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MORPHOLOGIE ET MOUVEMENTS

cellules dépourvues de noyau, et réduites à un cytoplasma homogène; il ne semble pas que les progrès des méthodes d'observation permettent de continuer à croire aux monères de Hivckel.

Dans d'autres espèces, au contraire, on a décrit un noyau tellement volumineux qu'il peut être considéré comme remplissant toute la cellule; mais là néanmoins il reste du cytoplasma.

Au point de vue des dimensions, il y a, entre les diverses espèces unicellulaires des différences prodigieuses; certains rhi^opodes sont assez gros pour être vus à l'œil nu; quelques micrococcus sont tellement petits, que, même aux plus forts p!;rossissements^ ils se voient comme un véritable point géométrique; encore faut-il qu'ils soient fortement colorés par des réactifs appropriés.

On parle même couramment, depuis quelques années, de microbes invisibles; ce sont des êtres tellement petits que, même aux plus forts grossissements, on ne peut pas les apercevoir. On a néanmoins pu les cultiver dans des bouillons, où l'on remarque leur multiplication grâce à leur action sur certains colloïdes ou sur certains êtres vivants; on ne les connaît que par leurs elfets. On est certain qu'ils sont vivants, puisque, étant donnée une goutte de la culture où on suppose qu'ils vivent, on peut, en semant cette goutte dans autant de bouillon qu'on le voudra, obtenir autant qu'on le voudra, d'une culture ayant les mêmes propriétés pathogènes ou diastasiques que la première. Ces êtres très

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petits ne sont connus, par conséquent, que grâce au phénomène fondamental (ï assimilation.

Certains auteurs ont cru que ces êtres mystérieux, doués d'assimilation, ne sont pas visibles parce qu'ils n'ont pas de forme, parce que, en d'autres termes, leur substance vivante est soluble dans les liquides où elle vit. Si une telle assertion avait pu se vérifier, cela aurait remis en question la généralité de la notion de structure cellulaire.

Mais, il semble qu'il faille y renoncer.

En employant des filtres à pores assez fins, on a pu arrêter au passage tous les microbes invisibles connus, et stériliser leurs cultures. Il reste donc établi, jusqu'à plus ample informé, que tous les êtres vivants ont une forme, même quand ils sont trop petits pour être connus directement par l'observation microscopique.

Néanmoins, l'existence de ces espèces extrêmement petites enlève à la notion de dimension cellulaire toute sa valeur; il y a des rhiiopodes unicellulaires qui sont aussi grands par rapport aux microbes invisibles, que l'est le chameau par rapport à un globule de son sang.

Ce qui reste important, dans l'idée de cellule, c'est, abstraction faite des monei^es de Haeckel et des espèces trop petites pour qu'on ait pu connaître leur structure, la notion de petites masses vivantes isolées, douées d'assimilation et formées de substances colloïdes que leur état permet de répartir en deux groupes, les substances nucléaires au centre, les substances cytoplasmiques à la périphérie. Dans

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tous les cas où leur structure est bien connue, les cellules vivantes doivent donc être considérées comme formées de deux parties colloïdes distinctes, comme une pile électrique élémentaire contient un zinc et un cuivre.

Cette comparaison est même peut-être plus approchée qu'on ne l'a cru jusqu'à présent; peut-être y a-t-il des différences d'ordre électrique entre le protoplasma cytoplasmique et le protoplasma nucléaire. L'affinité plus grande du noyau pour les couleurs basiques d'aniline, serait même une preuve de ces différences d'ordre électrique, si Ton s'en rapporte aux beaux travaux de Jean Perrin sur l'électrisation de contact et sur la nature du rôle des substances appelées mordants par les teinturiers.

Quoi qu'il en soit de ces rapprochements encore un peu prématurés aujourd'hui, nous retrouverons plus loin, dans presque tous les phénomènes vitaux, un dualisme analogue à celui des deux électricités, et qui se traduit dans les manifestations sexuelles si générales dans toute l'étendue de la biologie.

En attendant, cette comparaison avec une pile électrique nous permet de faire encore une remarque au sujet de la dimension des cellules; on peut fabriquer des éléments de pile aussi grands que l'on veut, ayant une surface très considérable; on peut aussi en fabriquer de très petits et les laisser isolés ou les associer; si on les associe en quantité, on obtient l'équivalent d'un élément unique à grande surface; si on les associe en tension, on obtient un résultat

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que ne saurait produire un élément unique, si grand qu'il soit. De même, nous connaissons des cellules très grandes, visibles à l'œil nu. Nous en connaissons de très petites, invisibles même au microscope. Nous connaissons aussi des êtres formés d'agglomérations de cellules et qui, le plus souvent, à cause même de cette agglomération, se montreront capables de produire des effets qu'un être uniceilulaire ne produit jamais, quelque volumineux qu'il puisse être. La description des divers types cellulaires appartient aux traités de zoologie, de botanique ou d'histologie. Nous devrions cependant en donner ici trois ou quatre, choisis parmi les plus remarquables, pour donner une base concrète à nos déductions; mais, les dimensions de volume ne le permettant pas, nous supposerons que le lecteur connaît déjà un certain nombre de types d'êtres vivants, auxquels il peut se reporter par la pensée en suivant nos raisonnements abstraits.

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