SENSATION DE DOULEUR. — SENSIBILITÉ GÉNÉRALE
Douleur. — La sensation de douleur naît chaque fois qu'un nerf sensible est fortement excité. Sous le nom de nerfs sensibles il faut comprendre, outre les nerfs de la peau, tous les nerfs centripètes des organes viscéraux. Les nerfs spécifiques des organes de la vue, de l'audition, de l'olfaction, et à ce qu'il paraît le nerf de la gustation, ne donnent jamais naissance à des sensations de douleur. A l'opposé des sensations tactiles, la douleur peut être provoquée par une excitation (forte) portée n'importe où sur le trajet d'un nerf sensible.
Il est à remarquer que nous localisons très-imparfaitement la douleur à la périphérie. Les sensations douloureuses ont un caractère subjectif que nous n'avons pas trouvé dans les sensations précédentes : nos organes sont douloureux, et non pas le couteau qui les incise. — La localisation est du reste empêchée par le phénomène que présentent les sensations douloureuses de s'irradier sur d'autres nerfs.
L'irradialion de la douleur a fait naître Tidée d'après laquelle la douleur serait toujours provoquée par une excitation excessive des nerfs sensibles ou de n'importe quel nerf centripète,» l'exception des nerfs des sens supérieurs. L'excitation se déverserait à travers la substance grise des centres nerveux (page 135). Des excitations plus faibles des mêmes nerfs donneraient lieu, soit à des sensations tactiles ou de température (nerfs du sens du toucher), soit à de simples actes réflexes (beaucoup de nerfs viscéraux, dits aussi quelquefois excito-molcnrs (voir page lii).
Les sensations douloureuses sont amoindries et abolies par les narcotiques (morphine) et par les anesthésiques (éther, chloroforme), et cola, paraît-il, à la suite d'une paralysie des centres psychiques surtout.
Sensibilité générale. — Sous ce nom nous comprenons une foule de sensations, toutes assez peu spécifiées (dans notre sens intime), et qui ont des analogies plus ou moins marquées avec les sensations douloureuses surtout,
mais aussi avec les sensations du toucher. Plusieurs d'entre elles semblent même ne pas être produites par des nerfs centripètes, mais par une influence agissant directement sur les centres nerveux, par exemple une composition anormale du sang. De ce nombre sont : la faim, la soif, le dégoût, la fatigue^ Vhorripilation, le vertige, le chatouillement, la volupté, le bien-être etc. etc. — La douleur est ordinairement rangée dans la même catégorie. — Toutes ces sensations ont à un haut degré le caractère de la subjectivité, et pour, ce motif elles sont souvent nommées sensations internes.