COUCHE OPTIQUE
A bien des égards, la couche optique fait partie du mésocéphale, à d'autres points de vue elle se rattache aux hémisphères cérébraux (voir plus loin).
3™« Section. — HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX.
Aperçu anatomique. — L'écorce cérébrale constitue (fig. 199) un manteau complet de substance grise enveloppant tout l'hémisphère, manteau vers lequel tendent toutes les fibres do la couronne rayonnante, et dont les différents points
sont abondamment reliés fonctionnellement par les fibres commissurales et par celles d'association.
On distingue plusieurs types de cellules nerveuses corticales. Les plus l'emarqnables sont les grandes cellules pyramidales, à prolongements protoplasmiques multiples et richement subdivisés, et munis d'un axone basai. Ce dernier s'entoure de myéline, devient une véritable fibre nerveuse, émettant des collatérales.
Pour une part les fibres issues des cellules corticales se rendent dans les masses blanches qui quittent l'écorce, notamment dans la capsule interne ; d'autres deviennent des fibres commissurales ou d'association. Les axones des cellules plus petites se rendent surtout dans les traînées de substance blanche propres à l'écorce. Quel([ues-unes émettraient plusieurs axones.
Nous rattachons aussi au cerveau les masses grises centrales, les ganglions de la base du cerveau (corps strié, noyau lenticulaire) et couche optique.
En fait do traînées de substance blanche, composée presque exclusivement de fibres nerveuses (fig.199), nous avons a) des fibres qui naissent et se terminent dans l'écorce : d'abord les fibres commissurales (celles du corps calleux notamment), reliant l'un à l'autre
Fig. 199. — Schéma (Ip.s fibres du cerveau. — S. /, fente longitudinale du cerveau ; se. Sy, scissure de Sylvius ; ce, corps calleux; co, couehe optique; L, noyau lenticulaire ; G, capsule inlcruc ; P, Pont de Varole ; p\ pied pédonculaire.
des points corticaux homologues des deux hémisphères (Meynert), puis \es^^bres cLassûniation (Meynert), qui relient deux points du même hémisphère.
b) Une seconde catégorie de fibres, dites fibres de projection CSIkysert) sortent de l'écorce et descendent vers des parties grises plus ou moins déclives de l'axe cérébro-spinal, en constituant la couronne rayonnante. Les plus courtes d'entre elles relient l'écorce aux ganglions de la base du cerveau, surtout à la couche optique ; elles sont pour la plupart corticopètes. D'autres, plus longues, sont corticofuges ; elles descendent jusque dans le mésocéphale et jusque dans la moelle épinière. Ces dernières se condensent dans la capsule interne, {Ci, lig. idd), eu un faisceau lil>rillaire important, étalé en évantail d'avant en arrière, entre la couche optique en dedans, et le noyau lenticulaire en dehors. Plus bcis encore elles constituent le pied pédonculaire (tig. 193) ; les unes se terminent dans la substance grise du pont de Varole, les autres se continuent directement dans les libres pyramidales de la moelle épinière et se terminent dans la substance grise médullaire. Les fibres pyramidales et probablement aussi celles qui se terminent dans le ponlTde-Vaïole sont des axones des grandes cellules pyramidales de TecacceHroktadique. — 11 y a aussi les filtres de projection corticopètes venues par le ruban de Rbil, et qui s'arborisent au contact des cellules corticales.
Sous le rapport de la quantité de fibres de projection qui en partent, il y a une grande ditrèrence entre les divers territoires corticaux, et à cette différence anatomique correspond une diflférence phvbiolojique fondamentale. Certains territoires corticaux sont abondamment fournis de fibres de prujection, tant corticopètes que corticofuges; on les nomme «centres corticaux de projection i. D'autres territoires corticaux sont pauvres en fibres de projection, mais ils sont reliés aux autres territoires corticaux par de nombreuses fibres d'association ; ce sont les « centres corticaux d'association » (Fleghsig).
