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LA DISCIPLINE EN GÉNÉRAL

sez-vous de la discipline, et ne l'abandonnez pas; conBervezla, car elle est votre vie ^ » C'est aussi la direction unique, ferme et stable, imposée à plusieurs volontés pour les faire concourir à un même but, par l'unité des efforts. Une telle définition convient à la discipline ecclésiastique ou religieuse, familiale, militaire ou sociale.

Considérée dans l'école, la discipline est un ensemltle de prescriptions sagement combinées pour assurer l'éducation des enfants^Son but est double : elle établit le bon fonctionnement d'une classe, d'une maison ; elle forme la conscience des élèves en les habituant à se demander, avant d'agir, si ce qu'ils veulent faire est permis ou non, et ainsi elle les prépare à se gouverner eux-mêmes plus tard, selon les règles du devoir.

Discipline et ordre extérieur sont choses fort diiTérentes. La discipline bien entendue assure la moralité, la régularité et le travail, en prévenant toute cause de désordre ; Tordre extérieur nest que l'une des conséquences d'une forte discipline. Certes, l'ordre extérieur est nécessaire pour garantir le travail des élèves et partant la bonne renommée d'une école; mais combien cette tranquillité de surface peut cacher d'immoralité et d'hypocrisie, s'il ne s'y joint une forte direction des âmes vers le bien !

Nécessité delà discipline. — La discipline est d'une absolue nécessité pour l'enfant et pour l'école : pour l'enfant '', qu'elle soumet à son maître et qu'elle habitue ainsi, parle respect à une règle extérieure, au respect de la règle intérieure dictée par la conscience ; pour l'école, d'où elle éloigne ce qui serait nuisible aux progrès et à la vertu.

Dans une maison d'éducation^ la foi, la piété, les mœurs, le bon esprit, la réforme des caractères, le succès des études, l'avenir même de l'établissement, tout est intéressé au maintien dune forte discipline. La discipline préserve l'innocence

'' Au sens étymologique, le disciple (de discere, apprendre : pue/lvs, enfant) est un enfant qui apprend h l'école d'un maître auquel il est soumis.

' Prov., IV, 13.

et permt'l aux âmes déjà atteintes par le mal de se refaire un tempérament moral ; elle gouverne et assouplit les volontés, en les soumettant au joug dé l'autorité, et en leur imposant le frein salutaire de la surveillance ; elle maintient dans l'école l'almosphère saine, calme et fortifiante dont a besoin la vertu; enfin, elle fait le bonheur des élèves, qui, souvent enclins au désordre, ne se plaisent cependant que sous une règle assurant leurs progrès dans les études.

On a parfois prùné, sous le nom de discipline libérale, un système éducatif qui rejette la contrainte^ surtout celle qu'im[)0se la croyance aux dogmes religieux, et qui attend tout de la libre volonté de l'enfant et de sa conscience. La raison et l'expérience montrent les suites funestes d'uii tel système. Les enfants nCnlrent en possession de leur raison et de leur liberté que par l'éducation ; si donc une discipline relâchée laisse toute latitude aux passions, elle prépare Tasservisserhent rnéme des volontés qu'elle prétendait affranchir. La véritable discipline libérale est celle qui exerce la volonté de l'enfant et qui la conduit à se déterminer librement au bifeia.

Sous la même dénomination de discipline libérale, oh a aussi désigné un système d'éducation qui se borne à prescrire aux enfants « les grandes lignes de leur conduite », et refuse de « s'abaisser à la réglementation des détails », considérés comme des minuties. Sans doute, les « grandes lignes », les directions générales, les principes, sont l'âme du règlemeftt disciplinaire, mais il ne faut pas oublier que les petits détails font sa vigueur et assurent son efficacité.

Différentes espèces de disciphne, quant à l'application. — La discipline scolaire a une triple fonction : montrer le devoir à accomplir, écarter les occasions de l'enfreindre, et corriger pour les améliorer ceux qui le transgressent. Elle est donc à la fois directrice, préventive et répressive. Cependant, ])uisquebien instruire quelqu'un de son devoir, c'est déjà pn'venir une partie des infractions qu'il pourrait commettre, il n'y a en réalité que deux espèces de discipline : la discipline préventive et la discipline répressive.

La discipline préventive est un ensemble de dispositions combinées pour garantir les enfants de leur propre faiblesse et pour les préserver des influences nuisibles. Elle cherche à éloigner les occasions qui feraient naître ou développeraient en eux la paresse intellectuelle et la dissipation, l'inertie ou les défaillances de la volonté et la dépravation du cœur.

Pour prévenir efticacement les fautes des enfants, la discipline doit s'appuyer : sur l'autorité morale du maître; sur le maintien dun sage règlement scolaire, explicitement connu et compris de ceux qu'il oblige ; sur le soin d'exciter l'émulation pour le travail et la vertu ; enfin sur une exacte surveillance.

La nature et les conditions de l'autorité morale de l'éducateur ayant fait l'objet de l'un des chapitres précédents ', il n'y a pas lieu d'y revenir.

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