GO
Diuréïde de l'acide trioxacryllque.
Préparation. — Il suffit d'ajouter quelques gouttes d'acide chlorhydrique : à de l'urine huruaine pour décoiupaser les urates qu'elle contient, et pour obtenir, au bout de 24 à 36 heures, un dépôt de cristaux d'acide urique ' contre les parois du vase et à la surface du liquide. Ges cristaux sont ■ toujours fortement teintés de matière colorante de l'urine, qu'il est presque i impossible de leur enlever.
Pour obtenir de grandes quantités d'acide urique pur, on s'adresse aux excré:nents de serpents. Ges prétendus excréments contiennent fort peu de résidus de digestion, et sont principalement formés par Tari ne, qui, chez les reptiles, constitue une bouillie blanchâtre composée en grande partie d'acide urique. On les fait bouillir avec de la soude caustique ; il se forme de l'urate de sodium, qui passe en solution ; on traite par l'acide chlorhydrique, qui décompose l'urate et précipite l'acide urique sous forme d'une poudre cristalline incolore.
Fig. 130. — Cristaux d'acide urique, a, rhomboèdres en forme de pierre à aiguiser; I), groupe de cristaux en forme de tonnelet ; c, cristaux allongés irrogulièremenf ; d, rhomboèdres en groupement radié.
Le guano contient ordinairement de grandes quantités d'acide urique, et peut également être employé à sa préparation.
L'acide urique peut être obtenu synthétiquenient de différentes façons, par exemple en chaufifant ensemble de l'urée et du glycocoUe :
3G0(AzH^/-|- Azff.GH'GO^H = G'Az^H'O^^ -f- 3 AzH' -f 2H-0.
Propriétés. L'acide urique se présente sons forme do cristaux microscopiqiies.,.fortement réfringents, colorés en rouge-brun quand ils sont précipités de l'arine, incolores quand ils sont purs. Ce sont des tables ou des prismes rhoraboïdaux enchevêtrés souvent les unsdans les autres, et dont les angles obtus sont fortement arrondis : ils sont souvent incomplets et ont la forme de pierres à aiguiser (tig. 129, 130, 131). Lorsque les cristaux ont été
Flg. 130. — Cristaux microscopiques (l'acide urique.
FiK. 131.
- (;ristiiux microsco])ii|ue8 (l'acide urique.
précipités rapidement au moyen d'une grande quantité d'acide concentré, ils constituent des prismes qnadrangulaires striés, souvent groupés à la façon des marches d'un escalier, et présentant des faces terminales implantées presque à angle droit sur les faces latérales. Ces cristaux sont inodores et insipides, trèsj;iûU^olubles dans l'eau (il faut pour les dissoudre 39480 p. d'eau à -j- 18° d'après His jun. et Paul, 1900), insolubles dans l'alcool et l'éther, assez solubles dans la glycérine chaude, d'après Golasanti.
Chauffé, l'acide urique se décompose en produisant de l'urée, de l'acide cyanique, du carbonate d'ammoniaque et de l'acide cyanhydrique, avec un résidu de charbon. Les agents d'oxydation transforment l'acide urique eu une série nombreuse de dérivés : alloxane C'H^Az•0^ urée CGAz-H"*, allantoïne C''H*''A*zO' ('>, ac. parabanique C'^H-Az'-O', acide mésoxalique C''H'0% ac. oxalique C-H'O', ac. carbonique, etc.
(1) Ij'ulhmto'n» C'Il^Az'O^ (Voir p. 2t) existe en assez pranile tiuanllté dans les eaux de l'anuiios et dans l'urini' des enfants nouveau-nés, pendant le premier septénaire — A l'état de traces dans l'urine normale de l'homme, et. en quantité un peu plus K-rande, dans l'urine des femnirs enceintes. Comme l'allantoïne est peu soluble dans l'eau froide (elle se dissout dans ItUi p. «l'eau froide), elle se dépose parfois quand on fait simplement évaporer à un petit volume, l'urine <les jeunes veaux.
Elle forme des combinaisons avec les métaux, elle précipite par le nitrate niercuri(jue et i)ar le nitrate d'argent amiuoniacal ; ces combinaisons servent à l'extraire des liquides où elle existe. La meilleure manière d'obtenir l'allantoïne. consiste à la prépa>-er arlillciellemeut, en oxydant à froid l'acide uri(iue par le permanfj:anate de potassium.
