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Pigments et autres substances 5.000 »

L'urine normale contient plusieurs hydrates de carbone (Baisch, 1894). On y a signalé la présence de petites quantités de dextrose, d'isomaltose, de pentosc

(gomme animale ou dextrine urinaire = arabinose racémique inaetive, d'après Neubkrg, 1900), et des acides glycuroniques conjugués (P. Mayer, 1899-1901).

Outre les sulfates et les sels des acides sulfoconjugués, l'urine contient toujours une proportion assez forte d'autres combinaisons sulfui'ées. Le soufre de ces combinaisons {soufrenon oxydé ou soufre neutre de SalkowSki) représente 14 à 26.4^/odusoufretotalde l'urine humaine.

Citons parmi ces combinaisons : des sulfocyanures, des dérivés de la taurine et de la cystine, des sels de l'acide

Fig. 125. - Sédiinents microscopiques de [la 0X\ protéinique (BoNDZYNSKI et GoTTfermentation ammoniacale de l'urine : a, urate ' « -> / -,

acide d'ammoniaque; h, phosphate ammo- LIEE, 1879) OU UroprOtique (ClOETTA,

niaco-mas-nésion (dits couvercles de cerceuils); A(^(\ri\ „<. „ .<?„: j , „Atu i j.

c, micro-organismes de fermentation. ^^^7), et parfois du methylmercaptan

(Nengki, 1891).

En dehors de ces substances, on u signalé, comme constituants normaux de l'urine, de petites quantités des corps suivants : albumine du sérum, mucine, xaiithine C^H^Az^O^ allantoïne C^H^lz^O^ acide oxalurique C^H-'Az^O' (Sghunk), hypoxanthine C^H'*Az*0 (E. Salkowski). peut-être des traces de créatine, acides oxalique CH*0^, succinique G^H^O*, sulfocyanique GAzSH, acides silicique, nitrique, nitreux, hyposulfureux, eau oxygénée, fer, etc.

L'urine paraît contenir normalement une petite quantité do pepsine (Brùgke, 1861). De la hbrine fraîchement lavée, que l'on place dans l'urine pendant quelques heures, attire à elle la pepsine ; ainsi chargée de pepsine, elle se dissout rapidement, si on la })longe dans de l'acide chlorhydrique dilué, cliaufifé à 30-40** (Grutzner, W. Sahli, 1885).

SECRETIONS.

Fig, 1 26. — Oxalate de calcium (édiment urinaire).

Il y aurait également de lu ptj'aline dans l'urine d'après Mees (1885) En fait de constituants anormaux, l'urine peut contenir de l'albumine, de la paraglobuline, de la peptone, des matières colorantes diverses, notamment celles de la bile et du sang, de grandes quantités de différentes espèces de glycose ou de sucre, des acides gras volatils, des acides biliaires, de la graisse, de la cholestérine, de la tyrosine, de la leucine, de la cystine, etc.

Les calculs urinaires sont le plus souvent formés de phosphate ammoniaco-magnésien (calculs friables, non combustibles, formés dans une urine alcaline), d'oxalate de calcium (fig. 126), d'acide urique ou d'urates (calculs formés dans une urine acide).

Les calculs de cystine (fig. 127) et surtout ceux de xantldne sont des raretés.

La réaction acide de l'urine humaine est principalement due au phosphate acide de sodium (Liebig). L'acidité de l'urine émise en 24 heures correspond à 2-3 gr. d'acide oxalique (i). La réaction dépend avant tout de l'alimentation : elle est acide chez les carnivores et les omnivores et chez les autres animaux à jeun ; alcaline chez les herbivores alimentés normalement. Peu de temps après son émission, l'urine laisse parfois déposer des urates acides ou de l'acide urique (décomposition des urates neutres par les phosphates acides, formation d'urates acides ^^^^ et de phosphates neutres — et non fermenta- ^ \x}-

tion acide, comme on l'a cru longtemps. F. Hoffmann, Rohmann). Ultérieurement, l'urine se putréfie et prend une réaction fortement alcaline, par suite de la fermentation ammoniacale de l'urée, provoquée par un organisme inférieur découvert par Pasteur, le micrococcus ureae Gohn, dont les germes ^«^^-^

sont répandus dans l'atmosphère, ou existent pj^. ,.7, f,^.^,,^^ ^^ ^^,^^^^^^ ^^.^^^^^

parfois dans l'urine dès son séjour dans la'- copiques (sédiment urmaire fort rare).

