parfaite fidélité pour l'honneur et la gloire de voire saint nom. »

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indispensable pour faire quelque progrès dans l'art difficile de parler et d'écrire.

Voici quelques conseils à ce sujet.

1. Rappelez-vous que, de par vos obligations de religieux, la nature et le choix des livres que vous lisez sont soumis à la sanction de l'obéissance.

2. Les écrivains épris de grandeur et de beauté morale méritent seuls d'être lus. Recherchez donc les ouvrages qui élèvent la pensée; préférez-les aux autres, même à ceux qui vous séduiraient par l'originalité ou le pittoresque de l'expression.

3. Défiez-vous ôc la singularité du style, car la bizarrerie est toujours d'un goût douteux.' Ne vous laissez pas tromper par les approbnlions bruyantes qu'auraient reçues certains ouvrages récemment parus; attendez qu'une saine et sérieuse critique les ait appréciés à leur juste valeur.

i. Lisez avec méthode. Pour cela, vous pourriez adopter la marche suivante :

— Prendre d'abord une connaissance générale de l'ouvrage, par la lecture attentive de la préface et delà table des matières.

— Pour chaque l'hapitre, se rendre compte de l'idée principale que l'auteur a v<iulu exposer, des idées secondaires par lesquelles il la développe', et du lien hjgique qui les unit.

— Avec l'étude des idées, faire celle de l'expression.

— Prendre des notes, les classer et les relire de temps en temps.

Des notes de lectures. — Les notes prises au courant d'une lecture ne diffèrent guère de celles que l'on prend en étudiant. Elles comprennent : le résumé succinct de cette lecture ; le souvenir de l'impression personnelle qu'ont produite les idées et leur expression ; la copie d'un ou plusieurs passages caractéristiques; des remarques sur certaines expressions particulièrement heureuses.

A moins qu'il ne s'agisse de ranalyse"détaillée d'un ouvrage,

•■' .losicph de Maislre cl Balmès recommandaient de se demander à soimême, avant de lire un chapitre, comment on am-ait développé la pensée exprimée par le litre.

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on conseille de ne pas prendre ces noies sur un cahier unique, où toul s'entasse au hasard des lectures, ni même sur des cahiers ayant chacun une destination spéciale et qu'on ne termine guère, mais sur des feuilles distincles, d'un maniement et d'un classement plus commodes.

Dislrihuez vos notes en groupes, selon les spécialités auxquelles elles se réfèrent, et, dans chaque groupe, constituez des dossiers relatifs aux divers ordres de questions. Ces classements facilitent les recherches et C(mlrihueut à faire acquérir à l'esprit des habitudes d'ordre et de méthode.

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