‹ Éléments de physiologie humaine, à l'usage des étudiants en médecine (volume 2)Chapitre 34 sur 132 · Tracé sphygmographique montrant le tlicrotismc · texte numérisé non relu

Tracé sphygmographique montrant le tlicrotismc

Fig. 59. — Tracé sphygmographique (amplifié cinq fois).

longtemps et s'opère graduellement. La descente est interrompue un instant par l'ondulation secondaire ou dicrote (a) qui doit son origine à la fermeture des valvules sigmoïdes de l'aorte. On observe fi'équemment dans les tracés d'autres ondulations moins importantes, l'une [i) précédant l'ondulation dicrote, les autres (ee) la suivant. Leur interprétation est encore entourée d'obscurité.

L'ondulation dicrote (a) est d'autant mieux marquée que les parois artérielles sont moins tendues, c'est-à-dire que la

pression artérielle est plus faible (dans la fièvre typhoïde par exemple). L'ondulation dicrote (a) parait se propager avec la même vitesse que l'ondulation principale A (contesté par Landois), c'est-à-dire que la distance relative qui sépare a de A est la même, que l'on ait pris le graphique sur une artère voisine du cœur (carotide) ou sur une artère fort éloignée (pédicusc). A mesure qu'on s'éloigne du cœur l'amplitude des pulsations artérielles diminue, elle s'use par les frottements. L'ondulation dicrote surtout diminue très rapidement d'intensité dans les petites artères.

L'existence de l'ondulation dicrote avait été méconnue et même niée par Vicrordt, Pinvcnleur du premier sphygmographe. On peut se convaincre de sa réalité par diflércnts autres moyens. On peut photographier sur une plaque sensible, se déplaçant d'un mouvement régulier, la silhouette du poignet au niveau de l'artère radiale. L'ombre de rartèrc à différents degrés d'expansion, laisse sur la plaque une image durable qui rappelle les graphiques du sphygmographe.

(1) L'appareil complet coûte 100 marks, c'est-à-dire 125 francs. L'horloge à secondes se paie à part.

CIIAIMTIŒ m,

Si à rexemplc de Landois, on reçoit le jet de sang rouge et saccadé qui s'échappe d'une artère coupée en travers, sur une large bande de papier que l'on déplace à mesure, on recueil-

Fig. (jl. — Tracé liénuuUographique obtenu en recevant sur une bande de papier le jet de sang provenant de la carotide d'un chien.

lera un tracé hémautoyraphique en tout semblable aux tracés sphygmographiques. (Comparer

la fig. 61 avec les fig. S9 et 60.)

Le dicrotisme du pouls peut être facilement démontré optiquement. On colle un petit

fragment de mirou' sur la peau au niveau de l'artère radiale, là où son mouvenient d'expansion est le plus accentué. On fait tomber sur le miroir un pinceau de lumière, un rayon de soleil par exemple et l'on observe l'image vacillante réfléchie par le miroir. On constate que cette image exécute à chaque pulsation un mouvement Fig. 62. - Sphygmoscope a gaz de Landois. très-étendu de va-et-vient correspondant

à la pulsation principale de l'artère, et un mouvement secondaire plus petit combiné avec la seconde partie du premier et qui correspond à la pulsation secondaire ou dicrote.

Enfin le sphygmoscope à gaz (fig. 62) (Landois) peut servir également à constater la pulsation et son dicrotisme par le vacillement de la flamme d'un petit bec alimenté par un courant de gaz dont le débit se trouve influencé par l'état d'expansion de l'artère. Le tuyau qui amène le gaz présente une portion ouverte, en forme de gouttière {a fig. 62). La partie du poignet correspondant à l'artère est appliquée sur cette gouttière de manière à fermer la solution de continuité, à compléter le canal. Le passage du gaz y subit un léger obstacle à chaque mouvement d'expansion de l'artère.

Vitesse de propagation de l'onde du pouls. — Il est facile de déterminer cette vitesse an moyen de denx (ou plusieurs) sphygmographes à transmission A et B appliqués par exemple l'un, A, au pli du coude, l'autre, B, au poignet. Les plumes des tambours enregistreurs qui leur correspondent écrivent exactement l'une en dessous de l'autre. Supposons que le sphygmographe B soit placé à 24 centim. du sphygmographe A et que le graphique de B soit en retard du graphique de A d'une longueur de papier correspondant

0.24 à 3 centièmes de seconde. La vitesse V sera de — -— = 8 mètres par seconde.

O.Oo

Cette vitesse a été trouvée comprise entre 6 et 9 mètres chez l'homme. Elle est donc assez considérable. II ne faut pas confondre la vitesse de propagation de l'ondulation du pouls avec la vitesse de progression du sang dans les artères, qui est infiniment plus faible (à peine 1/2 mètre par seconde dans les grosses artères; beaucoup moins dans les petites artères).

CinCULATIO UL b\M,. 8/

Pression artérielle. — Quand on coupe une arlèrc en lia vers, on voit s'échapper du bout central avec une grande force, un jet de sang rutilant et saccadé. Steplicn Haies (1735) mettant une artère coupée en travers en rap])ort avec un tube vertical, vit le sang monter dans le tube à une hauteur de plusieurs pieds et s'y maintenir en présentant des oscillations correspondant aux pulsations cardiaques.

