Grenouille (artère aorte) (Volkmann
55-84™™ Brochet (artère branchiale) (Volkmann 1850). 70mm Anguille (Jolyet, 1872).
80™™ Poulpe (octopus vulgaris) (Léon Fredericq).
Chez le cheval la pression sanguine prise dans l'artère pulmonaire est d'environ un tiers de la pression carotidienne (Chauveau et Faivre 1856).
Chez un chien où le bout central de la carotide coupée en travers accusait une pression de 214™™ (pression latérale dans l'aorte), le bout périphérique ne donnait que 1 54™™ de Hg de pression (en réalité, c'est la pression dans le cercle artériel de Willis) [cité d'après Steiner, Physiologie].
La pression diminue lentement dans les artères à mesure qu'on s'éloigne du cœur (Volkmann 1850).
Les graphiques obtenus au moyen du kymographion montrent des variations périodiques de la pression sanguine de différentes espèces. Les plus petites et les plus fréquentes correspondent aux pulsations cardiaques : le passage de chaque onde pulsatile s'accompagne donc d'une élévation passagère de la pression artérielle. Les oscillations plus étendues qui embrassent plusieurs systoles ventriculaires sont isochrones avec les mouvements respiratoires du thorax (Lumvic). Chez le lapin et la plupart des mammifères, la pression baisse dans les artères pendant l'inspiration et monte pendant l'expiration. (Legros et Griffé, 1885.) Chez le chien (Einbrodt) et le porc, les rapports sont inverses: la pression artérielle monte à l'inspiration pour redescendre pendant l'expira-
lion. Les causes de ce phénomène seront longuement étudiées à la fin du chapitre de la respiration.
Les oscillations respiratoires peuvent parfois se grouper en larges ondulations, oscillations vaso-motrices de Sigm. Mayer, qui sont probablement dues à un changement périodique dans les résistances que le sang éprouve à traverser les petites artères du corps. Quand le calibre de ces artères diminue par suite du resserrement de leur paroi, le sang s'accumule en amont dans le système artériel, d'où augmentation de pression. Au contraire la dilatation des petites artères permet au sang de s'écouler plus facilement, plus rapidement, d'où baisse de la pression artérielle. (Volkmann, Hiimodynamik dSSO.) Manomètres élastiques. Dans les manomètres élastiques, c'est-à-dire ceux où le poids du
mercure est remplacé par l'action d'un corps élastique faisant ressort, on est moins exposé aux erreurs dues à l'inertie. Si la masse mise en mouvement est petite, elle pourra traduire fidèlement les phases les plus subtiles des variations de la pression artérielle qui accompagnent chaque pulsation.
Un manomètre élastique facile à construire en tous temps (au moyen de tubes de verre, de bouchons de caoutchouc et d'un doigtier en caoutchouc) est celui que Marey a appelé Sp/iygmoscope (1865). La fig. 68 montre à gauche les pièces dont il se compose et à droite la façon de les assembler. Le sphygmoscope consiste en une ampoule élastique (en forme de doigt de gant) à l'intérieur de laquelle on fait arriver la pression du sang d'une artère.
Fig. 68. — Sphygmoscope de Marey (Manomètre élastique).
A cet effet, le tube inférieur (de la fig. 68) est relié à l'artère par l'intermédiaire d'un caoutchouc.
Fig. 69. — Manomètre métallique de Marey. L'ampoule se dilate ou se resserre, suivant que la pression qui agit à son inléricur augmente ou diminue; ces changements de volume produisent des déplacements d'air du gros tube dans
lequel est logée rampoulc. Le lube supérieur qui pnrt de celte chambre à ;iir, est relié à un tambour à levier par lequel s'inscrivent les déplacements.
La fig. 86 montre un autre modèle de manomètre éinslique dû à Marey. Le tnlie T fait communiquer Tarière avec un réservoir métallique creux et extensible m (capsule de baromètre anéroïde). Les changements de volume de ce réservoir sont transmis au tambour à levier t et s'inscrivent sur la surface p. — Un manomètre à mercure b sert à contrôler à chaque instant et à graduer les indications de l'instrument. En ell'et tous les manomètres élastiques, aussi bien que les sondes manométriques sont des instruments à échelles arbitraires; ils ont besoin d'être gradués comparativement avec un étalon, c'est-à-dire avec un manomètre à mercure.
La fig. 70 montre un modèle de manomètre élastique (manomètre de Bourdon) dû à Fick (186'i)(') et fréquemment employé en Allemagne. Il est construit sur le même principe. L'intérieur du ressort creux R est en rapport avec l'intérieur de l'artère A. Les mouvements d'expansion du ressort R correspondant aux changements de la pression artérielle, sont transmis au levier inscripteur S>
Mesure de la pression artérielle chez l'homme. —Marey (1878) a cherché à mesurer la pression du sang chez l'homme (en l'absence de toute
Fig. 70. — 3Ianomèlre élastique de Fick.
