II. - FÊTES PROFANES
Le but principal des fêtes scolaires profanes est dapporter une agréable et utile diversion aux occupations ordinaires des écoliers, et de former leur goût pour certains arts, tels que la musique et la déclamation. Ces fêtes sont : les distributions des billets d'honneur, les séances littéraires, dramatiques ou musicales, les séances de gymnastique, la fête des jeux, et d'autres encore établies d'après les coutumes locales et avec l'autorisation des Supérieurs, enfin celle qui les clôture
LES FÊTES A l'ÉCOLE 254
toutes, la distribution solennelle des prix, dont il a été question déjà au chapitre IV.
Distributions des billets d'honneur. — 11 convient de donner une certaine solennité, tout intime d'ailleurs, aux distrilsutions des billets d'honneur. Elles sont une occasion naturelle de faire déclamer une poésie;, lire une composition française, exécuter un chant, jouer quelques morceaux de musique, etc. Elles deviennent un stimulant efficace des bonnes volontés, et elles permettent au Frère Directeur de donner à l'école assemblée les avis qu'il juge utiles.
Séances littéraires. — Les séances littéraires publiques ne peuvent guère être instituées que dans les pensionnats où fonctionne régulièrement une académie de jeunes gens. Elles offrent l'avantage de faire travailler les élèves, sans avoir pour eux les mêmes inconvénients que la préparation des séances dramatiques. Il est indispensable que les travaux présentés soient, non d'une perfection qui fasse suspecter leur sincérité, mais très convenables quant au choix du sujet traité et à son développement.
On peut organiser aussi des séances littéraires intimes ; elles ont lieu devant les seuls élèves de l'école ou même d'une division.
Sans lui donner le nom d'académie, il est utile d'entourer de soins spéciaux un groupe délèves dans le cours supérieur des écoles paroissiales ; ils s'exercent à rédiger, à déclamer, à exposer une question, et ils se préparent ainsi à devenir miembres des conférences d'études qui fonctionnent dans les patronages.
Séances dramatiques et musicales. — Les séances dramatiques et musicales données par les élèves, dans les pensionnats, doivent être fort rares, afin de ne pas compromettre le succès des études et la discipline. S'il y en a plusieurs dans une même année, il convient que les mêmes jeunes gens ne figurent pas dans chacune : leur travail, leur bon esprit peutêtre en souffriraient; du moins seraient-ils privés d'une partie trop notable de leurs récréations et de leurs promenades, ce qu'il faut éviter. Par exemple, s'il y a plusieurs divisions
d'élèves dans l'école, une des séances peut être ofïerle par l'acaiémie, et les deux autres successivement par la première, puis par la seconde division.
Ces séances donnent lieu aux remarques suivantes :
1° Autant que possible, confier les rôles aux meilleurs élèves de l'école.
2° Choisir des morceaux de déclamation et des pièces absolument irréprochables, sans allusions politiques toujours déplacées dans une maison d'éducation, sans bouffonneries qui provoquent une trop vulgaire hilarité. Cette précaution est nécessaire, mais insuffisante : il faut que plusieurs des sujets interprétés excitent dans l'auditoire des sentiments nobles, éveillent de hautes et grandes pensées. Le sentiment chrétien doit se mêler aux délassements de nos élèves, conmie un sel salutaire qui en conserve l'honnêteté ;
3" Ne pas choisir d'œuvres dont l'intei-prétation soit trop difficile ou exige le concours d'un trop grand nombre d'élèves surtout d'âges trop différents.
4° Se défier des pièces de théâtre corrigées : ou bien les corrections laissent deviner le libretto original^ que les jeunes acteurs chercheront peut-être à se procurer, ou les retouches,, considérables et inintelligentes, nuisent à l'intérêt de l'œuvre ainsi défigurée.
5° Le Frère Directeur ne saurait se désintéresser, non seulement de l'ensemble et des parties importantes du programme, mais encore des détails. 11 doit lire les œuvres dont on fait choix, ou s'en faire rendre compte par un maître prudent, en qui il a toute confiance pour ces sortes d'appréciations.
Nous avons dit au chapitre V les mesures à prendre pour assurer la surveillance des séances récréatives. .
Séances de gymnastique, fêtes des jeux. — La séance de gymnastique, que beaucoup d'écoles organisent dans le trcjisième trimestre, a le double avantage de donner de l'intérêt aux leçons de gymnastique, et de n'offrir aucun des dangers des séances dramatiques.
L'usage d'instituer une fête des jeux ^ vers la fin de l'année scolaire, tend à se généraliser dans les internats. La prépara-