LE DEVELOPPEMENT GENERAL DE LA PHYSIOLOGIE
Ce qui résulte de l'histoire de la physiologie, c'est, d'une manière générale, que le développement de cette science, plusieurs fois interrompu par des époques dans lesquelles elle resta stationnaire ou rétrograda, a été progressif. Une courbe telle que celle que nous figurons ici, re-
I II ~~ îlf IV V
présente à peu près, dans son ensemble, la marche inégalement progressive de ce développement de la physiologie.
Dans la première période (I), la physiologie appartenait, comme discipline purement spéculative, à la philosophie naturelle; — dans la seconde (II), la physiologie, essentiellement descriptive, et non constituée d'une manière indépendante, faisait partie de la zoologie, de l'anatomie, de la pathologie; — dans la troisième (III), la plus longue période de toutes, la physiologie ne repose encore que sur des hases dogmatiques, purement empiriques ; elle est descriptive; ses explications sont toutes pénétrées de téléologïe ; elle est surtout rattachée à l'anatomie et à la médecine ; — dans la quatrième période (IV), la méthode expérimentale l'emporte, et, avec elle (les causes finales et la scholastique ayant été bannies de la science), la causalité naturelle ; l'anatomie forme les fondements de la physiologie, désormais complètement séparée de la médecine, mais elle n'est encore traitée que dans son union intime avec l'anatomie, et la philosophie de la nature lui cause de grands dommages; — enfin, dans la cinquième période (V), les liens de ces deux disciplines se relâchent, la physiologie devient la chimie et la physique des corps vivants et suppose l'anatomie. Mais elle court le danger de perdre, en s'éparpillant, l'autonomie qu'elle vient de conquérir. Son rapport avec la médecine est renversé : c'est désormais la médecine qui dépend de la physiologie.
En prenant pour point de départ le domaine