‹ Éléments de philosophie biologiqueChapitre 5 sur 92 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Onitt' e- diversité.

Les corps vivants soat intéressan:*. pour hommeTe science, à deux points Je vue qut pmbleni au premier abord, contr - / .

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S SuTcS^^^ment de ce mécanisme

u'satiàchent à rapprocher les un. des autres

ETUDE OBJECTIVE DES CORPS

les fonctionnements des mécanismes spécifiques^ {physiologie et pathologie comparées).

Enfin un dernier genre de recherches spéciales' consiste dans l'étude de la genèse d'une formeou d'un mécanisme spécifique, dans la descrip-tion de son développement à partir de Vœni[em-bryologie d'une espèce vivante; ou dans la compa-raison des phénomènes du développement chez des espèces différentes [embryologie comparée).

En joignant à l'étude des espèces actuelles celle des restes fossiles des espèces disparues {paléontologie)^ on arrive à établir entre les premières et les dernières des liens de descendance, de parenté : c'est la science spéciale de V origine de^ espèces.

L'existence des sciences « comparées » (anato-; mie, physiologie et embryologie comparées), à côté des sciences « descriptives » correspondantes, suffit à prouver que la diversité des formes vivantes ne s'accompagne pas de différences absolues entre les espèces. Elle permet la constitution, dans le catalogue général des êtres,de groupes plus ou moins étendus, entre les divers membres de chacun desquels une comparaison anatomique, physiologique ou embryologique peut être fructueuse. Ainsi, il est avantageux de comparer, au point de vue descriptif, le chien, le cheval et le lapin, qui sont des mammifères; il est encore intéressant de comparer lechien, le coq, le lézard et la truite, qui sont des» vertébrés ; il devient illusoire de rapprocher Tana ■ tomie du lapin de celle de l'oursin ou du ver deterre; elles n'ont rien de commun, et la difté--

UNITE ET DIVERSTTE

rence des anatomies s'accentue encore, si possible, quand on passe des animaux précédents au châtaignier, au lys et au champignon de couche, qui sont des végétaux.

Et cependant l'homme a appris depuis longtemps à réunir sous l'appellation commune d'étfx's vivantSy des corps aussi peu semblables que le chien, le ver de terre, la fougère et le rosier. Il faut donc, non seulement que ces corps aient quelque chose de commun, mais encore que ce quelque chose de commun soit assez facile à découvrir pour n'avoir pas échappé à des gens aussi ignorants que nos ancêtres. Nous verrons cependant que les opinions vulgaires relativement à la vie diffèrent à un certain degré de celles qu'a établies la science au moyen d'instruments de recherche plus puissants que ceux qui sont naturels à l'homme.

C'est la biologie qui étudie les caractères communs à tous les êtres vivants, tant animaux que végétaux et manquant aux corps bruts. L'ensemble de tous ces caractères doit constituer la définition de la Vie, puisque c'est leur présence ou leur absence qui amène à déclarer qu'un corps est vivant ou qu'il ne Test pas ; et, si la définition est bien faite, elle doit permettre une classification rigoureuse de tous les corps de la nature, classification dans laquelle aucune ambiguïté ne puisse subsister ; un corps donné devra forcément appartenir à Tune ou à l'autre des deux catégories ainsi définies.

Les sciences comparées dont nous avons parlé précédemment (anatomie, physiologie, embryo-

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logie comparées) devraient arriver, en fin de compte, à mesure que Ton comparerait entre eux des êtres vivants de plus en plus éloignés, à permettre la construction d'une biologie ; il suffirait que, de chacune d'elles, on pût retenir quelque chose qui eût résisté à l'extension progressive du groupe étudié, jusqu'à ce que ce groupe fût arrivé à englober à la fois le règne animal et le règne végétal.

