ORGANES DE PROTECTION DE L'OEIL
La surface libre de l'œil est recouverte périodiquement par les paupières, dont le mouvement a pour effet d'écarter les agents nuisibles (surtout à la transparence de la cornée) et d'humecter continuellement de larmes la surface
(1) Dictionn. encyclop. des se. niédic. 2"= s. XIV, p. 279, I87f>.
cornéenne. Lorsqu'à la suite de cicatrices de la peau, par exemple après des Lrùlures, les mouvements des paupières sont entravés, la cornée, continuellement à nu, se dessèche, et les poussières de l'air n'en sont plus enlevées. Dans ces circonstances l'épithélium cornéen se trouble, s'exfolie; la transparence de la cornée se perd, et même la membrane devient le siège d'une suppuration (voir page 215).
Les mouvements des paupières sont volontaires; mais la plupart du temps ce sont des actes réflexes purs, provoqués par l'excitation des fibi'cs centripètes du trijumeau. Ce dernier, qui donne la sensibilité générale au globe oculaire et à ses annexes, constitue le « gardien de l'œil ». L'occlusion de la fente palpébrale se fait par les contractions du muscle orbiculaire des paupières, un véritable sphincter de la fente palpébrale, innervé par le nerf facial. — L'acte d'ouvrir la fente palpébrale est passif de la part de la paupière inférieure, qui retombe un peu en vertu de la pesanteur et de l'élasticité des parties; la paupière supérieure au contraire est tirée en haut par son muscle rcleveur, innervé par l'ocLdo-moteur commun.
Les larmes — liquide aqueux renfermant des sels, surtout Na Cl et de la mucine — s'écoulent par l'appareil lacrymal (papilles lacrymales, canalicules lacrymaux, sac lacrymal et canal nasal) dans le nez. Cet appareil constitue une véritable pompe aspirante et foulante; il est muni de replis muqueux faisant office de valvules ne permettant le passage des larmes que vers le nez. Au moment de la contraction du muscle orbiculaire des paupières, des fibres contractiles insérées sur la face antérieure du sac lacrymal le dilatent, et les larmes sont aspirées. Le muscle se relâche ensuite, et l'élasticité des parties chasse le trop-plein vers le seul côté où il y a une issue, c'est-à-dire vers le nez. Des fibres musculaires circulaires contenues dans les papilles lacrymales paraissent empêcher, par leur contraction, le reflux des larmes dans le sac conjonctival, concurremment avec la disposition des valvules. — Quand on veut « chasser des yeux une larme importune », amenée par une émotion trop vive, on clignote pour faire fonctionner la pompe lacrymale; mais de plus on aspire à plusieurs reprises l'air à travers les narines, pour accélérer l'écoulement des larmes. L'évaporation des larmes à l'orifice nasal des voies lacrymales produit une aspiration du liquide vers le bas, ce qui contribue également à faire écouler les larmes du sac conjonctival.
OliGAMi ALDITIK. 515
Les sensations fournies par les excitations de l'appareil nerveux auditif sont appelées acoustiques. Elles sont provoquées chaque fois qu'une partie déterminée de l'écorce cérébrale du lobe temporal (l'aboutissant des fibres du nerf acoustique) est excitée. L'excitant spécial, adéquat, de l'appareil nerveux acoustique est constitué par les vibrations sonores, qui sont transmises à l'endolymplie, et de là à la terminaison périphérique du nerf acoustique. Celle-ci est facilement excitée par les vibrations sonores, alors que le nerf lui-même y est insensible. De plus, cette terminaison délicate est entourée de parties compliquées qui la préservent du contact avec les autres influences extérieures, et qui par contre livrent un accès facile aux ondes sonores. — L'appareil nerveux est cependant souvent excité par d'autres influences que les ondes sonores, quelquefois par des processus pathologiques. Quand nous relevons la tête après nous être baissés, nous avons souvent des sensations auditives « subjectives », des tintements très-aigus. En s'obscrvant dans le silence le plus absolu, on remarquera que nous ne sommes jamais sans sensations auditives : nous entendons toujours quelque chose, de même que nous voyons toujours au moins le chaos lumineux. Dans les maladies de l'oreille qui affectent plus ou moins le labyrinthe, les malades sont souvent molestés par des bourdonnements d'oreilles etc. Dans les affections des centres nerveux, les hallucinations auditives (voix parlantes etc.) sont très-fréquentes.
Pour ce qui est des sensations visuelles provoquées chez certaines personnes par des excitations du nerf acoustique, voyez page 2i2o,