L'oxalate de calcium existe parfois dans les urines ou les sédiments urinaires ; il se pK'sente sous forme d'octaèdres microscopiques (Voir lifi-, 12 1).
L'acide urique se dissout dans la soude ou la potasse avec formation d'urates neutres solubles. Ces urates neutres se transforment facilement (par un courant de GO"^ par exemple) en urates acides peu solubles.
Les urates acides d'ammoniaque, de sodium et de potassium existent dans les urines et peuvent se trouver dans les dépôts urinaires. L'urate acide d'ammoniaque constitae parfois des cristaux microscopiques; d'autres fois il se présente en masses sphériques épineuses (Voir fig. 124, a). L'urate acide de sodium constitue la majeure partie des dépôts briquetés de l'urine; il est souvent amorphe, grumeleux. Il se dissout dans 1100 p. d'eau froide et dans 125 p. d'eau bouillante : c'est à la grande différence de solubilité de ce sel, qu'il faut attribuer le dépôt qui se forme souvent dans les urines normales après refroidissement.
La solubilité de l'acide urique dans la soude, sa précipitation par les acides, sa forme cristalline et son insolubilité dans l'eau pourraient suffire à le caractériser ; mais nous possédons en outre plusieurs bonnes réactions colorées, parmi lesquelles il faut citer en premier lieu l'essai de la murexide. Voici en quoi il consiste : on chauffe à une douce chaleur, dans une petite capsule de porcelaine, un fragment de la substance additionné de quelques gouttes d'acide nitrique. L'acide urique se dissout, et par évaporation, on obtient un enduit d'abord jaune, puis rouge. En laissant, après refroidissement, couler une ou deux gouttes d'ammoniaque diluée, il se forme une magnifique coloration pourpre, connue sous le nom de murexide (purpurate d'ammoniaque). La potasse ou la soude donnent dans les mêmes conditions une coloration violette i*).
Si l'on fait bouillir de l'acide urique avec de la soude et du sulfate de cuivre, il se forme un précipité blanc d'urate cuivreux. Il peut même se précipiter de l'oxyde cuivreux rouge, quand on opère en présence d'un excès de sulfate de cuivre.
L'acide urique existe en petite quantité dans l'urine de beaucoup de mammifères et de quelques invertébrés (la sepia officinalis notamment), en très grande quantité dans l'urine des oiseaux et des reptiles, où il remplace l'urée.
Grèatinine G^H'Az^O (Voir p. 19). Préparation. Quand on fait bouillir de la créatineG^H'-'Az^O^avec HCl dilué, elle perd une molécule d'eau et se transforme en créatinine G'^H'^Az^O. Pour extraire la créatinine de l'uriae, ou précipite parla chaux et le chlorure de calcium, on filtre, on évapore, on reprend par ralcool et on
(1) L'oxydation de l'acide urique par l'aciile nitrique fournit de l'alloxane et de l'urée :
2C5H»Az''0^ + 2H20 + 02 = 2Cni*Az*0* + 2COAz2H». Par l'action de la chaleur, l'alloxane se dédouble en alloxantine, acide parabanique et acide carbonique :
3C»H2Az-0» = C^lI»Az'0' + c:'II2Az203 + CO^ [alloxauel [alloxantine] (ac. parabanique] L'alloxantine traitée par l'aninioniaquc fournit la murexide :
C^U'Az G' + 2Azll5 =: C:hH'<Az«OI! + W^O, [alloxantine] [murexide]
ajoute une solution alcoolique de chlorure de zinc. Il se forme un chlorure double de créatinine et de zinc, que l'on peut ultérieurement purifier et décomposer
Propriétés. La créatinine for.ue des cristaux prismatiques l^rillants, incolores, d'une saveur alcaline très prononcée, bleuissant le tournesol, formant de véritables sels avec les acides. Elle est assez soluble dans l'eau froide, moins dans l'alcool à froid, très soluble au contraire à chaud.