Or, avec l'ancienne définition du mot « anatomie », il était évident que Vanatomie comparée ne pouvait conduire à aucune notion commune à tous les êtres vivants considérés à la fois. L'anatomie s'occupait en effet de l'étude des parties différentes que l'on distingue soit à l'œil nu, soit à la loupe, dans les animaux et les végétaux, et il n'était pas besoin d'être grand clerc pour remarquer l'absence de toute similitude entre les os, les muscles et les nerfs du chien, d'une part, les étamines, le pistil et les feuilles d'un fraisier, d'autre part. Les anatomies comparées étaient forcément limitées à des groupements restreints comme les vertébrés par exemple, ou les mollusques.

Le perfectionnement des instruments d'étude, du microscope, en particulier, a permis de pénétrer plus profondément dans l'intimité des structures animales et végétales; la première conquête biologique importante qui ait été due au perfectionnement du microscope a été la théorie cellulaire ; elle s'exprimait ainsi :

Tout être vivant est composé d'une ou de plusieurs cellules.

UNITE ET DIVERSITE

C'était une loi générale^ concernant l'ensemble des animaux et des végétaux ; c'était donc un chapitre de la biologie. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser, rigoureusement, de cette unité de slriictiire exprimée dans la théorie cellulaire; elle nous donne dès à présent une notion importante relativement à la dimension des phénomènes de structure qui peuvent caractériser la vie : les premiers de ces phénomènes de structure, vraiment communs à tous les êtres vivants, que nous rencontrions en descendant, au moyen du microscope, l'échelle des grandeurs mesurables, se rencontrent dans l'ordre des dimensions cellulaires, c'est-à-dire fort loin déjà au-dessous du millimètre. Si cette dimension n'est pas encore précisée, (et elle se précisera plus loin), sa découverte nous donne déjà l'idée que les phénomènes vraiment caractéristiques de la vie se passent aux environs d'un certain degré de l'échelle des grandeurs. L'anatomie transportée, grâce au microscope, dans cette région spéciale des choses mesurables, prend le nom d'histologie ou anatomie cellulaire. C'est cette partie de l'anatomie qui seule peut fournir à la biologie des résultats appréciables.

La physiologie a donné plus aisément des résultats d'ordre général ; les questions d'alimentation, de respiration, ont en etïet montré de bonne heure l'importance de la chimie dans la réalisation des phénomènes vitaux ; l'une des conclusions biologiques les plus anciennement connues est la nécessité de l'oxygène pour l'entretien de la vie des animaux et des plantes;

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ainsi donc, dans la vie, il y a de la chimie, c'està-dire des phénomènes qui se passent, sur l'échelle des grandeurs, au-dessous de la dimension des cellules, dans l'ordre de dimension des molécules et des atomes. Cette seconde conquête contribue à localiser, d'une manière plus précise, la vie parmi les autres phénomènes de la nature; nous voyons déjà que le phénomène biologique proprement dit ne se rencontre pas au-dessus de la dimensionde la cellule, mais comprend des manifestations plus petites, de l'ordre atomique ou chimique. Nous aurons à rechercher une limite inférieure de la dimension des phénomènes biologiques ; elle pourra nous être fournie par la dimension des plus petites radiations de l'éther qui influencent les phénomènes vitaux; contentons-nous pour le moment de cette première approximation, et retenons seulement ce fait très important, qu'il y a avant tout, dans l'étude des phénomènes biologiques, une question d'échelle.

Quelques-unes des grandes lois biologiques, celle de l'hérédité des caractères acquis, par exemple, sembleront, au premier abord, soustraites à cette nécessité de se rapporter à des phénomènes localisés entre des limites restreintes de dimensions, mais, du moment que ces lois seront biologiques, c'est-à-dire générales, on pourra être sûr d'avance que les moyens par lesquels elles se manifestent seront de l'ordre de grandeur des phénomènes biologiques : ainsi l'hérédité, ressemblance entre des êtres aussi grands qu'on le voudra, se

/./; rnLxciPE de co^TiyuiTÉ

réalise par le moyen de l'œuf qui est une cellule.

L'embryologie ne fournira pas de résultats biologiques nouveaux, parce que, science récente, fille de la théorie cellulaire, elle est aujourd'hui très difficile à distinguer de l'histologie ; l'embryologie est rhistologie des êtres jeunes.

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