Le tube de Haies tout en étant fort encombrant, peut servir à mesurer la valeur de la pression artérielle; mais il est plus commode de mettre l'intérieur

Fij;. 65 et di. — DUTérents types de manomètres à mercure; 1. Jlaiiomèlre de Poissciiillc. 2. Manomètre de Gueltet (cardiomètre de Magendie). ô. Jlanomèli'e com])cnsateui' de Blarey, fournissanl la pression moyenne (grâce au rétrécissement (jui se trouve dans le tube vertical, 1857).

d'une artère en rapport avec un manomètre à mercure, et de noter la hauteur à laquelle s'élève le mercure dans la branche libre (Poisseuille 1829). Les fig. 63 et 64 montrent trois formes de manomètres à mercure. On interpose une solution de carbonate de Sodium (densité 1085, Thaube) entre le mercure et le sang, pour éviter la coagulation à l'intérieur de l'appareil. En 1847, Lud^vig transforma le manomètre à mercure en appareil inscripteur des variations de pression; « il inaugura l'emploi en physiologie de la méthode graphique, .si sûre et si simple, qui donne aux expériences des physiologistes la rigueur et lu clarté de celles des physiciens (Mauev). »

La fig. 65 représente schématiquemeiit le kyinographiou (hû/xoc, oniic ; 7pâ<|)w, j'écris) de Ludwig(l). M est un manomètre en U à mercure; le flotteur f repose sur le mercure dont il suit fidèlement toutes les oscillations; il se continue supérieurement en une tige portant une plume. Celle-ci trace toutes les variations de la tension artérielle sur un cylindre tournant A, recouvei-t de papier enfumé. Le manomètre en U du kymographion fournit un graphique qui représente directement en centimètres de mercure, la valeur absolue de la pression à chaque instant de l'expérience. Quand le mercure monte d'un centimètre dans la branche ouverte du manomètre en U, il descend d'un centimètre dans l'autre branche : la dillercnce de niveau qui mesure la pression

(I) LiDwiG. Arc/iiv f. Annl. u P/ti/.^wL. lHi7- ]>. t-M'i. Tali. X-XIV

CIIAI'ITUE m.

dans ce cas est de 2 centimètres. Pour avoir la pression réelle en centimètres de

mercure, il suffit donc de multiplier par 2 les hauteurs inscrites sur le cylindre.

Les manomètres à mercure présentent cependant un défaut, c'est qu'ils sont incapables de suivre et de traduire lidclcraent les phases délicates de changements rapides de pression, à cause de l'inertie considérable présentée par la masse du mercure en mouvement (1). Chaque ibis que le mercure s'élève brusquement, il est projeté au-dessus du point qui eût exprimé le maximum véritable de la pression; inversement, à la fin d'une descente brusque, le mercure tombe au-dessous du minimum réel. Cependant ce défaut est moins sensible qu'on ne serait tenté de le croire. D'ailleurs dans la pratique des

Fig. 65. — Schéma du kyningraphion de Ludwig. Appareil destine à enregistrer les variations de la pression artérielle. BI, manomètre, /, flotteur muni d'un style écrivant, C, cylindre enregistreur.

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Fig.tifî. — Crnpliifjue de la pression carotidiennc du cliien, prise au moyen du kj mogiapliion (le l.udwig. (Doubler les chillres de récliellc mélricpie pour avoir la |ii'essiou en cenlinièlres (le liiciciiic.) Ku lias grajdiique ros|)iriitoire |iris au moyen du |)neinnograplie de Kuoll. (Figure e.\liaitc : de Léon FiusDiiuicQ, ïnjl. do la i-cspir. sur lu circul. Ardu IJiulogic, 1882).

expériences, il suffit le plus souvent d'être renseigné sur la pression moyenne et sur le nombre et le sens des oscillations dues aux pulsations cardia(|ucs et

(1) Voir les travaux de ViEnoKnT, 181)5'; REDTEi\BAcuEn, 18S8; Ficu, ISSiî; Macii, 1862;

. Knirs, 1878.

CIHCCLATION Dl" SA>T.. 89

aux mouvements respiratoires. Le kymographion remplit parraitement ee double but.

Les fig. 66 et 67 représentent des graphiques obtenus respectivement chez le chien et le lapin au moyen du kymographion de Ludwig, La pression est en moyenne de 16 centimètres de mercure chez le chien, de 8 à 10 centimètres

Fig. 67. — Graphique de la pression carotidienne du lapin, pris au moyen du kj'mographion de Ludwig. En haut, grapliique respiratoire pris au moyen d'une sonde œsophagienne reliée à un tambour à levier. (Moreau et LEcnÉMEn. A?'ch. Biologie, 1882).

chez le lapin. Chez l'homme, Faivre a trouvé une pression de 110 à 120™'" de Hg dans la brachiale et la fémorale (dans des opérations d'amputation). Dans l'aorte, on peut l'évaluer de IS à 25 centimètres de mercure.

Voici quelques autres chiffres de pression artérielle obtenus chez différents animaux:

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