VII. — APPENDICE
Muscles lisses <^)- — Dans l'exposé des propriétés physiologiques du tissu musculaire, nous avoas eu surtout en vue les muscles striés. Mais la physiologie des muscles lisses obéit d'une manière générale aux mêmes lois.
L'excitant qui met en jeu la contractilité des muscles lisses doit avoir une certaine durée ou être répété un certain nombre de fois. La courbe de contraction des muscles lisses est beaucoup plus allongée dans toutes ses périodes que celle des muscles striés.
Les muscles lisses présentent fréquemment un état de tonus ou de contracture permanente (automatique ?) qui peut s'exagérer ou s'affaiblir •. — — — - — — »
(1) R. BU Bois-Reymond, AUff. PhysCoI. der glatfen Muskeln, dans Nagel, Hatulb, d. P)>ysiologi 1V> 1907. UuUtzneh. Die glatlcn Muskeln dans Ergebn. d. l'hyslol. 1G04.
SOUS diverses influences, notamment sous celle du système nerveux central (s. nerveux autonome). Le froid, l'asphyxie, etc. exagèrent le tonus. Souvent aussi les muscles lisses montrent des contractions rythmées (en apparence spontanées).
La contraction provoquée ou née dans une fibre lisse, se propage de proche en proche aux libres voisines.
L'atroprhê^ûpprfme l'action des nerfs moteurs sur les muscles lisses : le curare n'a pas ici la même action paralysante que pour le nerfs des muscles striés.
Morgan 1890, Winkj^er, P. Sghlltz 1897, Dixox 19(i2 ont étudié les propriétés du tissu musculaire lisse sur un lambeau annulaire découpé transversalement dans l'estomac de la grenouille. On enlève la muqueuse et on empoisonne par l'atropine pour éliminer l'influence des éléments nerveux contenus dans la préparation.
Mouvements du protoplasme. Cils vibratiles. Mouvement Brownien*').
— Los luGuvo.neiits du proloiilasiiie s'étuiiient au miorosoope sur k-s leucocyte;;, les aiiiibis, etc. Les propriétés principales <iu protoplusuie ont été si^'iialées p. 8. Pour la composition cliiiniqiie des leucocytes, voir p. 43 ; pour lu pha>^ocytose,p.71 ; pour l'iiilluence de la température, p. 211 ; pour la respiration de l'oxygène des cellules vibratiles p. 183 ; pour le rôle des leucocytes dans la coagulation du sang, p. 46.
On s'adressera par ex. à l'épithélium qui revêt la muqueuse du pharynx et de l'œsophage de la grenouille, afin d'étudier les mouvements des cils vibratiles. En raclant la voûte p ilatine avec le manche d'un scalpel, et en étalant le produit du raclage sur un porte-objet, on a une excellente préparation microscopique, qui montre des groupes de cellules à cils vibratiles en mouvement.. Si l'on fend le pharynx et l'œsophage, de manière à mettre à nu la muqueuse, et si on la maintient étalée au moyen d'épingles, on pourra déposer à sa surface des objets légers, des fragments de liège, de papier, et les voir progresser dans la direction do l'estomac, sous l'influence des mouvements des cils vibratiles. Un œsopliage de grenouillH, isolé complètement, fendu suivant la longueur, et déposé sur sa face interne, progressera lentement par le mouvement des cils : on a ainsi la limace artificielle de Mathias Duval.
Si l'on l'xamine à un fort grossissement des particules solide-; suspendues dans un liquide (par ex. les granulations calcaires cristallines, formant des amas bhmchàtres sur les côtés de la colonne vertébrale de la grenouille^, on les verra animées d'un mouvement oscillatoire plus ou moins rapide, connu sous le nom de ynouvemcnt Broirnien. Ce mouvement s'expiique par des causes purement physiques, et s'observe sur les gramiles minéraux, tout comme sur ceux d'origine organique.
(I) V. Jknsf.n. I'rotoplasmabe\<'effnnff clans Kifichii. d. Phyaiol. 1, 1904. PUttkh. Fliiniucrhowcf^nnr^ dans Erf^elin. d. I^livsinl. II, 1003.
Otto Wkiss. l'roloplasrnnlio<x'Cfinnff et Fliiiimrrlu'wrfiiiufr dans N.ioel, Ilandb. d. Ph)-8lol. TV, 1908. >V. Hieueumann. IVr^'I. l'hysiol. d. irritablcn Snbstaiizen, Ergebn. d. Physiol, VIU, 1908.
C'est grâce au système nerveux, que les différentes parties du corps sont reliées fonctionellement, et peuvent réagir pour ainsi dire instantanément les unes sur les autres. Les nerfs transmettent vers les centres les excitations émanées du monde extérieur, et qui ont impressionné la surface sensible de l'organisme; ils sont également chargés de transporter des centres vers la périphérie, les impulsions motrices et autres qui provoquent dans les organes périphériques les réactions motrices, glandulaires, etc. Enfin c'est également par les fibres nerveuses, que les différentes parties des centres nerveux communiquent entre elles.
On a fort justement comparé le système nerveux au réseau télégraphique qui relie entre elles les différentes localités d'un pays. Dans cette comparaison, les nerfs sont les fils conducteurs du télégraphe ; les organes terminaux auxquels aboutissent les conducteurs nerveux, tant du côté de la périphérie que du côté des centres, représentent les bureaux télégraphiques d'expédition ou de réception des dépêches.
Gomme les fils télégraphiques, les nerfs sont des conducteurs indifférents qui pourraient servir à transmettre les dépèches (c'est-à-dire l'excitation) dans les deux sens de leur trajet. Mais en fait, dans l'organisme, chaque nerf est utilisé de manière à conduire l'excitation dans un sens déterminé, toujours le môme. D'où la distinction des nerfs en nerfs centripètes ou sensibles, transmettant les excitations de la périphérie vers le centre, et en nerfs centrifuges (nerfs moteurs, glandulaires, arrestateurs), affectés au transport des excitations du centre à la périphérie.
Nous étudierons successivement l'excitabilité et la conductibilité des nerfs, les phénomènes électriques dont ils sont le siège, et enfin les conditions de leur fontionnement. Pour la bibliographie, voir p. 359, à la physiologie générale des muscles.
PHYSIOLOGIE GÉNÉRALK DBS NKHFS. 399