II. — PHÉNOMÈNES MICROSCOPIQUES DE LA CONTRACTION
MUSCULAIRE
Structure de la fibre musculaire striée (Brûgke, 1858 ; Hensen, 1868 ; Flôgel, 1872 ; Merkel, 1872 ; Kuause, 1873 ; Engelmann, 1873-75 ; RoLLETT, etc.). — La fibre musculaire striée se compose 1" d'une membrane d'enveloppe, anhiste, de nature élastique, le sarcolemme, qui se continue avec la gaîne de Sghwann au niveau de la plaque teriiiinale de la fibre nerveuse motrice ; 3° d'un contenu contractile, de structur.3 fibrillaire ; 3"» de quelques noyaux entourés chacun d'une minime atmosjjhère protoplasmatique, et situés généralement à la surface interne du sarcolemme.
Les fibrilles mus-;ulairis sont formées de segiuents semblables, se succédant suivant leur longueur, et séparés les uns des autres par une mince cloison transversale obscure {strie mince d'AMiGi, strie intermédiaire). Dans chaque segment de fibrille, on distingue une portion moye.ine obscure, biréfringente (anisotrope), riche en matériaux solides, se colorant par l'iiématoxyline, le picrocannin, etc. {élément charnu de Bowmam), séparée, de chaque côté, de la strie intermédiaire, par une zone claire, monoréfringente (isotrope), riche en eau, ne se colorant pas par l'hématoxyline. Comme cette succession de parties claires et obscures se trouve à des liauteurs correspondantes dans les fibrilles adjacentes, il en résulte, sur la fibre entière, une apparence de bandes transversales alternativement claires et obscures La fibre cylin Irique ou prismatique semble formée de disques clairs et obscurs empilés.
Chaque segment de fibre présente donc en son milieu un disque anisotrope foncé (a, fig. 1313), et à ses deux extrémités un disque isotrope clair (i). Les segaients adjacents sont séparés par les disques intermédiaires (m), espèces de cloisons fort minces et assez résistantes, auxquelles s'att iche le sarcolemme. Nous laissons de côté quelques détails de structure peu i nportants au point de vue physiologique, par exemple, l'existence fréquente, dans les umscles d'articulés, (ledis[ue-i accessoires, fiau [uant de dm [ue côté le disq;ie iuterméliaire, -elle d'un lisciae médian, divisant par le milieu le «lis [ue anisotro^'e, etc.
Image microscopique de la fibre contractée. — Lors de la contraction de la filn-e mus-ulaire, chaque segment de fibrille diminue de longueur et augmente d'épaisseur. La diminution de longueur porte exclusivement sur la substance claire, i^otiiû^je i le bâtonnet de substance anisotrope .-onsirve sa longueur, mais gonfle dans le sens transversal : il y a donc absorption de la substance aiiueuse isotrope, parla substano solid,' anisotrope.
Cette alisorpt.on est d'aut.mt plus pi'ononcée que le muscle se raccourcit davantage ; il arrive enfin un moment où la substance claire a disparu presque complètement, et où les extrémités des disques anisjtropes viennent se mettre
en contact avec le disque intermrdiaire ; le strié transversal devient nlors moins distinct : c'est le stade auquel plusieurs histoiogistes ont donné le nom de stade homogène.
Si la contraction s'accentue davantage, on observe le stade d'hiversion : les disques intermédiaires continuent à se raj)pi-oclier ; ils deviennent de plus en plus foncés, tandis que la région du disque anisolrope s'éclaircit, sauf en son milieu, où se dessine une bande médicine sombre do peu d'épaisseur. A ce moment, l'image • de la fibre musculaire est la même à la
lumière polarisée qu'à la lumière ordinaire, tandis que sur une fibre étendue f,Ç^:wt^^^ et au repos, les disques obscurs à la lumière ordinaire, étant Ijiréfringents, sont clairs à la lumière polarisée (examinés entre les Niçois croisés) ; et réciproquement, les disques monoréfringents, clairs à la lumière ordinaire,
Fig. 139. - Fragment (le fibre musculaire d'hy- SOnt obsCUrS à la lumière polarisée,
dropliile, contractée à droite, relâchée à gauche. D'après EnGKLMANN, l'absOrption ilu
m, disque mince ou disque intermédiaire ; a, , ^
disque obscur, anisotrope, i, disque clair, isolro- liquide isotrope par le SoUde anisotrOpO
pe (LÉON Fbedericq, BnJl. Acad.sc. Bels. 1876.) „ •. i , , i»» i -i -j-
^ ^ ' serait un phénomène d iinlubilion.
Les données précédentes ont principalement été obtenues par l'étude microscopique des fibres musculaires d'insectes [Hydrophilus piceus, Telephorus melanurus, etc.) tués dans l'alcool. L'alcool fixe les libres à ditférents états de contraction ; on rencontre parfois des fibres contractées sur un de leurs bords, relâchées sur l'autre : on observe alors une apparence analogue à celle de la fig. 139. Dans d'autres cas, la fibre a été tuée au moment ou une onde de contraction naissait au niveau de la plaque terminale : on observe alors, suivant la longueur de la fibre, une succession de segments musculaires i.résentanL toutes les transitions entre la contraction la plus énergique et l'extension complète.
Au reste, les histologistes sont loin de s'entendre sur la structure intime de la fibre musculaire striée, et la littérature spéciale de cette question est représentée par un nombre énorme de mémoires volumineux,