Les hémisphères cérébraux, surtout l'écorce cérébrale, sont le siège des fonctions psychiques. — En ce (|ui regarde le siège des sensations, l'endroit où l'inllux nerveux d'un nerf dit sensiljle provoque une sensation, c'est certainement le cerveau, car l'excitation de n'importe quel nerf ne provoque une sensation qu'à la condition que l'influx nerveux, propagé dans le nerf, arrive au cerveau. Pour ce qui est des manifestations intellectuelles telles que la conscience, la volonté, la mémoire etc. etc , les lésions du cerveau les amoindrissent souvent ou les abolissent chez l'homme, tandis que les lésions les plus diverses des nerfs périphéri [ues et de la moelle les laissent intactes. Et parmi les lésions cérébrales, celles qui intéressent seulement l'écorce ont souvent cet etfet. La maladie mentale dite t paralysie progressive » est le prototype des lésions corticales. D'autre part l'extirpation des liémisphères (voyez pp. 305 et suivantes; abolit chez l'animal les signes de l'intelligence. — Cependant, il n'est par rare de constater que chez l'homme, la destruction ou la perte de quantités considérables de substance cérébrale des hémisphères n'occassioune aucune diminution de ce qu'on appelle ordinaire. nent intelligence. Tout un hémisphère peut môme manquer chez l'homuie ou être enlevé chez l'animal sans quo les manifestations intellectuelles soient amoindries ; tout au plus y a-t-il da'ns la moitié opposée du corps quelque faiblesse musculaire et une certaine insensibilité.
On a fait remarquer que les hommes doués d'une grande capacité intellec-
tuelle ont fréquemment le crâne et le cerveau volumineux. Le poids moyen du cerveau de l'homme étant de 1400 à 1500 grammes (contre 1300 grs. chez la femme) celui de Lord Byron pesait 2238 grs, celui de Gromweix 2233 grs, et celui de CuviER 1822 grs. Cette règle souffre cependant des exceptions, car le cerveau de Gambetta était relativement petit.
On a cru trouver une mesure de l'intelligence dans le développement des circonvolutions cérébrales. Le cerveau du célèbre mathématicien Gauss avait les circonvolutions extrêmement développées. Mais on cite des exceptions à cette règle. — Ge critérium de l'intelligence ne pourrait pas s'appliquer aux animaux, car des animaux très intelligents ont peu de circonvolutions, et d'autres peu intelligents (les Ruminants) en sont abondamment pourvus.
Dans la série des vertébrés, le développement relatif des hémisphères et surtout de l'écorce cérébrale est sensiblement en raison de l'intelligence. L'analogue de l'écorce grise n'existe pas, à proprement parler, chez les poissons osseux ; elle est très rudimentaire chez les Batraciens, se développe davantage chez les Reptiles et chez les Oiseaux, pour acquérir son maximum de développement chez les Mammifères supérieurs.
Principe des localisations cérébrales. — L'intelligence est évidemment la résultante du concours fonctionnel de toutes" les parties du cerveau. î'lourens avait observé qu'eu enlevant chez le pigeon des tranches de plus en plus considérables du cerveau, ce qu'on peut appeler l'intelligence de cet animal semblait diminuer progressivement et dans tous ses éléments, proportionnellement à la masse cérébrale enlevée. Il se figurait donc que les diverses parties du cerveau étaient similaires au point de vue fonctionnel, que toutes contribuaient également à produire l'intelligence, à peu près comme les diverses portions du foie contribuent à sécréter la bile. En d'autres termes, il n'y aurait pns de localisations cérébrales.
Les idées de Flourbns restèrent dominantes en physiologie, malgré les travaux de Bauillaud et de Broca sur l'aphasie, malgré les déductions anatomiques de Meynert, jusqu'en 1870, époque à laquelle Fritsgh et Hitzig inaugurèrent la vraie physiologie expérimentale du cerveau, en montrant que l'excitation électrique d'une partie déterminée de l'écorce produit des contractions dans certains muscles, toujours les mêmes. C'est à partir de ce moment que la question des localisations cérébrales est délinitivement résolue par l'affirmative. C'est depuis lors qu'on pénètre lentement, mais progressivement le mécanisme des innervations cérébrales, étude qui constitue l'objet de la physiologie du cerveau, (i)