‹ Éléments de physiologie humaine, à l'usage des étudiants en médecine (volume 2)Chapitre 31 sur 132 · ans · texte numérisé non relu

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Les pulsations s'accélèrent sous l'influence de l'exercice musculaire, de la station verticale, du travail de la digestion, de l'abaissement de la tension artérielle, des émotions et des sensations douloureuses, de l'élévation de la température, par l'action de beaucoup de substances toxiques ou médicamenteuses. Les variations diurnes des pulsations cardiaques suivent à peu près celles de la température interne (Vierordt).

(1) Quételet, Sur l'homme et le développemenl plitjsique de ses facultés, 1833.

Chez les mammifères, le nombre des pulsations est en raison inverse de la taille : cheval 30-40, bœuf 3S-42, mouton 68-80, chien de taille moyenne 90-100, lapin 140 et plus par minute.

Circulation dans les parois du coeur. — La substance musculaire du cœur de grenouille est dépourvue de vaisseaux (Hyrtl). La paroi se nourrit par imbibition. D'ailleurs chez les animaux à sang froid la pulsation cardiaque {et d'une façon générale toute contraction musculaire) s'ejBfectue sans grande dépense de matériaux nutritifs. Un cœur de grenouille extrait du corps et auquel on fournit de temps en temps quelques gouttes de sang, ou d'une solution d'albumine, continuera à battre pendant des heures et des journées entières.

Les échanges nutritifs qui ont leur siège dans le cœur, présentent une intensité beaucoup plus grande chez les animaux à sang chaud, le lapin, le chien, l'homme, etc. Aussi les parois de l'organe y sont riches en vaisseaux. Le cœur d'un mammifère extrait du corps ne continue ses pulsations que pendant quelques minutes ; il a vite épuisé la provision de matériaux nutritifs qu'il contient. On provoque également l'arrêt rapide du cœur resté en position normale dans la poitrine, en pratiquant la ligature des artères coronaires.

Briicke (1854)(1) a mis en avant une théorie fort ingénieuse concernant l'action adjuvante que la circulation des artères coronaires exercerait sur la pulsation du cœur [Selbststeuerung , automatisme du cœur).Brûcke admet (avec Thebesius) que les valvules sigmoïdes de l'aorte, brusquement écartées au moment de la systole ventriculaire, viennent s'appliquer contre les orifices des artères coronaires, qu'elles bouchent temporairement. Ces artères ne recevraient pas de sang au moment de la systole; et grâce à cette particularité, la substance musculaire du ventricule en se contractant, n'aurait pas à surmonter l'obstacle supplémentaire créé par un afflux systolique de sang dans ses interstices. La systole ventriculaire passée, les valvules sigmoïdes se referment en découvrant les orifices des artères coronaires dans lesquelles le sang se précipite. L'afflux brusque du sang pendant la diastole favoriserait la dilatation des cavités du cœur en produisant une espèce d'érection de leurs parois.

Cette théorie a été combattue par Hyrtl (1854), v. Wittich (1857), RUdinger (1859), Ceradini (1872), etc.

III. PRINCIPES D'HYDRAULIQUE SERVANT DE BASE A L'ÉTUDE DE LA CIRCULATION DANS LES VAISSEAUX (2) .

Mouvement uniforme des liquides dans des tubes rigides. —

Une pi'ession exercée à la surface d'un liquide, se transmet également dans tous les sens (principe de Pascal). Le principe d'égalité de pression a pour corollaire le suivant : quelle que soit la forme d'un vase rempli de liquide, la pression supportée par une portion de la surface immergée S, est égale au poids d'une colonne de liquide ayant pour base la même surface S et

(1) Brùcke, Wiener Sitzungber, iS'M.

(2) E. II. et W. Weder, Wcllenlchre, 182Uj Volkmann, //amod//wam27<;, 1850j Dondeus, Physioto(/ie, ISSSjLudwic, Phi/siotogie,i8Qi jUIauev, Travaux, 187y;MoEivs, Pulscurvc, IS78.

CIRCILATION DU SANG.

pour hauteur la distance verticale H qui sépare la surface considérée du niveau du liquide : P = SXH.

Si l'on fore un orifice dans la paroi, la pression hydrostatique exercée jusque là sur cette paroi, se transforme en une autre forme de l'énergie, en mouvement; le liquide s'écoule en un jet dont la force dépend de la pression hydrostatique. Dans ces conditions, la vitesse d'écoulement libre du liquide v (abstraction faite des résistances au niveau de l'orifice) sera théoriquement la même que celle d'un corps tombant librement dans le vide de la même hauteur H :

g représente ici l'intensité de la pesanteur, c'est-à-dire 9.8". (Théorème de Torricelli, 16-^5).

Si l'écoulement se fait, non par un orifice percé en mince paroi, mais par un tube plus ou moins long, opposant une certaine résistance à l'écoulement, les frottements absorbent une partie de l'impulsion initiale du liquide et l'écoulement se fait avec une vitesse d'autant plus faible, que la longueur l du tube est plus grande et que son rayon R est plus petit. D'après le théorème de Poisseuille {l8Ao), le volume V qui s'écoule dans l'unité de temps (entre certaines limites expérimentales) sera représenté par la formule empirique :

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