vessie (dans beaucoup de cas de catarrhe vésical). MascuLus est parvenu à préparer le ferment soluble auquel le micrococcus ureae doit son activité. Ce ferment transforme rapidement l'urée en carbonate d'ammoniaque, d'où l'odeur ammoniacale, la réaction alcaline et le dépôt de cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien (et d'urate d'ammoniaque) qui s'observent dans les urines putréfiées (voir fig. 125).

Toxicité de rurine Immaine. — L'urine humaine injectée dans la veine auriculaire du lapin à la dose de 50 c. c. par kilogr. d'animal, provoque la mort.

(1) Lu réaction de l'uriue est moins acide, peut même devenir neutre ou alcaline pendant la digestion (Bence-Jonks), surtout après ingestion d'un repas riclie en NaCl (M.vx CinuBEn).

Une partie do la toxicité urinaire revient aux sels minéraux, une partie aux constituants organiques. Dans beaucoup de inalidies, la toxicité urinaire est augmentée.

,,^'^ Urée. (Rouelle, 1733.) — GOAz^H^ Préparation : 1° par synthèse (WoEHLER 1828). On mélange une solution de sulfate ammonique et de cyanate de potasiuin. On évapore à sec. Le cyanate d'ammonium AzGO. AzH^ se transforme en urée GOAz^H*, dont il estj isomère. On extrait par l'alcool qui dissout seulement l'urée. La solution alcoolique évaporée laisse déposer des aiguilles cristallinnes d'urée (le cyanate de potassium s'obtient en faisant fondre ensemble du cyanure de potassium et de l'oxyde de plomb).

2" Extraction de Vurine. Si l'urine est suffisamment riche en urée (comme celle du chien qui en contient jusque 10 %), il suffit d'évaporer à un petit volume, et de traiter par l'alcool, dans lequel lurée est fort soluble, et d'où elle cristallise. On purifie par recristallisation de l'alcool. Le plus souvent, on évapore l'urine à consistance sirupeuse, puis on précipite l'urée par l'acide nitrique (exempt de vapeurs rouges) à l'état de

,K,ft,rWif^Hij,^

Fig. 128. — a, urée ea cristaux microscopiques ; b, lamelles hexagonales ; et c, lamelles rhombiques de nitrate d'urée.

nitrate d'urée, en ayant soin de refroidir le mélange. Le précipité cristallin de nitrate d'urée est recueilli et décomposé par le carbonate de Baryum :

2GOAz*H^HAz03 + BaGO^ = Ba (AzO^)* -j- GO^ -}- 2GOAz2H'' + H^O.

On dessèche et on traite par l'alcool qui dissout l'urée.

Propriétés. L'urée cristallise en longs prismes incolores (présentant souvent un canal central), très solubles dans l'eau et l'alcool, surtout dans Talcool bouillant, insolubles dans l'éther, offrant une saveur fraîche

et^amère. L'urée est généralement considérée comme l'amide de l'acide AzH^ • ^^^^ ^^ transforme en effet avec la plus grande

facilité (ébullition avec l'eau, les acides, les alcalis, action du ferment ammoniacal de l'urine) en carbonate d'ammoniaque :

MusGULus a basé sur cette réaction un procédé de recherche de l'urée. Il recueille le ferment de l'urine ammoniacale en la filtrant sur du papier de Suède ; ce papier contenant le ferment est coloré en jaune par le curcuma ; une languette de ce papier réactif déposée dans une solution d'urée', provoque la transformation de l'urée en carbonate d'ammoniaque et brunit fortement.

