I. - LE RÈGLEMENT SCOLAIRE
Le règlement scolaire est le code des dispositions écrites qui précisent aux maîtres et aux élèves Ja conduite à tenir dans les circonstances ordinaires de la vie scolaire. Il comprend le règlement journalier et le règlement disciplinaire -.
Le rècjlement journalier, appelé encore emploi du temps ou horaire, est une sage distribution des heures de travail et des spécialités de l'enseignement, selon l'âge et le développement intellectuel des élèves.
' Livre IV, chap. n. — ^ On trouvera dans la II« Partie des types de règlements journaliers et de règlements disciplinaires.
La bonne tenue d'une classe exige qu'il soit assigné un tt'tnjis précis pour cliaqur exercice, ff (|ue chaque exercice se lasse à Theure indiquée. Les avantages d'un horaire sagement élaboré et lidèlement suivi sont nombreux :
1° La fixité des exercices prévienl les hésifalions du maître, et s'oppose aux raodilications arbitraires qu'il voudrait introduire ; elle ùte aux élèves jusqu'à la pensée, soit de faire prolonger une leçon qui leur agrée, suit de faire supprimer ou abréger un ti-avail qui leur est pénible : elle éloigne donc bien des causes d'indécision, de discussions et de perle de temps.
2° Un temps convenable est assuré à chaque spécialité du programme, selon son importance respective ; et l'on n'a pas à craindre que l'une d'entre elles prenne sur les autres une prépondérance injustifiée.
3° La variété régulière des leçons préserve les élèves de l'ennui et de la fatigue ; elle encourage ceux que lasse une étude ardue, par la pensée qu'une autre plus agréable va suivre : elle excite ainsi dans la classe une laborieuse animation.
4" La fidélité du maître à suivre l'iioi-aire Ui'nl les élèves constamment occupés : elle diminue donc les motifs de sévir contre eux, et elle conserve le bon esprit.
5° La régularité des efforts assouplit les facultés intellectuelles, aplanit les difficultés, dispose les élèves à la constance et favorise leurs progrès.
Le règlement ou direcloire disciplinaire est un code de prescriptions indiquant les devoirs des maîtres et des élèves relativement à l'ordre extérieur, dans les divers exercices de l'école.
11 est évident que les élablissemenls d'éducation ne sauraient tous adopter un règlement uniforme, quant à la totalité des prescriptions Les directoires disciplinaires se ramènent à deux types généraux: règlements des écoles paroissiales et règlements des pensiimnals.
Matière et rédaction d'un sag-e règlement disciplinaire. — Le règlement disciplinaire d'une école comprend deux parties :
l'une précise les obligations professionnelles des maîtres, et l'autre édicté les presci-iptions relatives aux élèves. Le directoire des maîtres renferme leurs ohlii;ations quant à l'enseignement et à la surveillance. Le directoire des élèves précise avec détails la conduite qu'ils doivent tenir, soit à l'école, dans les exercices scolaires ou religieux et dans leurs relations avec les maîtres et les condisciples, soit hors de l'école^ durant le trajet de la maison paternelle à la classe ainsi que pendant les congés et les vacances.
En aucun cas, un sage règlement disciplinaire ne saurait être établi a jmori. Dans un Institut enseignant, il doit porter la forte empreinte de la Règle, s'inspirer des traditions, et adopter les mesures que l'expérience reconnaît les meilleures, étant donnés l'esprit national ou local, ainsi que le but particulier que l'école cherche à atteindre.
Une fois établi, le règlement devient comme l'âme de la maison ; il doit y diriger les élèves et les maîtres : les élèves, qui, sans lui, seraient abandonnés à l'indiscipline et au désordre; le^ maîtres, qui, s'ils ne le respectaient pas, ne seraient plus guère autorisés à l'invoquer, ou du moins se trouveraient impuissants à le maintenir dans sa vigueur. Quand une circonstance sérieuse et imprévue l'exige, on peut faire fléchir le règlement ; mais en dehors de ces cas exceptionnels, son autorité est souveraine.
Le règlement doit être écrit , connu et expliqué. — Le règlement est un code écrit ; il doit être lu et expliqué à ceux qu'il oblige. Quelqu-es remarques sur ce sujet ne seront pas inutiles :
Il serait déraisonnable de supposer les élèves instruits du règlement au début de l'année, ou dès leur entrée à l'école. On le leur expliquera donc en détail au commencement d'octobre, pour en préciser le sens et en montrer la sagesse et l'opportunité. Cette mission incombe spéeialement au Frère Directeur, qui, par ce commentaire, imprime une même impulsion à tous les esprits et à toutes les volontés.
Un maître sage ne se conduit pas à l'égard des élèves comme s'ils ne pouvaient pas oublier le règlement. Il leur rappelle les articles qu'ils enfreignent et, s'il n'y a pas malice ou
récidive, il évite de faire cet avertissement sous forme de reproche ou de sévère réprimande.
Il est utile de relire publiquement et de commenter de nouveau le règlement au cours du second et du troisième trimestre de l'année scolaire : au cours du second, parce que les élèves étant fatigués dun travail déjà long, Tautorité de certains maîtres tendrait peut-être à tb'chir ; au cours du troisième, parce que les chaleurs et l'approche des vacances peuvent, si l'on n'y prend garde, énerver la discipline jusquelà respectée.
Des prescriptions rég-Iementaires relatives au silence. — L'un des points h-s plus importants du règlement disciplinaire concerne le silence. Sans le silence, il n'y a guère de travail ni de moralité dans une maison d'éducation. Le règlement indique les temps où le silence est prescrit : en classe, à la chapelle, dans les rangs et, pour les élèves internes, au réfectoire et au dortoir.
Le silence ainsi imposé n'est pas un silence glacial, un mutisme gardé par contrainte ou par peur des punitions ; c'est un silence volontaire, sans exagération, mais qui devient le silence absolu pendant les leçons, les exercices religieux et au dortoir.
En classe, le silence maintient l'attention et le calme, qui seuls permettent l'étude; il prévient les conversations clandestines, qui di'génèrent viti' en dangereuses conhdences.
A la chapelle, il est imposé par le respect pour la sainte présence de Dieu et par le devoir de prier avec recueillement.
Au r('fectoire, il pei-met de remplacer, par des lectures instructives et intéressantes, les conversations futiles et banales.
Au dortoir, il est une forme de la dignité et de la réserve, ainsi que du respect pour le repos des condisciples.
Dans les rangs, il maintient l'ordre, la régularité des Hiouvemenls, et il établit une transition nécessaire du jeu à l'étude.
Il convient de demander aux élèves d'obéir à ces prescriptions par devoir et pour acquérir, par de fréquents actes de volonté, cette domination sur eux-mêmes dont ils auront besoin en des occasions plus importantes.