‹ Éléments de philosophie biologiqueChapitre 54 sur 92 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

L'étude de la vie

au point de vue de la conservation de l'énergie

ne nous apprend rien de nouveau,

mais nous démontre une fois de plus

que la vie est un phénomène soumis aux lois

de la mécanique.

L'une des conquêtes les plus importantes de la science humaine au xix^ siècle a été la découverte des principes âC équivalence^ qui se résument dans la loi générale de la conservation de l'énergie. L'énergie se manifeste dans le monde sous un grand nombre de formes, la forme mécanique, la forme thermique, la forme électrique, la forme chimique, etc. Quand, dans un système de corps formant un ensemble complet, c'est-àdire, dans un système qui n'emprunte ou ne

POiyr DE VUE ENERGETIQUE

cède rien à son ambiance, il disparaît une certaine quantité d'énergie connue sous l'une des formes précédemment énumérées, il en apparaît, sous les autres formes possibles, des quantités correspondantes, telles que la somme de toutes ces quantités nouvelles, multipliées, chacune pour son compte, par un coefficient constant, reproduise intégralement la quantité disparue.

L'énergie perdue par une chute d'eau se retrouve intégralement dans réchauffement de cette eau et des pierres de son lit, et, d'une manière bien plus facile à constater et à mesurer, dans l'énergie électrique d'une dynamo actionnée par elle, ou dans l'énergie chimique des accumulateurs chargés par cette dynamo.

Les anciennes idées sur la vie, datant d'une époque où les principes d'équivalence n'étaient pas connus, sont naturellement en contradiction avec la loi nouvelle de la conservation de l'énergie. C'est l'observation incomplète des corps vivants qui a fait naître dans le cerveau de nos ancêtres le problème du mouvement perpétuel, problème dont la science moderne a démontré la vanité, et qui consistait à trouver un moyen de faire produire, à un système isolé, un travail mécanique continu, sans aucune dépense d'une provision quelconque d'énergie.

Le théorème actuel « Rien ne se fait avec rien », s'applique aux faits biologiques comme aux faits de la mécanique, de la physique et de la chimie. Seulement, il faut bien se garder de considérer l'être vivant comme formant, dans

Page 1