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Tenir les enfants en garde contre la précipitation et la

VERTUS UE l'Éducateur religieux 31

légèreté, qui les empècIioQt de rien appiol'undir. L'une des meilleures habitudes d'esprit qu'on puisse leur faire contracter est le besoin de la précision, de la netteté, et l'horreur de Va peu près : entre plusieurs ellels déplorables (|u"elles produisent, les notions vagues et confuses donnent l'illusion du savoir, alors ((u'en réalité on ne sait rien.

CUAIMTRE IV VERTUS DE LÉDUCATKUJl RELKrIEUX

L'éducateur religieux est tenu, par sou caractère et ses fonctions, d'être un homme de vertu non commune. A lui s'adresse particulièrement cette reconnaandation de l'Écriture : « Soyez ceint d'une ceinture d'honneur \ » Il faut que sa vertu brille aux yeux des enfants qu'il est chargé de conduire à Dieu, et qu'elle lui mérite leur estime, leur confiance l't leur soumission.

l. - L'ÉDUCATEUR RELIGIEUX DOIT ACQUÉRIR D ÉMINENTES VERTUS

Obligé déjà par devoir d'état de tendre à la perfection chrétienne, le religieux enseignant s'y trouve encore engagé par les considérations suivantes : sa conduite doit être, pour les élèves^ une constante excitation au bien, et l'exercice de ses fonctions réclame déminentes vertus.

Influence des exemples de l'éducateur religieux. — « Il faut, dit saint Jean-Baptiste de la Salle, que ceux qui ont la conduite des âmes aient beaucoup de vertu pour leur servir d'exemple -. » C'est qu'en effet la vertu s'inspire plus encore ([u'elle ne s'enseigne, et elle s'inspire surtout par l'exemple. Dans la conduite d'un maître vertueux, il y a une lumière qui fait comprendre la beauté du devoir, un attrait qui en fait désirer la pratique, et une persuasion dont l'autorité décisive

1 Kccli., XLV, '.». — - Méditation pour le 11^ Dimanche après Pdquea,

tend à soumettre les volonte's». Qu'il soit lui-même ce qu'il veut que soient ses disciples, et alors son silence même sera une éloquente exliorlalion au bien. Il leur rocomniande la piété, la douceur, la modeslie el la tempérance : que sa conduite leur en soit un modèle et leur en démontre la possibilité, contre les sopliismes des passions; autrement les plus légers, les moins généreux, concluraient qu'on les invite à une perfection chimérique. « Votre zèle à l'égard de vos élèves, aftirme notre bienheureux Père, serait fort imparfait si vous ne l'exerciez que par des instructions ; mais il deviendra parfait si vous pratiquez vous-mêmes ce que vous enseignez, parce (|ue, principalement dans les enfants, l'exemple fait beaucoup plus d'impression sur l'esprit et le creur que les paroles '.... Voulez-vous que vos écoliers pratiquent le bien, faites-le vous-mêmes ^ »

Pour conduire les enfants, il conviendrait, autant que possible, de ne laisser [)araitre aucune des faiblesses de l'humanité, car si les vertus d'un maître ne rendent pas toujours ses élèves plus vertueux, ses dérauls. dont ils s'autorisent, ont presque infailliblement sur leurs àmcs une funeste iniluence. Toutefois n'exagérons rien : le religieux n'est pas tenu d'être parfait, mais de travailler à le devenir; et d'autre part, les enfants se scandalisent parfois lorsqu'il n'y en a lias lieu. C«! qui est indispensable, c'est que 1 éducateur bannisse de sa conduite tout ce qui, à bon droit, i)uiirrait mal impressionner ses élèves.

=> « Un maître doit pivclier d'exemple, rar rien n'est plus puissant sur l'esprit des curants. Il ne doit donc jamais se permettre une parole qui ne soit une leroii, une drmarclie (jui ne soit un modi'le. De quelque tempérament que soient les enfants, insensiblement la vertu, la doineur, la sérénité d'un maître passent dans l'âme de ses écoliers. » Manuscrit îi» 40, p. o. — Conda'de (1811), p. 18.

- << Tout petits qu'ils sont, les écoliers retjoivent et gardent aussi facilement les impressions des démarches des l^'rcres, qu'ils sont altcnl ils à les observer. » Conduile (IbSi'cS), p. 273.

— « l'n maître zélé enseigne d'abord ses disciples par de bons exemples .. Il ne les conduira à la vertu que par le chemin le plus long, s'il se contente de parler ; le plus court est celui de l'exemple. » Explication des Douze Vertus d'un bon Mailre (1785), p. l'î?.

< Dixième Méditation pour le temps de la lielraite. — ^ Méditation pour le II" Dimanrhe après l'âf/ues.

