VERTUS DE LÉDUCATEUR RELIGIEUX
L'éducation est une œuvre de calme et de patience. — Les défauts des enfants, leur lenteur à comprendre, leur promptitude à oublier, leur légèreté, et, par suite, l'obligation de répéter les mêmes avertissements et les mêmes explications, provoquent souvent le maître à l'impatience. Qu'il n'y cède pas ; mais qu'il possède son âme dans le calme et la douceur, afin de mériter la réalisation de la promesse : « Bienheureux les doux, car ils posséderont la terre », c'est-à-dire les esprits et les cœurs.
L'éducation est une œuvre de constance. — Le succès auprès des enfants est assuré, moins par la diversité des moyens employés que par l'application persévérante de ceux que le maître a choisis, eu égard à ses dispositions personnelles et au milieu où s'exerce son zèle ".
L'éducation est une œuvre de fermeté. — L'éducateur est le gardien de la discipline, qu'il ne peut ni laisser violer ni violer lui-même sans encourager le désordre et ses suites : or la lidélilé personnelle du maître au règlement, sa résistance courageuse aux empiétements renouvelés des enfants.
les pauvres que pour les riches, pour ceux qui sont plus mal faits de corps et d'esprit ou plus mal équipés, que pour ceux qui sont avantagés des dons spirituels ou temporels... L'acception trop marquée que l'on ferait paraître pour de certains enfants en particulier, ne manquerait pas d'attirer la jalousie des autres... D'ailleurs, tous les écoliers d'une même classe 1 étant au même titre, croient devoir être traités sans distinction. » Conduite en quatre parties, Manuscrit n" 44, p. 43-4i.
— « Les pensionnaires qui sont admis dans une même pension ont tous également droit aux soins des maîtres. Ceux qui ont le plus d'aptitudes comme ceux qui en ont le moins sont tous égaux.... Ce qui serait accordé de plus à ceux qui ont plus de facilité serait une injustice notoire pour ceux qui en ont moins.... Lorsque tous s'efforcent également de bien faire leur devoir, on doit leur en savoir à tous le même gré et tenir une conduite égale envers tous. » Conduite pour les Pensions, Manuscrit n' 44, p. 438.
"■ « A force d'instruire, de remontrer, d'avertir et de reprendre, on parvient tôt ou tard au but que l'on se propose : déjà, les idées justes et raisonnables qu'on n'a cessé de présenter commencent pour ainsi dire à prendre racine ; les sentiments pieux et chrétiens, ceux de droiture et d'honnêteté, s'insinuent dans le cœur des enfants bien disposés ; et enfin on recueille des fruits d'autant plus abondants qu'ils ont été plus longtemps attendus. » Douze V^ertus, p. 69.
supposent une grande énergie de caractère et une constante fermeté de conduite ''.
L'éducation est une œuvre de courage et àliumilité. — Aucune œuvre sérieuse ne saccomplil sans peines ni difficultés ; et certes, elles ne manquent pas à l'apostolat de Téducateur. Mais en présence des obstacles, de l'indiscipline des enfants, de l'insuccès même, le religieux ne se décourage pas, car il ne met pas sa confiance en ses propres forces. Sa constance n'est pas l'eiïet d'une prudence humaine, mais de sa confiance en Dieu, et d'un humble sentiment de soi-même qui lui révèle son impuissance ou ses fautes, lui en fait accepter les conséquences naturelles, et le conduit à recourir aux conseils de ceux que leurs fonctions, l'âge et l'expérience qualifient pour lui venir en aide ''.
L'éducation est une œuvre de pureté, — L'un de ses principaux objectifs est de fortifier les élèves dans l'habitude des luttes méritoires que nécessite la conservation de celte vertu. Or, pour que l'école chrétienne devienne un sanctuaire d'innocence, le premier soin de l'éducateur religieux est de « faire éclater en lui la chasteté ' », et de s'établir dans une si parfaite rectitude de mœurs, que le plus léger soupçon ne vienne jamais ternir sa réputation'.
L'éducation est une o^^uvre de piété, de zèleel de dévouement surnature/. — Elle l'ail du religieux le coopéraleur de Jésus-
•' « Dans un maître, la fcrmelé exige de la force, du courage et de la constance : de la force, pour s'opposer à ce qui pourrait être contraire à la discipline, et pour se mettre au-dessus de toutes les dilficuUés et de toutes les peines de l'école ; du courage, pour tenir la main à ce qui peut produire le bon ordre et l'avancement des écoliers; de la constance, pour persévérer inviolablcmenl dans les bonnes dispositions. » Douze Vertus, p. 97-99.
b « Sil a des capacités, le maître 'n'en fait point ostentation ; il ne montre pas de sufiisance, de fierté, de hauteur... S'il ne fait pas toujours parmi ses écoliers tous les fruits qu'il espère, il s'en impute la faute à lui-même ; il cherche à la connailre pour la réparer, mais, ensuite il reste en paix et soumis à la Providence. » Douze Vertus, p. 28-29.
<= Le maître « pense, parle, agit avec modération et modestie, avec une retenue telle qu'il évite tout ce qui pourrait donner lieu à des jugements téméraires et odieux, et diminuer la considération et la réputation dont il a besoin pour faire le bien. » Douze Vertus, p. 71 et 76.
' nèjtes communes, xx, 2.