CH., — CO„II
Bouillie en solulion aqueuse, mieux encore avec des acides dilués, la créatine élimine de l'eau transforme en créatinine (C4 II, N3 0), forte base organique. C'est à cette transformation qu'est et se due la créatinine qu'on extrait également des muscles, et quelquefois des urines (on la trouve en effet dans les urines, à côté d'un peu de créatine). Bouillie avec la baryte, la créatine se transforme en donnant naissance notamment à l'urée et à la sarkosine (métbylglycocoUe).
On connaît d'autre part les affinités chimiques de l'hypoxauthine (Cg H4 ^4 0). de la xanthine (C^; II4 N/, 0„) et de l'acide urique (C^ II4 N^ O3). L'hypoxantbine se transforme en xanthine. Les formules de ces deux corps dénotent des affinités évidentes avec celle de l'acide urique, dars lequel ils se transforment probablement dans l'organisme. L'acide urique se décompose de son côté en donnant naissance notamment à de l'urée et à de l'acide oxalique, deux corps dont la quantité est augmentée dans les urines après l'ingestion d'acide urique.
Voilà pour la forme sous laquelle l'azote se trouve dans les muscles; c'est-à-dire il y est surtout sous forme de substances albuminoïdes.
4" En fait de substances liydrocarbonées, il y a toujours dans les muscles d'animaux bien portants et reposés des quantités notables de ghjcogène, et des traces de (jhjvose qu'on suppose être dérivée du glycogène. On a signalé, surtout dans le cœur la présence de VinosUc, une espèce de sucre (alcool polyatomique).
5" Outre la graisse interstitielle, abondante chez les animaux gras, il paraît y en avoir dans le contenu du sarcolcmme.
0" La rouleiir rouge de beaucoup de muscles ne tient pas à la présence du sang, mais d'un peu d'hémoglobine dans la substance contractile (Kiteiine).
7° Le muscle reposé a une réaction neutre ou légèrement alcaline (du Bois- Reymond).
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8° En fait de gaz, nous avons à signaler la présence de l'oxygène et de l'anhydride carbonique, en quantités très-variables (v. pi. loin); ces gaz ne s'y trouvent pas toutefois à l'état libre, mais dans des combinaisons très-instables, qui se dissocient dans le vide.
9° Les cendres musculaires (c'est-à-dire les principes inorganiques) renferment surtout du phosphore et du potassium, ces deux principes caractéristiques de tout élément figuré, ainsi que du chlore. Elles renferment donc beaucoup de phosphate et de chlorure de potassium. Mais on ne sait pas exactement sous quelle forme ces principes sont dans le muscle vivant (le phosphore sans doute en partie dans de la lécithine et de la nudéine). On y trouve en quantités beaucoup plus petites Na, Mg, Fe, SOJIo, etc.
B) Changements chimiques du muscle actif. Les contractions des muscles, même isolés, effectuant réellement des travaux considérables et dégageant du calorique, il faut nécessairement que les muscles empruntent à leur substance l'énergie nécessaire à cet effet. Quant-à la source de cette énergie, nous n'en voyons guère d'autre possible que les réactions chimiques se passant dans la substance contractile, réactions dans lesquelles des affinités chimiques se saturent plus intimement.
On a essayé de pénétrer par deux voies les réactions chimiques qui ont lieu dans le muscle actif : a) en comparant les dépenses, en fait de produits de la métamorphose régressive (excrétions), de l'organisme exécutant un travail musculaire avec les mêmes dépenses de l'organisme au repos; b) en s'attaquant directement au muscle.
Dépenses de V organisme exécutant un travail musculaire. 1" Considérant que les muscles se composent en majeure partie de substances albuminoïdes, on s'était attendu à voir l'excrétion de l'urée, c'est-à-dire l'élimination de l'azote, augmenter lors du travail musculaire. Des observations mal faites et encore plus mal interprétées avaient paru confirmer cette hypothèse, dont les traces se retrouvent encore dans les désignations erronnées « d'aliments plastiques » et « respiratoires. » Contrairement à l'attente, il s'est trouvé qu'un homme (ou un animal quelconque) travaillant fortement n'excrète pas plus d'azote qu'un homme en repos. C'est là une vérité confirmée unanimement par tous les observateurs, depuis que Fick et Wislicenus l'eurent constatée sur eux-mêmes lors d'une ascension du Faulhorn.
Si à la suite d'un travail excessif l'azote excrété augmente quelquefois, ce n'est que dans une mesure très-faihlc (ô à i grs. d'urée en plus par jour), n'expliquant pas du tout l'origine de l'énergie dépensée comme travail; il semble qu'il faut l'envisager comme résultant de la destruction de quelques fibres musculaires surmenées.
2" Ce qui est considérablement augmenté lors du travail musculaire, c'est l'excrétion de CO- par les poumons, et l'absorption d'O par la même voie. L'accélération de la respiration qui résulte de tout travail musculaire est une conséquence de ce fait, qui du reste est établi à l'abri de toute objection par de nombreuses*analyses des gaz de la respiration (voyez « respiration »).
