I. - EN QUOI CONSISTE LA CONNAISSANCE DES ENFANTS
L'éducateur qui étudie ses élèves découvre en eux deux sortes d'éléments : un fonds général, commun à tous, et des particularités variables qui les distinguent les uns des autres. Le fonds commun, c'est le composé humain, avec ses deux substances. Tune spirituelle et l'autre matérielle ; c'est l'ensemble des phénomènes de la vie sensitive et ceux de la vie intellectuelle, morale et surnaturelle ; c'est encore ce qui caractérise l'enfance en ce qu'elle a de faible et d'imparfait. L'élément variable consiste dans les différences si nombreuses qu'établissent entre les enfants le tempérament et la constitution physique, le caractère moral, les dispositions de leur esprit, de leur volonté et de leur cœur.
Cette connaissance complète s'impose au maître, car son action éducatrice doit être à la fois une impulsion commune donnée à la classe, et une direction individuelle des idées, des sentiments et des habitudes de chacun des écoliers qui la composent. Si les principes généraux de direction sont les mêmes pour tous ces enfants, puisque leur nature est la même dans sa constitution essentielle, que de variantes dans la manière de les appliquer à chacun d'eux ! C'est faute de « savoir prendre » les élèves, que l'éducateur commet à leur égard des méprises regrettables et qu'il est parfois difficile
pense à ceux qui prennent soin d'eux. * S. Jean Chrysostome. Office de saint Jean-Baptisle de la Salle, VII* Leçon des Matines.
« L'enfant chrétien est roi, dit saint Léon ; il est prêtre, puisqu'il est consacré par le signe de la sainte croix et par l'onction du Saint-Esprit. »
1 Méditation 'pour le II» Dimanche après Pâques.
l'éducateur doit CONNAITRE SES ÉLÈVES 55
de réparer *. Saint Jean-Baplisle veut nous les faire éviter lorsqu'il nous recommande de « discerner la manière dont on doit se conduire à l'égard des entants : il faut plus de douceur envers les uns, et plus de fermeté envers les autres ; il y en a qui demandent qu'on ait beaucoup de patience, d'autres qu'on les pousse et qu'on les anime ; il est nécessaire, à l'égard de quelques-uns, qu'on les reprenne et qu'on les punisse, pour les corriger de leurs défauts ; il s'en trouve sur lesquels il faut continuellement veiller pour les empêcher de se perdre ou de s'égarer '. »