D'autre part, on peut obtenir de l'urée par la déshydratation (par la chaleur) du carbamate d'ammoniaque (qui lui-même s'obtient par l'action de GO^ sur AzH^ à sec) :

L'urée forme des combinaisons additionnelles avec les acides (combinaisons analogues aux sels ammoniacaux) et avec plusieurs sels métalliques. Celles de ces combinaisons qui sont insolubles peuvent servir à caractériser l'urée : les solutions concentrées d'urée donnent avec l'acide nitrique un précipité formé de lamelles cristallines miroitantes, rhombojdales ou hexagonales de nitrate d'urée ; avec l'acide oxalique, un précipité blanc formé de petits cristaux iXoxalate d'urée; avec le nitrate de mercure, un précipité blanc, etc. La combinaison additionnelle d'urée et de Nacl se dépose parfois spontanément après concentration de lurine à l'état sirupeux.

Chauffée à sec dans un tube à réaction, l'urée fond (à + 432°; puis se décompose avec dégagement d'ammoniaque et formation de 'biuret C^H'Az^O'^ (reconnaissable à la coloration rose quil donne par laddition de soude et d'une trace de sulfate de cuivre — réaction du biuret). L'hyprobromite de sodium, le nitrate acide de mercure décomposent l'urée en COS Az et H^O : il en est de même de l'acide nitreux et de l'anhydride nitrosonitrique (AzYj^). Ainsi les vapeurs rutilantes qui se produisent lorsqu'on chauffe dans un tube à réaction une gouttelette de mercure avec de l'acide nitrique, disparaissent immédiatement quand on y projette un cristal ou une solution d'urée.

L'urée se rencontre en grande quantité dans l'urine des mammifères (surtout des carnivores), des amphibiens et des poissons. L'urine des oiseaux et des reptiles écailleux en contient fort peu. Chez l'homme la majeure partie de l'azote est éliminé du corps sous forme d'urée Le do4ge

de l'nrée dans les urines présente donc un grand intérêt, puisqu'il peut servir de mesure à l'énergie de la décomposition des matières azotées (albuminoïdes ou autres) du corps.

Dosage. Le dosage de l'urée des urines peut se faire d'après plusieurs procédés :

1» Le procédé de Bunsen consiste à décomposer l'urée à une température de -f- ^^^° (dans un tube scellé), au moyen d'une solution ammoniacale de chlorure de baryum. Quand l'opération est achevée, on pèse le poids du carbonate de baryum formé.

2" Dosage gazométrique de l'urée par rhypobromite de sodium (procédé de Knopp-Hufner-Yvon) . L'opération s'exécute dans un appareil fort simple (fig. 129) : c'est un tube gradué d'environ 60 centimètres de longueur, ouvert aux deux extrémités, et séparé, par un robinet G, en deux parties, l'une supérieure AB, l'autre inférieurejDEF. On l'enfonce verticalement (le robinet étant ouvert) dans une cuve à mercure cylindrique jusqu'au robinet G, que l'on ferme. Le réservoir B contient deux centimètres cubes et demi : on le remplit d'urine qu'on fait ensuite passer sous le robinet, en entr'ouvrant ce dernier. Le robinet ayant été refermé, on remplit B d'une solution de soude, et on verse la solution d'hypobromite par dessus, de manière à remplir A. Puis on fait vivement pénétrer la soude et rhypobrorîiite dans D, en ouvrant largement le robinet G, après avoir soulevé presque complètement l'appareil au-dessus du mercure (jusqu'en F). On referme G un peu avant que les dernières portions d'hypobromite aient pénétré dans D. On laisse réagir l'urine et l'hypobromite. On emploie une solution (récemment préparée) contenant pour 250 c. c. d'eau, 100 gr. de soude et 25 c. c. de brome. Gette solution décompose l'urée en H^O, GO^, (absorbé par la soude) et Az. On mesure l'azote dégagé. Quand tout le gaz est rassemblé dans la chambre et que le liquide s'est éclairci, on porte l'instrument dans un cylindre plein d'eau ; l'hypobromite plus dense s'écoule : on égalise les niveaux et on fait la lecture. Chaque centigramme d'urée fournit 3.7 c. c d'azote à 0" et 76"'° P. Pour éviter les corrections de température, de pression etc., Yvon propose de répéter immédiatement

Ûle même essai avec une solution d'urée à 2 «/o. On obtient ^ dans ce second dosage un chitlre d'azote, au moyen duquel on effectue le calcul du premier dosage.