La créatinine précipite par le chlorure de zin^ ; les alcalis la transforment (surtout à chaud) en créatine. Les solutions de créatinine, additionnées de quelques gouttes d'une solution très diluée de nitro-prussiate de sodium et de soude, présentent une belle teinte rouge de rubis qui passe ensuite au jaune (Th. Weyl).
La créatinine a été trouvée dans l'urine des mammifères, mais non dans celle des oiseaux.
Adde hippurique G^H^AzO^ ou Gm\ GO-HAz-GH^. GO^H. — Préparation. L'urine fraîche de vache ou de cheval est bouillie avec un lait de chaux, liltrée, concentrée par évaporation et précipitée par HGl. L'acide hippurique peu soluble se dépose en grande quantité. On le purifie par recristallisation dans l'eau
Propriétés. Gristaux prismatiques, (luadrangulaires, avec deux ou quatre facettes terminales (ressemblant parfois aux cristaux de phosphate ammoniacomagnésien), d'une translucidité laiteuse, inodores, d'uu goût lé^rèrement amer, peu solubles dans l'eau froide (i : 600), beaucoup plus solubles Uans leau bouillante ou l'alcool.
L'acide hippuri.jue est formé par l'union \\\ glycocoUe à V acide benzoïque, comme le montre sa décomposition par l'ébullition en présence des acides minéraux ou des alcalis, ou par l'action du micrococcus ureae :
G''H'*Az(>' + H-^0 = C'H«0-^ -f G'^H^\zO^ O
ac. hippuri(iiu\ ac. benzoïque. glycocoUe.
L'acide hippurique présente plusieurs réactions caractéristiques : chauûé modérément dans un tube à réaction, il se transforme en un liquide huileux, qui se prend en cristaux par le refroidissement. Si l'on chaulte plus fort, la masse se colore en rouge, monte le long des parois, donne un sublimé d'acide benzoïque, et .léveloppe d'abord une odeur assez agréable, rappelant celle du foin, puis celle de l'acide cyanhydrique. L'acide hippurique, bouilli et évaporé à sec avec l'acide nitrique, fournit un résidu qui. chauffé ultérieurement, développe ime odeur intense d'amandes amères (nitro-benzol). La réaction appartient à l'acide benzoïque contenu virtuellement dans l'acide hippurique (réaction de Lugke). Enfin, les hippurates précipitent en brun par le p3rchlorure de fer
Autres acides aromatiques de l'urine. — L'urine de l'homme contient d'après Baumann une petite .luantité (0.01-0.0:2 gr. par litre) de deux acides aromatiques : l'acide par aoxyphémj lacé tique CH^O» ou HO.G'"'H^.GH-.GO*H et son homologue l'acide parao.vyphèni/lpropionique G'-'H'.^O^ou HO.G^H^G-H^GO'H.
On y trouve, en plus grande quantité, des éthers acides formés par l'acide sulfurique et plusieurs phénols, notamment le phénol ordinaire Cm^ . OH, le^ara-
I >A sels sont décoinpo \^H^>^ar d'une part, on cré
crésol et Vorthocrèsol CH\C'''H'*.OH, et parfois la pijrocatéchine G«H'*(OH)- (BuLiGixsKY ot Hoppe-Seyler, Baumann etc.). L'urine humaine paraît contenir surtout de V acide paracrésylsulfurique : C.R^.C^W.O SC^ OH ; et une petite quantité à'acidephényhulfurique : G^H^.O.SO'^OH, à l'état do sels.
Le phénol et le crésol présentent la plus grande analogie de propriétés ; il en est de môme,xie-i6urs éthers acides et de leurs sels ([ui se trouvent dans l'urine. Ces
Is sont décomposés par l'ébullition prolongée avec l'eau surchauffée, en sulfate ésol ou pliénol de l'autre :
G«H-'.0 SO^OK -f H^O = G«H^ OH -f- KHSO^.
phénylsulfate de potassium. phénol.
