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LA SUBJECTIVITÉ

Un animal A, fonctionnant dans des conditions B produit un fonctionnement qui dépend h la fois de A et de B, c'est-à-dire que ce fonctionnement est délerminé par l'état A de la structure animale au moment considéré et par l'état correspondant B du milieu. Aussi peut-on représenter s3^mboliquement l'acte résultant par la formule (A X B).

Mais, la subjectivité de l'individu étant limitée à son corps A, ses épiphénomènes de conscience lui font connaître seulement le facteur A de la formule symbolique (A X B). Et comme la détermination prise par l'individu n'est pas entièrement le résultat de l'état connu A, l'animal s'imagine qu'il y a en lui quelque chose de mystérieux qui lui permet de choisir librement entre diverses possibilités, tout en tenant compte, dans la mesure qui lui convient, de la connaissance incomplète qu'il a du milieu par l'intermédiaire, de ces organes des sens.

Cela suffit à expliquer l'illusion de la volonté libre, et de la mettre d'accord avec la théorie de la conscience épiphénomène.

Laissons maintenant de côté ces questions métaphysiques, en nous rappelant seulement que le fait, pour l'homme, d'avoir découvert sa place dans la nature, d'avoir compris qu'il est dans la nature au même titre que l'eau et le charbon, lui a permis, par une induction légitime, de pénétrer en quelque sorte la subjectivité de la matière en comprenant qu'il est lui-même fait de matière et qu'il a cependant une subjectivité.

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