Fig. 71. — Appareil de Marey poui" la mesure de la pression sanguine ciiez l'homme. (.Mauey, Travaux du luboraloire, 1878 et 1879.)
lésion Irauinatiqiie), par la valeur manométrique de la contre-pression nécessaire pour eiiii)èchcr l'accès du sang dans le bras ou le doigt. La fig. 71 montre
(1) Fick. Arrh. f. Ai^nl . n P/n/s., ISU.
92 CHAPITRE m.
l'appareil employé pour comprimer le doigt (manchon M rempli d'eau et communiquant avec la pelotte à compression C) et mesurer le degré de la compression (manomètre b). v. Basch a construit dans le même but un Sjjhygmomanomètre, appareil formé essentiellement d'une pelote élastique creuse remplie de mercure, qui presse sur l'artère; la valeur de la pression est donnée par un manomètre à mercure et prise au moment où la pulsation est interrompue dans l'artère en aval de la pelote.
Influences qui modifient la pression artérielle moyenne.
— La pression élevée qui règne dans les artères provient d'une part de l'action foulante du cœur qui y accumule une grande quantité de sang et d'autre part des obstacles que ce sang rencontre à l'écoulement du côté des artérioles et des capillaires. La presssion moyenne tend à baisser dans les artères : 1° quand le cœur diminue le nombre ou l'amplitude de ses battements (voir innervation du cœur), ou qu'on empêche par une ligature ou par compression, l'action du cœur de s'exercer sur les vaisseaux ; 2" quand les résistances que le sang éprouve à l'écoulement diminuent par suite de la dilatation des petites artères (voir innervation des vaisseaux); 5° quand à la suite d'une hémorrhagie, de sécrétions profuses, etc. la quantité totale de sang se trouve diminuée.
La pi'ession tend à monter dans les circonstances opposées : suractivité du cœur, rétrécissement des petits vaisseaux par excitation des vaso-constricteurs, transfusion d'une grande quantité de sang. D'après Ludwig,\Vorm Millier (1873) et Lesser (1874), des variations relativement considérables dans la quantité
totale de sang (provoquées par la saignée ou la transfusion) ne modifient que fort peu la valeur de la pression sanguine.
Le centn; modérateur du cœur et les nerfs arrestateurs du pneumogastrique constituent un appareil régulateur de la pression sanguine. Chaque fois que la pression artérielle monte au-delà de la limite normale, cette augmentation de pression agit comme un excitant sur ce centre d'arrêt, d'où modération des pulsations cardiaques et retour à la pression primitive.
Vitesse du sang dans les artères. —
La vitesse d'écoulement du sang ne doit pas être
„. ,, "7 ! r~j T^. confondue avec la vitesse de propagation de l'onde Fig. 72. — Compteur de Liuhvig , .„. ^
pour mesurer la vitesse d'ccou- du pouls. La première est mhniment monis consi-
îement du sang. dérable que la seconde. La vitesse moyenne du
sang atteint à peine 50 centimètres par seconde dans l'aorte et 50 à 40 centimètres dans les grosses artères qui en partent.
A mesure qu'on s'éloigne du cœur la vitesse du sang va en diminuant. En effet cette vitesse est en raison inverse de la somme des aires correspondant à une section de l'appareil circulatoire (voir p. 7G), puisque la quantité de sang (jiii passe à chaque pulsation par une section quelconque de l'appareil
CIUCl'LATION nu SANC.
circulatoire est constante (i 80 grammes). On sait que la somme des calibres" des branches qui naissent d'une artère est toujours supérieure au calibre de l'artère elle-même (sauf pour le cas de la division de l'aorte en iliaques primitives). La capacité de l'arbre circulatoire va donc en croissant à partir du cœur jusqu'aux capillaires : la vitesse du sang doit diminuer dans les mêmes proportions.
Instruments qui servent à mesurer la vitesse du sang. — V'olkmann(l) (18o0), avait imaginé un long tube de verre que l'on intercalait sur le trajet du sang et dans lequel on notait la vitesse de déplacement de la colonne sanguine (hémodromoinètre). Cet instrument n'a plus qu'un intérêt historique.
Le compteur de Ludtvigi^) (fig. 72) mesure le débit moyen du vaisseau sur lequel on l'intercale. Si l'on connaît la surface de section de Tartèrc, on pourra facilement calculer la vitesse du sang. L'instrument se compose de 2 parties, l'une A' B' fixe, en rapport avec les 2 bouts coupés de l'artère; l'autre, le compteur (double réservoir jaugé en verre) proprement dit AB, est mobile autour d'un axe vertical. Les deux pièces sont percées d'un canal qui se continue avec la lumière de l'artère. La mobilité du compteur AB permet de faire communiquer à volonté A avec A', B avec B' ou bien A avec B', B avec A'. Au début de l'expérience A est rempli d'huile, B rempli de sang; au moment où l'on établit la communication avec l'artère, le sang artériel arrivant par A', pousse l'huile de A en B et prend sa place en A. Dès que la limite de l'huile et du sans; affleure à un trait de repère, on fait faire un demi tour à la pièce AB, de manière à faire communiquer B (rempli d'huile cette fois)avec A'. L'huile est poussée de B en A et ainsi de suite. La masse d'huile passe ainsi alternativement de A en B et de B en A et est chaque fois remplacée par une quantité équivalente de sang. Le nombre de tours imprimés au réservoir jaugé AB indique la quantité de sang qui passe par l'appareil.