VERTUS DE l'Éducateur religieux 33

Le premier effet des défauts de l'éducateur est d'amoindrir, -de détruire même le respect chez ses disciples : du même <;oup, leur éducation est compromise, car elle est avant tout une œuvre de respect.

Le second est de diminuer à leurs yeux la portée de ses exhortations à la vertu, puisque sa conduite, contredisant ses discours, devient ainsi une leçon opposée et bien autrement persuasive.

Le troisième est de fournir aux passions naissantes et déjà ai vives des jeunes gens, un prétexte qu'elles ne manquent pas d'invoquer pour justifier leurs réclamations.

Enfin, comme il est ordinaire que les défauts d'un maître soient le sujet de fâcheux commentaires dans les familles, la <;onfiance des parents s'en trouve diminuée d'autant''.

Vertus nécessaires à l'éducateur religieux. — L'œuvre de l'éducation, sublime entre toutes par son objet et son but, est aussi la plus difficile par l'ensemble des vertus qu'elle réclame de celui qui s'y consacre. Vertus naturelles d'abord : car, par une disposition admirable de sa providence. Dieu fonde en nous Tordre de la grâce sur celui de la nature. Loin de détruire les ressources de celle-ci, le don divin les féconde, les élève, et les utilise; d'où la nécessité, pour l'éducateur, d'acquérir avec soin el persévérance toutes les qualités qui honorent un homme. A ces qualités, transformées en vertus surnaturelles, le maître religieux joint l'exercice des vertus théologales, qui complètent son idéale grandeur et qui sont la source féconde où, sans cesîe, il alimente son zèle. C'est la tendance à la perfection, avec ses difficultés ; mais l'éducation est à ce prix : il est facile de le montrer.

L'éducation est une œuvre de respect. — Le maître doit imprimer dans l'àme de l'enfant le respect de Dieu et de tout

a « Que les Fn-ros soient toujours bien persuadés que Messieurs les pensionnaires font plus d'attention à la conduite de leurs maîtres qu'aux exhortations qu'ils leur adressent pour régler leurs mœurs... et qu'ils oublient l'exemple de dix vertus plutôt que celui d'un seul vice. Une mauvaise édification rendrait le maître méprisable, aliénerait la confiance des parents et jetterait dans l'esprit des jeunes gens des impressions dangereuses et indélébiles. « Conduite pour les Pensions, Manuscrit n° 42, p. 41.

ce qui porte le cachet divin : l'Eglise, le sacerdoce, les choses saintes, laulorite', quel que soit celui qui l'exerce, la grandeur morale, la souffrance. Mais ce sentiment n'entrera profondément dans l'âme des élèves que si le maître en est animé lui-même.

L'éducation est une œuvre de dignité. — A n'en pas douter, lune des sollicitudes de l'éducateur est de rendre comme instinctives, en ses disciples, la répulsion pour ce qui est bas et l'aversion pour ce qui est abject. Or ce respect de soi-même» celte délicatesse des sentiments, s'inspirent plus encore par les exemples du maître que par ses leçons.

L'éducation est une œuvre de franchise et de loyauté. — Pour former les enfants à la droiture, l'éducateur se montre lui-même franc et loyal : c'est l'un de ses plus élémentaires devoirs. D'ailleurs si la ruse, la duplicité, la finesse cauteleuse, se rencontraient en lui, elles se développeraient rapidement chez les élèves et ruineraient dans la classe l'esprit familial et la sincérité ".

L'éducation est une œuvre de discrétion. — Dans les rapports de l'éducateur avec les enfants, cette discrétion prend deux formes : la charité, qui respecte la réputation des élèves et s'interdit même toute allusion à leurs fautes; la circonspection, qui, jusqu'au moment opportun, garde le silence sur les mesures relatives à l'administration intérieure de l'école.

L'éducation est une œuvre de justice dans l'afTection et dans les répressions. — Si le maître voit dans ses élèves les membres de Jésus-Christ, il les chérit tous d'un égal amour, et d'autant plus qu'ils lui apparaissent, ou souffrants d'une infirmité piiysique, ou défigurés par ([uelque imperfection morale. Il réprime courageusement en lui-mèm(3 les sympathies spontanées qui le feraient excéder en douceur à l'égard des uns, et les antipathies naturelles qui l'entraîneraient à d'injustes sévérités vis-à-vis des autres ''.

» '< La quatrième sorle de douceur est celle qui fait agir avec simplicité et droiture. >- Douze Vertus, p. 79.

^ « Les maîtres doivent avoir une charité égale et désintéressée pour tjus les écoliers, et même faire paraître à l'extérieur plus d'affection pour

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