RÉGULATION DU SYSTÈME VASCULAIRE
S'il est un fait bien constaté dans l'histoire de la circulation, c'est qu'à l'état physiologique, la pression sanguine moyenne se tient toujours, et avec une constance remarquable à un même niveau. L'effet principal de cette circonstance est de régulariser autant que possible les phénomènes de diffusion dans la profondeur des organes, entre les sucs interstitiels et le liquide sanguin, à travers la paroi des capillaires; une élévation ou un abaissement durable de cette pression aura pour effet inévitable d'altérer cette diffusion. La pression est-elle exagérée, il s'établit une filtration anormale de certains principes vers le liquide parencbymateux; est-elle au contraire diminuée, la filtration sera encore altérée. Dans l'un et l'autre cas, le milieu liquide qui baigne les éléments cellulaires est altéré, la nutrition de ces derniers sera anormale : on verra surgir des faits pathologiques.
Un fait non moins bien constaté, c'est que des influences en nombre considérable tendent continuellement à modifier cette pression dans l'un ou l'autre sens. Ces influences ont été analysées dans les pages précédentes; elles proviennent les unes du cœur, les autres des fibres contractiles des vaisseaux, d'autres enfin du sang lui-même.
Les propriétés des éléments contractiles peuvent être altérées par une composition anormale (lu sang, soit en plus, soit en moins : témoin l'influence de certaines substances sur le cœur (sels de potassium par exemple) et sur les artères (la nicotine par exemple excite directement toutes les fibres musculaires lisses). Mais ordinairement les nombreuses influences nerveuses qui modifient le rythme cardiaque et le tonus vasculaire sont en cause. Une accélération du cœur tend à augmenter la pression sanguine; une vaso-dilatation étendue, par exemple du tube digestif en fonction, de beaucoup de muscles se contractant, de toute la peau éehauflëe, etc., etc., tend à abaisser celte pression; une vaso-constriction de larges territoires, telle qu'elles se produisent si fréquemment à l'état le plus normal (par exemple par le refroidissement de la peau), a l'ell'et inverse. Et dans ce jeu incessant d'influences agissant tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, la pression sanguine se maintient à son niveau habituel, [{appelons aussi que les soustractions et les transfusions de sang même très-co|)ieuscs ne modifient (]ue fort peu, et seulement d'une manière passagère, la pression sanguine générale.
]| est donc évident qu'une augmentation ou une diminution de la pression sanguine tendant à se produire, immédiatement entre en jeu une influence agissant en sens inverse, qui maintient la pression habituelle. Ces influences compensatrices constituent ce qu'on appelle la régulation de In circulation, ou de la pression sanguine. Et comme les causes perturbatrices sont trèsnombreuses, il est àsupposer que les fadeurs compensateurs sont nombreux aussi.