‹ Éléments de philosophie biologiqueChapitre 70 sur 92 · VJ · texte numérisé non relu

VJ

L'HÉRÉDITÉ AU SENS LARGE

employé précédemment : Le corps vivant A, ayant exécuté dans les circonstances B l'opération (A X B) est devenu A^. Mais, tant que A reste vivant, A^ ressemble assez à A (sauf dans les cas de métamorphoses que nous étudierons tout à l'heure), pour que l'on soit plus frappé des ressemblances qui les rapprochent que des différences qui les séparent.

On donne le nom dliérédité au sens large à l'ensemble des caractères qu'un corps A transporte avec lui à travers les changements du milieu. Quand un animal est adulte, son hérédité ainsi définie ne parait pas changer beaucoup ; les modifications qu'il subit, et qu'il peut ensuite transporter avec lui sont assez faibles pour passer inaperçues ; cependant elles ne sont pas nulles ; elles ne peuvent pas être nulles ; à chaque instant, le corps A soumis aux conditions B, et exécutant la fonction (A X B), devient, par la même, un nouveau corps Aj, qui est déterminé par A, et par (A X B).

On donne le nom à' évolution individuelle à la série des formes A^, A^, A3, ... A„, que prend un être donné A, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, à travers les ensembles de circonstances

B^, B,, B„. Ces transformations sont telles,

nous Tavons vu, que la forme A.^ est déterminée par la forme A^ et par la fonction (A^xB,),ce que l'on peut exprimer par les formules symboliques :

X, 4- (Ai X B,) = A.,,

A, + (A, X BJ rr A3,

A„ 1 + (A,t 1 X Bn 1) = Au. ^ 231 €

V ÉVOLUTION

En langage courant, ces formules symboliques signifient que l'être, envisagé à un moment donné de son existence, provient de ce qu'il était à un moment antérieur, et de tout ce qu'il a exécuté dans l'intervalle.

On donne le nom à' éducation au sens large à la série des termes B^, B^, .... B„, représentant les ensembles de circonstances qu'a traversés l'être vivant depuis le stade A^, jusqu'au stade A„.

On peut donc, en tenant compte des définitions précédentes, exprimer d'une nouvelle manière les formules s3'mboliques écrites plus haut. La structure A„ d'un être vivant à un moment donné de son existence, ou, ce qui revient au mêmeson hérédité à ce moment donné est entièrement déterminée si Ton connaît l'une de ses hérédités antérieures A^ et l'éducation (B^, B,, ... B„) qui a séparé l'état Aj de l'état A,^.

On a l'habitude de prendre comme point de départ l'hérédité initiale, l'hérédité de l'œuf, et de faire commencer à l'œuf la série des termes B qui constituent l'éducation; on dit alors plus succinctement :

Tout être vivant est le produit de son hérédité et de son éducation.

Cette formule très simple a le grand avantage de rappeler à chaque instant que la vie d'un être ne réside pas dans cet être lui-même, mais résulte toujours de la lutte de deux facteurs : le corps de l'animal (hérédité) et l'ensemble des circonstances ambiantes (éducation).

Assimilation et morphogenèse. — L'évolution

Page 1