III. — EXPULSION DE L'URINE
L'urine est poussée en avant dans les canaux urinifères par le vis à tergo exercé par les nouvelles portions sécrétées; elle arrive dans le bassinet et de là dans l'uretère. Chaque goutte d'uriuèjxui pénètre dans l'uretère agit cojiimeexcitant sur la tunique musculaire lisse de l'uretère jJXse produit une onde de contraction partant du calice, et transportant la goutte d'urine jusqu'à la vessie, avec une vitesse de 20-30 mm. par seconde (Engelmann, 18G9). L'uretère ne contenant ni fibres, ni cellules nerveuses (au moins chez le rat), la propagation de la contraction se fait par continuité de substance musculaire. Ces ondes se succèdent à quelques secondes d'intervalle.
Ces contractions peuvent s'observer sur l'uretère de lapin extrait du corps. Il suffit, d'après Luchsinger et Socoleff (1881), de soumettre un segment d'uretère à l'action d'une solution physiologique de chlorure de
sodium injectée sous pression, pour y provoquer une série de contractions rythmées. Lughsinger rapproche ce phénomène des pulsations que l'on provoque dans la pointe du ventricule de grenouille (exempte de ganglions) quand on y fait passer sous pression un liquide séreux. (Voir /
Ces mouvements de luretère peuvent s'observer directement chez ' l'homme dans les cas pathologiques de fistule ou d'exstrophie vésicales. On /,. .^ peut également chez l'individu normal utiliser le cystoscope (Leiter, Nitze) r , dans le même but. On remplit la vessie d'eau tiède, puis on fait une injection sous-cutanée de bleu d'indigo, destiné à colorer artiliciellement ' — l'urine qui s'écoulera par l'uretère. Le cystoscope fait voir ihi petits jets de liquide bleu apparaissant à l'oritice de l'uretère, à peu près de minute en minute, c'est-à-dire à chaque contraction de l'uretère. <<
L'urine s'accumule dans la vessie, dont elle distend peu à peu les parois, ./r/'~
On n'est pas d'accord sur la question de savoir si l'urine se concentre ou '^// se dilue dans la vessie. Il semble a priori que la dilïusion avec le sang -*'*-*^ ■ ne puisse que diluer l'uriue : au reste l'épithelium vésical oppose une barrière assez grande à l'absorption par la surface interne de la vessie. (Ul. Bernard, Fleisguer et Brinkmann, Maas et Pinner, AsHDOWN, 1878).
L'écoulement de l'urine par l'urèthre est empêché par l'occlusion en partie éTà^tiquo, en partit^ musculaire (tonicité du sphincter de la vessie) de l'orifice vésical.
Le reflux de la vessie vers les uretères, ou du bassinet vers les tubes de Bellini est empêché par la disposition anatomique des parties (obliquité de l'oritice des uretères par rapport à la paroi vésicale).
L'expulsion de l'urine (dans la miction) est en partie un acte musculaire réflexe. La distension graduelle de la vessie excite ses nerfs sensibles, et provoque, par voie réflexe, des contractions des libres musculaires vésicales [detrusor urinœ), contractions qui ont pour effet d'eutr'ouvrir la partie prostatique de l'urèthre, ou tout au moins d'y chasser quelques gouttes d'urine. Le contact de l'urine avec la muqueuse très sensible de cette i)artie de l'urèthre provoque le besoin d'urinor; quand nous y résistons, mous refoulons l'urine dans la vessie par une contraction énergique du sphincter; quand nous cédons au besoin d'uriner, le sphincter se relâche tandis que les parois vésicales se contractent énergiquement et expulsent leur contenu avec force dans le canal de l'urèthre. La contraction vésicale peut être soutenue et renforcée par l'action de la presse abdominale. A la fin de la miction, la contraction des fibres musculaires de l'urèthre et du bulbocaverneux assure l'expulsion des dernières gouttes d'urine.
Le besoiû d'uriaer dépea l, d'après Mosso et Pellegani (1881-82), non de l'état d 3 distension de la vjssie, mais du degré de pression supportée par ses parois. Il so produit chaque fois que la pression iutérie ire atteint 18 à 20 ceutim.
d'eau. La tunique musculair(3 de la vessie présente un état de demi-contraction penuaneate ou tonus, comparable au tonus vasculaire. Le tonus vésical (mesuré au moyen d'un manomètre couimuniquant avec la cavité de l'organe) présente des oscillations périodiques (respiratoires) et autres, analogues à celles du tonus vasculaire.
Le mécanisme assez compliqué de la miction est sous la dépendance d'un centre nerveux situé dans la moelle lombaire (Goltz).