DIRECTION DE L'ACTIVITE PERSU.NNELLE DE L ENFANT
Chez l'enfant, l'activité personnelle est un mouvement par lequel la vie se déploie au dehors. A ce mouvement, le maître n'apporte guère qu'une excitation, une direction ; l'impulsion première vient du sujet à élever. On peut exciter l'activité intellectuelle et morale de l'enfant, la protéger et la guider; mais on ne saurait la produire pour lui : en ce sens, il est vrai de dire que l'enfant fait lui-même son éducation. Sans le concours actif de l'êlêve. les éducateur.-? les plus habiles seraient
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impuissants à donner l'expansion à ses inclinations heureuses, à le corriger de ses mauvaises tendances, et à développer les meilleures de ses facultés intellectuelles.
Notre activité est spontanée ou réfléchie : spontanée, elle est une conséquence naturelle de la vie ; réfléchie, elle est l'exercice conscient et volontaire des facultés intellectuelles et morales. Cette dernière forme de l'activité est la seule qui vraiment mérite le nom d'humaine; l'éducateur emploie toutes ses industries à la provoquer, à la diriger et à la fortifier en ceux qu'il élève.
L'enfant est tout activité, mais ses actes sont, le plus souvent, irréfléchis et comme inconscients. Parce que la réflexion exige un effort intellectuel, il y répugne et se réfugie volontiers dans la passivité de l'esprit : alors il ne fait plus que subir les leçons et les conseils. Même tendance dans la vie morale, où le moindre progrès suppose des luttes parfois longues et pénibles. Cette passivité est incontestablement l'un des obstacles les plus redoutables et les plus fréquents que rencontrent les maîtres; il faut la combattre parles méthodes dites actives, appliquées à la direction intellectuelle, ainsi qu'à la direction morale et religieuse des élèves.