L'ébullition avec les acides minéraux, môme dilués provoque très rapidement la môme décomposition. Il suffit de faire bouillir de l'urine avec 5 '^/^ d'acide sulfuri [ue pour mettre le phénol et le crésol en liberté (fig. 132). Gomme ces deux substances se laissent intégralement entraîner par la vapeur d'eau à l'ébullition, on les retrouve en entier, si l'on a soin de recueillir le produit de la distillation de l'urine acidulée. Il est facile d'y démontrerleur présence par l'une des réactions colorées qui leur sont communes ; coloration bleue d'encre par le perchlorure de de fer (neutre) ; précipité jaune cristallin de tribromophénol ou de bromure de tribromocrésol G^'H^Br^OH ou G"H^Br^.OBr par l'addition de brome ; réaction de MiLLON par le nitrate acide de mercure, etc.
I.!2. — Distillation de l'urine de clieval addilionni^e d'aeide siilfiirii|uc.
Le ph(!nol et le crésol forment des masses cristallines à odeur caractéristique, à saveur piquante, corrosive, fondant à une basse température (38-40^ poui- le pliéuol, 55-5()" pour le crésol), bouillant, le phénol à IS^-ISS*^, le crésol à 197-190'', très peu solubles dans l'eau froide, plus solubles dans l'eau chaude, miscibles eu toute proportion à l'alcool et à l'éther. Ils laissent facileuieut remplacer l'H de Itiur groupe OH par des métaux, en formant des combinaisons telles que G''H'01v phénato de potassium, qui, chauffées avec les disulfates, fournissent des sels analogues aux phénylsulfates et crésylsulfates de l'urine (Baumann) :
G^H-'OK -j- K-S^O' = G6H^0.S0^0K + K^SO^
phénate de potassium. pliénylsulfate de potassium.
La pyrocatèchine G^H'*(0H)- ou orthodioxybeuzol, a été parfois trouvée dans l'urine humaine, soit comme telle, soit comme éther acide de l'acide sulfurique.
La pyrocatéehine cristallise en prismes tétragonaux, ondant à 102*'-104°, et se sublimant ultérieurement. Elle est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. Sus solutions se colorent en vert foncé, puis en noir par le perchlorure de fer. Les solutions alcalines possèdent des propriétés réductrices énergiques ; elles précipitent en rouge par rébuUition avec la liqueur de FEHL.iN«i ; elles absorbent l'oxygène de l'air, en se coloraut successivement en vert, en l)run verdàtre, en brun et linalemeut en noir. C'est à la présence de la pyrocatéciiine, que l'urine de cheval doit la propriété de foncer en couleur quand elle est exposée à l'air.
Matières colorantes et chromogènes. — La nature et les propriétés dos matières colorantes do l'urine sont encore inconnues. ïhudighum admet que l'urine humaine normale ne contient qu'une matière colorante jaune, à laquelle il donne le nom à'urocfirome. 'I'hudighum prépare l'urochrome en le précipitant par l'acétate de plomb et en décomposant le précipité. La parenté entre l'urochrome et l'urobiline a été établie par Riva et Garrod.
L'urine contient parfois de l'urobiline (fréquemment dans la fièvre, les affecîîons hépatiques, etc., Jobbé, 1863), et presque toujours une substance incolore, qui se transforme facilement en urobuline par l'action des acides minéraux. Ainsi, une urine peu colorée peut être complètement privée de matière colorante (urochrome) par l'acétate de plomb basique ; le liquide liltré incolore contient la matière chromogèue de l'urobiline, qui s'oxyde à l'air ou par l'action des acides minéraux, et colore l'urine en brun : celle-ci montre alors le spectre de l'urobiline. C'est sans doute à cette décomposition de la matière chromogène de l'urobiline; qu'est due la couleur plus foncée que montrent les urines par l'addition d'acide chlorhydrique et l'exposition à l'air.
L'urobiline C''N"'Az'0' (hydrobilirubiue de Maly?, stercobiline de Masius et Vanlair, urophneine ? de Heller) est un dérivé de la matière colorante de la bile (par putréfaction intestinale). Maly l'a préparée par la réduction de la bilirubine, et Hoppe-Seyler par la réduction de l'hématine (V. pp. 61, 262). C'est une substance amorpiie, brune, présentant parfois un retlet inétalli(i ue vert. Les solutions d'urobiline sont d'un brun rougeàtre et montrent au spectroscope un bande d'absorption dans le vert entre b et F; elles olfront une fluorescence verte, surtout visible après adilition d'un sel de zinc en solution ammoniacale <').
