X. Processus chimiques dans le nerf fonctionnant. — En
supposant que de tels processus aycnt lieu, il faudra naturellement aller à leur recherche dans de grandes masses de fibres nerveuses, dans les centres nerveux, moelle épinière et encéphale. Mais ici les fibres sont mélangées avec des masses de substance grise, de cellules nerveuses, dont le processus fonctionnel intime diffère probablement de celui dans les fibres nerveuses. Force nous sera donc de considérer ensemble les phénomènes chimiques dans la substance blanche et dans la substance grise. Du reste, le seul côté intéressant de cette étude consiste précisément dans le rapprochement que nous ferons sous ce rapport entre les deux espèces de substances nerveuses.
A. Composition chimique du tissu nerveux. — Elle est imparfaitement connue, en partie parce que partout les éléments nerveux sont intimement mélangés à des parties hétérogènes (vaisseaux, sang, tissu conjonctif). Elle diffère notablement des cellules nerveuses aux fibres nerveuses.
La substance grise étant composée surtout de cellules nerveuses, nous devons nous attendre à y retrouver les principes constituants de toutes les cellules, notamment des corps albuminoïdes. — Pour ce qui est des fibres, l'enveloppe de Schwann a des propriétés chimiques intermédiaires entre celles du tissu conjonctif et du tissu élastique; elle semble cependant se rapprocher le plus du dernier (résiste à la plupart des réactifs). Le contenu de cette enveloppe est très-compliqué. Le cylindre d'axe montre beaucoup de réactions micro-chimiques des substances albuminoïdes. La moelle nerveuse, la myéline, de consistance liquide sur le vivant, est composée de diverses substances de la série des corps gras. — On avait isolé de la substance blanche, en l'extrayant par l'éther et l'alcool, de grandes quantités d'une substance non cristallisable qu'on désigna sous le nom de protagone (Liebreich). Des recherches ultérieures (Diaconow et Strecker) tendent à faire admettre que le protagone est un mélange de lécithine, dérivé des corps gras renfermant du phosphore, et de cèrébrine ou acide cérébrique, ne renfermant pas de phosphore. Tous les deux sont solubles dans l'éther. — La question de l'existence comme individu chimique du protagone est cependant loin d'être définitivement résolue.
La cérébrine (C17 H33 NO5) est un glucoside. Caractère important pour expliquer certains aspects des fibres nerveuses mortes : elle gonfle beaucoup dans l'eau. Elle semble faire défaut dans la substance grise tout-à-fait dépourvue de substance blanche.
La lécithine (C42 Hs4 NPO9) est un acide phospho-glycérique dont les deux hydroxyles alcooliques ont fait un échange de leur H avec un radical d'acide gras (variable : oléïque, stéarique, palmitique), et dans lequel un H de l'acide phosphoriquc est remplacé par la base organique puissante, nommée neurine ou choline (qu'on a trouvée d'abord dans la bile, puis dans le système nerveux; dans l'un et l'autre cas, elle provient delà lécithine).
D'autres constituants de la substance nerveuse sont la cholestérine et la
1 15 CIlAI'ITUi: III.
neuro-kératine. — La cholestérine, C.,,Hj.OH, probablement un alcool monoatomique, y est en quantités notables. Elle semble être renfermée en une molécule plus compliquée. — La neuro-kéruline (Kueune et Ewald), ressemblant à la kératine de l'épiderme, résiste à presque tous les réactifs (acides et alcalis); elle forme une enveloppe à la myéline des fibres.
Glycérine. Acide pliosplio-j'lycéri(|ue.