‹ Éléments de physiologie humaine, à l'usage des étudiants en médecine (volume 2)Chapitre 126 sur 132 · SENJS-MUSCULAIRE, SENS DE L'ÉQUILIBRE · texte numérisé non relu

SENJS-MUSCULAIRE, SENS DE L'ÉQUILIBRE

On admet aujourd'hui l'existence de deux autres espèce? de sensations, très-obtuses, très-peu caractérisées pour notre sens intime. Ce spnt plutôt des innervations centripètes qui ne deviennent, pas très-conscientes, et qui souvent se bornent à provoquer des actes réflexes très-importants dans l'équilibration de notre corps. Il s'agit du sens musculaire et du sens de l'équilibre.

SéiiS 'musculaire. ■ — ^ les nerfs sensibles des muscles (page 48) né donnent lieu ni à des sensations tactiles, ni à des sensations douloureuses (ce dernier point est toutefois corifroversé); mais ils nous renseignent sur le degré de contraction de nos muscles. C'est grâce à ces sensations que nous pouvons graduer (à volonté) en vue d'un but à atteindre rinnervaïiôn Je nos muscles. " . ■ ,

Le sens musculaire eât pltis oh moins suppléé par lé s'ehstâctiïe; îîîi'ëst cependant pas identique avec lui : une grenouillé écorchée (sans sensations tactiles) saute encore assez bien ; elle ne le peut plus si les racines postérieures des nerfs rachidiéns sont coupés. — A certains égards le sens musculaire surpasse le tact : eti soiipesant à l'aide des muscles de l'àvàiit-'bras les éor^ps 'places sur la main, nous distinguons deux poids qui sont' dans le "rapport de 39 : 40; en plaçant simplement les poids sur la main (appuyée), nous ne lés distinguons (par le tact) que s'ils sont dans le rapport de 29 : 50"(Ë. H. Weber).

Selon toutes les apparences, les sensations musculaires sont produites eh partie seulement par deâ' rieffs sensibles terminés dans les muscles. Les nerfs sensibles des tendons et ceux des articulations y interviennent pour une large

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, - Le eœur, les muscles respiratoires etc. paraissent être dépourvus de cette sensibilité.'' '■ ,,.,• .-.. -^-■■- - ,^-,.. ..• .^

On a découvert dans l'écorce céjcébrale des lobes temporal et pariétal ïes centres psyçiiiques pour, leç sensfltions musculaires. , .

Sens de l'équilibré.— Si" chez un animal on incise lés canaux' semicirculaires membraneux du labyrinthe, l'ou'ïc n'est pas abolfe, mais il survient des troubles caractéristiques de l'équilibration, surtout de la tête, et même de tout le corps (Flourens), analogues à ceux qui résu^ltcnt^d'une ^extirpation, du c(!rvelet (page 1G5). Après incision d'un seul canal (ou opère ordinairement sur les pigeons), il survient une espèce d'oscillation pendulaire delà tête, dont le sens a une relation remarquable avec l'orientation (dans la tête) du canal

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blessé. Après incision du canal horizontal, la tête oscille de gauche à droite, et vice versa. Après blessure du canal vertical postérieur (transversal par rapport à la tête), le tête oscille d'avant en arrière, et même tout l'animal fait la culbute. Les lésions du canal vertical antéro-postéricur occasionnent aussi des mouvements de pendule de la tète d'avant en arrière. — Après destructionr de tous les canaux, on observe des oscillations diverses de la tête, et l'animal ne peut plus guère se tenir en équilibi'e. — Des excitations électriques (Breuer) ou chimiques (Landois) des canaux membraneux mis à nu produisent les mêmes oscillations.

Ces mouvements, souvent visibles seulement lorsque l'animal se déplace, peuvent durer des mois, s'améliorer et disparaître. — On les a observés sur des pigeons, des poules, des grenouilles, des lapins, des chiens etc.

On se figure qu'au moment où la tête se déplace dans l'une ou l'autre direction, l'endolymphe tend à se déplacer, ou au moins à comprimer plus particulièrement un endroit des canaux semi-circulaires. Il en résulterait une sensation renseignant sur le sens du déplacement (actif ou passif) de la tête. Les trois canaux, orientés suivant les trois dimensions de l'espace, semblent disposés pour renseigner de cette manière sur n'importe quel déplacement de la tète. Le nerf excité serait la branche du nerf acoustique qui se rend dans les crêtes acoustiques des ampoules. Nous aurions là une terminaison périphérique d'un nerf affecté au « sens de l'équilibre ». — Après incision des canaux membraneux, l'endolymphe s'écoule; il s'en suivrait un résultat sensoriel analogue à celui produit par un déplacement de la tête, c'est-à-dire des illusions sur la position de la tête, et redressement consécutif.

Les idées sur l'interprétation à donner à ces résultats expérimentaux sont du reste loin d'avoir pris une forme et une précision tout-à-fait satisfaisantes (voir les travaux de Goltz, 3lAcn, Breuer etc. Cyon a émis l'opinion, assez peu plausible^ d'après laquelle les canaux semi-circulaires seraient un organe pour des sensations de l'espace).

Dans la maladie de 3Iénière, caractérisée par des vertiges, on a trouvé des lésions du labyrinthe.

A diverses reprises, on a essayé d'expliquer les troubles de l'équilibre par des lésions conco- ■ mittantes (hypothétiques) du cervelet ou des corps restiiormes (les lésions de ces parties produisent réellement des troubles de l'équilibre, des mouvements forcés; voir pages iCa et 168).

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