Hésidiats ohlenus en. expérimentant sur des muscles isolés. En résumé, il y a: <légngcmcnt notable de CO- et absorbtioii d'O; disparition du glycogène et formation d'acide lactique, au point de rendre nettement acide la réaction (neutre on iilcalinc) dn muscle reposé.
a) Réaction acide. On mot un papier bleu de tournesol sensibilisé sur un muscle de grenouille lavé au préalable avec la solution physiologique de NaCl, et qu'on tétanise ensuite: le papier rougira bientôt. La réaction des muscles d'un animal surmené (gibier) est toujours plus ou moins acide, et non pas neutre ou alcaline comme celle des muscles reposés (du Bois-Reymond).
b) La réaction acide du muscle actif est duc surtout (sinon exclusivement) au développement cV acide lactique libre (du Bois-Reymond).
c) La diminution du glycogène musculaire est un fait constaté depuis peu seulement (0. Nasse).
L'acide lactique paraît se former aux dépens d'une partie de ce glycogène, mais pas en quantité suffisante pour couvrir la disparition de tout le glycogène. Le reste paraît se brûler en eau et en anhydride carbonique. Nous allons voir que cette combustion du glycogène ne s'opère pas directement; il est probable qu'elle est le résultat de phénomènes successifs d'hydratation avec oxydation, dont les termes ultimes sont l'eau et l'anhydride carbonique. La glycose qui s'est trouvée en plus grande quantité dans les muscles tétanisés que dans les muscles reposés, paraît être un des produits intermédiaires dans cette chaîne de réactions.
La diminution et la disparition du glycogène des muscles actifs est la seule réaction chimique bien constatée qui puisse mettre en liberté une certaine somme d'énergie. Nous admettons donc que du travail musculaire provient de la combustion de principes liydrocarbonés, du glycogène. A mesure que sur le vivant les muscles brûlent leur glycogène, ils en reforment au moyen d'éléments du sang; ce dernier va les emprunter au foie, qui renferme un fonds de réserve de glycogène (le plasma sanguin ne contient pas de glycogène). Aussi le travail musculaire diminue la quantité du glycogène déposé dans le foie, et s'il est excessif, l'en fait même disparaître tout à fait. Il paraît que les muscles actifs en renferment des traces aussi longtemps que celui du foie n'est pas épuisé tout à fait. Mais si on tétanise un muscle extrait du corps, son glycogène est bien vite épuisé, puisqu'il ne peut plus puiser dans la réserve du foie.
cl) C'est du reste une espèce de combustion de principes carbonés dans de l'oxygène qui a lieu dans le muscle actif; cela ressort du fait d'observation que sur un mammifère, le muscle actif emprunte au sang une plus grande quantité d'O, et lui cède en retour une plus grande quantité de CO^. Le sang traverse en plus grande quantité un muscle actif qu'un muscle inactif (Ludwig et Sczelkow), et comme néanmoins au sortir du muscle il est plus noir, ou au moins aussi noir qu'au sortir du muscle inactif (Cl. Bernard), il faut bien que le muscle ait absorbé une plus grande quantité d'oxygène et qu'il ait cédé une plus grande quantité de CO- ([u'à l'état de repos. Ce résultat est en harmonie avec ce que nous avons dit i)lus haut de l'augmentation de la fonction respiratoire de l'organisme travaillant dans son ensemble.
On croyait avoir démontre plus directement encore cette « respiration musculaire, » en déterminant la quantité des gaz absorbés et exlialés par des muscles dont les uns restent en repos, et dont les autres sont excités. On obtient ce résultat en analysant l'atmospbèrc confinée dans laquelle les muscles ont séjourné quelque temps. Il s'est trouvé que le muscle excité absorbe plus d'oxygène et exbalc plus de COo que le muscle nu repos. Mais si on répète la
même expérience en secouant simplement un muscle, et en laissant l'autre au repos, le muscle secoué absorbe à peu près autant d'oxygène que le muscle tétanisé. L'absorption d'O paraît donc être en partie au moins un phénomène cadavérique de la surface musculaire, activé par le renouvellement de l'air à cette surface, que cela ait lieu par des contractions du muscle, ou bien par des secousses imprimées au muscle. Par contre, la quantité d'anhydride carbonique exhalée par le muscle tétanisé l'emporte toujours sur celle du muscle secoué (Herma\n). La formation de COa dans cette expérience semble donc liée en partie au moins à l'excitation musculaire.
Il résulterait de là que la formation de COo dans le muscle actif est tout à fait indépendante de la présence d'O libre dans la substance contractile. Cela s'accorde du reste parfaitement avec cet autre fait que dans l'organisme total travaillant, l'absorbtion d'O ne marche pas parallèlement avec l'excrétion de COa- Pendant le travail, il y a un déficit d'O absorbé, comblé il est vrai dans le temps qui suit le travail, par l'absorption d'une quantité d'O plus grande que ne comporte la combustion de C exhalé (après le travail) sous forme de COg. En d'autres mots,