L'urine normale fouruit dans certaines circonstances une matière colorantebleue, le bleu d'indigo on indiyotine C'^H'^AzH)* (Hill, Has- — ' SALL, 1853) et une m iti. le » 1 uiute rouge, le rouge d'indigo ou urrhodine de Helleu. Ces matières colorantes ne préexistent pas dans lurine, mais se forment aux dépens d'une matière chromogène incolore, ïindican, considérée à tort par Sghunk comme identique à l'indican de l'iniligolier.
(l) F. SiMo.N a (louuù le nom d'iii'(H'r,r</iriiie à la iiialiére i-oU>raute des sédiinents briqiietés de l'urine.
Ba.uma.nn (1876) a démontré que l'indican de l'urine est un éther (acide) de l'acide sulfurique et d'un produit d'oxydation de l'indol, i'indoxyl : G**H''Az.OH. L'indican est donc Vacide indoxylsulfurique, G^H^Az O.SO^OH, analogue aux acides phénylsulfurique et crésylsulfurique dont nous avons parlé. Baumann a réussi à extraire l'indoxylsulfate de potassium de l'urine des chiens qui absorbaient journellement avec leur nourriture de 3-5 grammes d'indol. L'acide indoxylsulfurique est très instable : il n'en est pas de même de son sel de potassium. L'indolxylsulfate de potassium G^H^Az.SO^K forme des lamelles brillantes, blanches, solubles dans l'eau, se transformant par l'action des corps oxydants en bleu d'indigo :
2G«H«Az.S0^K + 0' = G^^Hi^Az^O^ -f 2HKS0^
Indoxylsulfate de K. bleu d'indlg-o.
L'urine de l'homme contient d'ordinaire peu d'indican (5-20 mg. d'indigo par jour). La proportion d'indigo monte à 0.05, 0.10 et même 0.15 gr. par jour, dans les cas d'obstruction de l'intestin grêle ou de péritonite diffuse. Dans ces cas, les urines se colorent parfois en bleu par la putréfaction, et se couvrent d'une pellicule irisée, où l'on constate la présence de cristaux d'indigotine.
On démontre la présence de l'indigo, en mélangeant l'urine avec son volume d'acide chlorhydrique concentré, et en ajoutant ensuite, goutte à goutte, une solution diluée d'hypochlorite de sodium. Il faut avoir soin d'agiter le mélange après l'addition de chaque goutte d'hypochlorite, et éviter soigneusement le plus léger excès d'hypochlorite, qui décolore l'indigo. Le bleu d'indigo est mis en liberté et est dissous par le chloroforme, auquel il communique une coloration bleue. Si l'on opère avec de l'urine de cheval ou de bœuf que l'on a concentrée par évaporation, la quantité d'indigo qui se forme par ce procédé (même sans chloroforme) est beaucoup plus considérable. L'indigo se dépose alors sous forme d'une poudre bleue mélangée à de l'acide hippurique. On tiltre sur un tampon d'amiante, on lave à l'eau chaude, pour dissoudre l'acide hippurique, et il reste de l'indigo.
L'indigo bleu de l'arine est identique à celui de l'indigotier ; c'est une poudre souvent cristalline, d'un bleu foncé, pouvant montrer un reflet métallique rouge de cuivre. Ghauffé dans le tube fermé, il se sublime en donnant une vapeur violette analogue, comme aspect, à celle de l'iode, et se dépose sous forme d'aiguilles cristallines. L'indigo est insoluble dans l'eau, dans l'alcool et l'éther à froid, légèrement soluble dans le chloroforme. L'indigo bleu se réduit en indigo blanc G'®H'^Az"0^, sous l'intluence des agents de réduction, agissant en solution alcaline (glycose, sulfate ferreux). L'indigo blanc s'oxyde directement à l'air, en redevenant indigo bleu. Ges réactions permettent de reconnaître facilement l'indigo, qui d'ailleurs présente un spectre caractéristique : une bande d'absorption dans le rouge et une dans le vert. L'indican des urines paraît provenir
surtout de l'indol formé dans l'intestin (putréfaction intestinale) ; aussi toutes les causes qui augmentent la production de l'indol, en prolongeant le séjour des aliments dans l'intestin grêle, augmentent la production de l'indican.