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METHODE NATURELLE

la bactéridie charbonneuse. Il est devenu réfraclaire a la maladie appelée charbon; une nouvelle inoculation de cette maladie ne le rendra pas malade, on dit qu'il a acquis V immunité par rapport à la bactéridie charbonneuse.

Cet exemple nous permet d'exposer clairement la méthode que nous sommes amenés à employer. Si, dans les conditions extérieures B de la vie d'un individu A, nous introduisons un facteur b, c'est ce facteur b lui-même qui devra nous servir ensuite de réactif pour étudier la variation que son influence propre a déterminée chez A. Ainsi, nous obtiendrons une loi simple par une méthode naturelle; tandis que si, sans le secours de b, nous voulions analyser les variations de A, nous nous heurterions à des difficultés telles qu'elles équivaudraient à une impossibilité.

Cette méthode d'analyse naturelle des faits, sans avoir été proposée encore, je crois, comme méthode générale d'investigation, a été du moins appliquée déjà et d'une manière féconde, dans le champ des sciences physico-chimiques; elle a conduit en particulier à la loi de Lenz :

(( Le déplacement d'un courant électrique dans le voisinage d'un circuit fermé y développe un courant induit qui tend à s'opposer à ce déplacement'^ »

Et à la loi, plus générale, de Le Chatelier, loi que l'en trouve exposée autrement dans les admirables travaux de Willard Gibbs :

« La modification produite dans un système de corps à l'état d'équilibre, par la variation

L'ASSIMILATION FONCTIONNELLE

d'un des facteurs de l'équilibre, est de nature telle qu'elle tende à s'opposer à la variation qui la détermine. »

Voilà deux lois très générales et d'une extrême simplicité; elles doivent leur simplicité à ce qu'elle ont été établies suivant la méthode naturelle que j'ai proposée précédemment, et que nous allons appliquer maintenant dans le domaine de la biologie; mais nous ne ferons pas, en agissant ainsi, quelque chose de nouveau; il y a longtemps que la sagesse des nations a, sans l'avoir explicitement annoncé, employé cette méthode féconde, ainsi que le prouve le proverbe : « Fit fabricando faber. » « En forgeant on devient forgeron; » c'est-à-dire : « En exécutant souvent un acte, on devient plus apte à l'exécuter de nouveau. » La modification introduite dans un organisme par la répétition d'une opération donnée, ne serait pas analysable chimiquement; elle est toute simple si l'on prend cette opération même pour réactif de la modification réalisée; on y est devenu plus apte, on s'y est habitué; vivre^ c'est s'habituer. Voilà ce que nous apprend la sagesse des nations, et c'est dans ce trésor inépuisable que Lamarck a pris sa loi àliabitude : « La fonction crée l'organe. »

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