Pour apprécier les variations de vitesse du sang, qui accompagnent c]ia([ue pulsation, Vicrordt(â) (1858) avait imaginé un instrument {hémotachomètre) basé sur l'emploi du pendule hydrostatique (dont les ingénieurs se servent pour mesurer la vitesse d'un courant d'eau). Presque à la même époque (1860). ChauveauW construisit son Iiémodromomèlre (fig. 75). Cet instrument est formé d'un tube de laiton SE qui se place sur le trajet de la carotide d'un cheval, de telle sorte que le courant entre en E pour sortir en S. Une aiguille mobile C
Vin. 71). — Hcmodromomctre de Cliaiiveau.
(1) VoLKMAMN, Iliimodynamik, 18o0.
(2) Dor.iEL, lier, der Sachs. Ges., 1867.
(5) ViEnoRDT, Erscheinunçien der Strnmripscliinindigkeitcn, etc., I8o8.
{■i) CiiAUVEAU, Journ. de la Phijsiot., I8C0; Lortet, Recherches, elc, Paris, 1867.
94 CHAPITRE m.
traverse ce tube de manière que son extrémité c' en forme de palette baigne dans le courant sanguin dont elle reçoit le choc. L'amplitude et le sens des déviations de cette aiguille se lisent sur un cadran divisé, soudé au tube de laiton lui-même. On voit en m sur le trajet du tube, une ouverture circulaire:
Fig. 74: — Hémodromographe Je Cliauveau et Lortet (associé à un spliygmoscope de Marcy).
c'est la lumière d'un autre tube branché perpendiculairement à celui que traverse le courant sanguin; sur ce branchement on applique un sphygmoscope afin de saisir les phases des variations de pression du sang en même temps que celles de sa vitesse. A gauche de la figure est une vue de profil de l'instrument destinée à montrer comment l'aiguille plonge dans le courant sanguin. On gradue l'instrument empiriquement avant de s'en servir en le faisant traverser par des courants liquides à vitesse connue.
La fig. 74 montre une disposition nouvelle de l'instrument transformé en hémodi'omographe c'est-à-dire inscripteur de la vitesse du sang. If est le tube (jue traverse le courant sanguin et p, l'aiguille munie d'une plume qui trace ses oscillations sur une bande de papier sans fin entraînée par un mouvement d'horloacrie.
Fig. 7U. — Graphique des variations de vitesse du sang dans la carotide du cheval. Hémodromographe.
La fig. 7;j montre les variations qu'éprouve la vitesse du sang dans la carotide du cheval. La ligoe horizontale correspond au zéro de la vitesse; c'est
celle que tracerait l'aiguille de riiémodromographe si l'on ai'rctait le cours du sang en pinçant l'artère. Toutes les parties de la courbe sont situées au-dessus de la ligne du zéro: la vitesse est donc toujours positive même pendant le repos du cœur, mais elle est alors faible, tandis que l'impulsion du cœur lui donne d'énergiques renforcements.
La fig. 7C représente un appareil inscripteur de la vitesse des courants liquides, imaginé par Marcy, mais qui malheureusement n'est guère applicable sur l'animal vivant, à cause de la coagulation du sang, qui se produit dans l'appareil. Deux tubes de Pitot (tubes ouverts coudés en L) sont plongés dans le courant liquide, l'un d'eux a son ouverture dirigée vers l'amont, l'autre vers
Fig. 7(3. — Appareil de Marey pour rinscription des vitesses d'un courant de liquide. Tubes de Pitot agissant sur un tambour à levier par rinlermédiaire de capsules à air.
l'aval. Les différences de pression que supportent ces deux orifices dépendent de la vélocité du courant et se transmettent par l'intermédiaire de 3 capsules à air à un tambour à levier.
Volkmann (I8o0)évalue à 500"'"' par seconde, la vitesse moyenne du sang dans la carotide du cheval, à 175""", cette même vitesse dans l'artère maxillaire et à 56'"'" dans l'artère métatarsienne. Chez le lapin Ludwig et Dogiel trouvèrent pour la carotide des chiffres compris entre 100 et 200""" par seconde et chez le chien entre 200 et 500"'"' pour la même artère. Cliauveau a constaté au moyen de l'hémodromographe, qu'à chaque pulsation, la vitesse du sang subit des variations périodiques très-considérables. Dans une expérience faite sur la carotide du cheval les maxima cori'cspondaient à une vitesse de 520'"°' par seconde, les niinima à 150'"'". La vitesse peut même dans certains cas, d'après Chauveau, devenir négative dans les artères voisines du cœur, au moment de a feruîctiirc des valvules sigmoïdes.
CHAllTRE 111.