Tout l'azote recueilli ne provient pas de l'urée : en effet, une partie de l'acide urique et de la créatinine de l'urine est également décomposée par l'hypobromite de sodium. 3" Dosage vnlumétrique par la solution titrée de nitrate de mercure (Liebig), basé sur la précipitation de l'urée par le nitrate de mercure.

Fig. 129. - Uréomètre de l'auteur (L. F., 'JVrtcriii.v dn lahor., VI). /

On prépare une solution raercurielle, titrée de façon à précipiter par centimètre cabe, un centigramme d'urée (on dissout, d'après Draggen- DOiiF, 96^'"-855 de chlorure mercurique dans l'eau, on précipite par la soude ou la potasse, on lave, on dissout dans une quantité sufiisante d'acide nitrique et l'on étend de façon à obtenir un litre de solution. On vérifle le titre au moyen d'une solution d'urée à 2 p. 100).

La solution mercurielle est introduite dans une burette graduée et versée par petites portions dans 10 c. c. d'urine, jusqu'à ce que toute l'urée soit précipitée (à l'état de combinaison additionnelle : 2G0Az^H'Az^0-' -|- 4HgO). La (in de la réaction se reconnaît de ia façon suivante : une goutte du mélange est de temps en temps portée, au moyen d'une baguette, dans un verre de montre contenant du carbonate de sodium : il se produit un précipité blanc, tant que l'urée est en excès ; dès que le nitrate de mercure est en excès, le précipité devient jaune (nitrate de mercure basique). Il faut, avant de conclure à la réaction iinale, neutraliser le mélange au moyen de carbonate de sodium, et reverser le nitrate de mercure jusqu'à ce que le précipité jaune apparaisse de nouveau. Chaque c. c. de la solution mercurielle employée représente un centigramme d'urée.

Avant de pouvoir servir à ce dosage, l'urine doit être privée de ses phosphates, qui précipitent également par le nitrate de mercure. A cet effet, on mélange deux volumes d'urine avec un volume de solution bary tique (deux parties de solution saturée d'hydrate de baryum et une partie d'une solution saturée de nitrate de baryum). On sépare le précipité par ûltration et l'on prend 15 c. c. du liquide filtré (ce qui correspond à 10 c. c. d'urine) pour y verser la solution mercurielle.

Ce procédé de dosage donne les meilleurs résultats avec des liquides contenant environ 2 V» d'urée. Avec ceux contenant plus ou moins d'urée, la réaction finale apparaît trop tôt ou trop tard, d'où une erreur plus ou moins considérable. Une autre cause d'erreur provient de ce que les premières portions du liquide mercuriel sont décomposées par NaGl des urines, avec formation de chlorure mercurique et de nitrate de sodium, qui reste en solution. Il ne peut donc y avoir de précipité par l'urée, qu'après la transformation de tout le chlorure sodique. Liebig avait constaté que l'erreur commise pouvait être compensée, avec une exactitude sulfisante, en retranchant 1", 5 à 2"5 du nombre de centimètres cubes do liqueur mercurielle employée pour l'analyse de 10 c. c. d'urine.

D'autres procédés de dosage de l'urée ont été décrits perMoRNER-SjooviST, 1890 (modifications do Salaskin-Zaleski, 1899) et par Pflûger- Sghôndouff (1893-99).

Acide urique. — (Scheele, 1776). — G^H*Az''0^ (2.6.8-trioxypurine, Fischer, 1899). Formule de structure :

GO

AzH — CO

G — AzH

AzH — G —AzH

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