III.- LES VACANCES
Les vacances sont indispensables aux maîtres et aux élèves; mais conibien d'enfants y font, à leurs dépens, l'apprentissage de leur faiblesse morale 1 L'oisiveté, le manque de surveillance, l'abandon au moins partiel de la prière, l'entraînement des mauvaises compagnies et, pour les internes surtout, le brusque passage dune vie surveillée à une indépendance relative, ont trop souvent raison de leur vertu.
Les vacances sont comme un temps d'épreuve, que l'adolescent doit mettre à profit pour développer en lui-même l'initiative personnelle et la force de volonté. C'est pendant ces jours que l'on jugera de la sincérité de ses convictions religieuses et de son attachement aux pratiques de la piété chrétienne. Au point de vue de la persévérance, les vacances ont une importance capitale : la vie réelle apparaît au jeune homme; elle lui apprend, et sa faiblesse, et le besoin qu'il a d'être guidé, et les résolutions précises qui peuvent le garantir* des chutes morales.
A cette occasion, un bon maître donne à ses élèves les conseils appropriés à leur âge et au milieu oîi ils passeront les vacances ; il leur trace un programme de travail journalier qui leur procure une occupation salutaire à tous égards.
Conseils à donner avant les vacances. — Ne laissez pas ignorer aux élèves les dangers qui les attendent, selon leur âge et la région qu'ils habitent. Pendant les deux ou trois derniers jours de l'année scolaire, consacrez le temps du catéchisme ou de la réflexion à donner tous les avis que vous jugez utiles. Insistez en particulier sur les suivants :
1. Le premier devoir d'un enfant, d'un jeune homme en vacances est d'être la joie de ses parents, par sa soumission atfectueuse, son respect, sa confiance, son empressement à déférer à leurs moindres désirs, et sa cordiale entente avec ses frères et sœurs.
2. Plus que tout autre, un enfant élevé dans une école chrétienne est tenu de pratiquer publiquement sa religion. L'assistance à la sainte Messe les dimanches et les jours de fêtes d'obligation est un devoir strict^ dont il ne saurait se dispenser sans motifs très graves. A certains élèves des pensionnats, qui rentrent en des villages où les jeunes gens ont désappris le chemin de l'église, il faut parfois un véritable courage pour résister à l'entraînement ; rappelez-leur que ceux-là mêmes qui tenteraient de les détourner de leur devoir seraient les premiers à se scandaliser de leur lâcheté, comme d'une sorte d'apostasie.
3. Le recours à la prière et aux sacrements est d'autant plus nécessaire pendant les vacances, qu'on y est plus exposé à commettre le péché. Aux jeunes gens surtout, rappelez qu'un bon chrétien s'agenouille pour prier Dieu matin et soir; qu'il se fait un bonheur d'assister parfois à la sainte Messe pendant la semaine, et d'entrer dans une église pour y offrir ses adorations à Notre-Seigneur au très saint Sacrement.
Il est bien désirable que les élèves conservent, pendant les vacances, l'iiabitude de s'approcher fréquemment des sacrements ; qu'ils le fassent au moins à la fête de l'Assomption et *à celle de la Nativité de la très sainte Vierge.-
4. Les mauvaises lectures, les conversations déslionnêtes, les fréquentations suspectes sont la ruine des mœurs: si le jeune homme ne se garde lui-même contre de tels dangers, ses vacances détruiront en partie les effets de l'éducation chrétienne qu'il a reçue pendant l'année scolaire.
o. Les pratiques de piété qui soutenaient à l'école la ferveur d'un élève, communions fré(iuentes, recours à la très sainte Vierge par la récitation d'une dizaine du chapelet, offrande des actions ù Dieu, petits sacrifices, élévations du cœur, oraisons jaculatoires, pratique de l'aumône, n'ont rien perdu de leur utilité pendant les vacances; bien au contraire, leur opportunité s'est accrue en raison de la diflicullé plus grande qu'éprouve alors une âme ù persévérer dans ses bonnes résolutions.
Les congréganistes n'oublieront pas les obligations spéciales que leur créé ce titre, et la promesse qu'ils ont faite à Dieu,