B. VISION OU JUGEMENTS VISUELS
L'utilité de notre organe visuel ne se borne pas à nous fournir la richesse de sensations que nous venons d'examiner. A l'aide de nos sensations visuelles, nous nous orientons parmi les objets extérieurs : nous formons dQsju(iements sur leurs positions respectives entre eux et vis-à-vis de nous mêmes ; nous apprécions les distances entre les objets : nous « voyons » les objets extérieurs. Mais l'appréciation des distances n'est pas implicitement
GltAt>lTRE XIV.
donnée dans les sensations : celles-ci ne sont que des signes que notre jugement a appris à interpréter dans un certain sens (Helmholtz). La vision est donc un acte psychique, et comme tel, échappe aux méthodes d'investigation dont dispose la physiologie. Nous pouvons cependant relever les caractères de nos sensations à Taide desquels nous parvenons à porter un jugement sur les objets extérieurs, et rechercher le déterminisme physiologique de ces jugements C'est ce côté de la vision qui est accessible aux investigations physiologiques.
Les sensations lumineuses naissent quand notre appareil nerveux optique est excité n'importe de quelle manière. Mais pour que nous puissions « voir », il faut quelque chose de plus. La première condition de la * vision », tant avec un œil qu'avec deux yeux, est que ce soit la lumière qui excite la rétine. Ensuite, il faut que les rayons lumineux arrivent d'une certaine manière sur notre rétine, qu'il se forme sur cette dernière une image des objets extérieurs. C'est aux milieux transparents de l'œil que revient ce rôle, décrit et exliqué sous le nom de « dioptrique oculaire ».