VISION PROPREMENT DITE
Dans ce qui précède, nous avons envisagé trois conditions préalables à la « vision », à tout «jugement visuel » sur les objets extérieurs. Ces conditions sont : a) l'existence de sensations visuelles ; b) la réfraction de la lumière dans l'œil, en vertu de laquelle les rayons lumineux partis d'un point lumineux se réunissent sur la rétine en un point focal (formation des images rétiniennes) ; c) les mouvements oculaires. Nous allons voir de quelle manière ces éléments sont utilisés quand nous portons des jugements visuels.
Nous pouvons voir avec un seul œil — vision monoculaire — . Mais une vision normale suppose l'usage des deux yeux — vision bi^ioculaire — .
Avant d'entamer la « vision • proprement dite, examinons quelques questions qui interviennent dans ces sortes de questions. De ce nombre est a) le champ visuel binoculaire, la correspondance ou identité des deux rétines, l'horoptère; b) la vision droite avec des images rétiniennes renversées, et c) les observations faites sur les aveugles de naissance qui ont acquis plus tard la vision, à la suite d'une opération.
VISION BINOCULAIRE.
I. Giiamp visuel binoculaire. Points rétiniens correspondants.
Horoptère. — Les deux champs visuels monoculaires se couvrent dans leur plus grande étendue ; il n'y a qu'une petite zone temporale de chaque champ monoculaire qui ne fasse pas partie du champ visuel binoculaire. Un objet qui forme son image sur la rétine d'un œil forme donc aussi, règle générale, une telle image dans le second œil. Bien que chaque objet forme
Organe visuel.
ainsi deux images rétiniennes, nous le voyons cependant simple, mais seulement dans certaines circonstances. — Dans certaines circonstances, nous voyons doubles la plupart des objets qui remplissent notre champ visuel binoculaire. Mettons | le doigt ou un crayon verticalement devant les yeux, et fixons un objet plus éloigné, le mur par exemple. En couvrant et en découvrant de la main alternativement les deux yeux, nous verrons que le crayon se couvre avec deux endroits différents du mur. En accélérant le mouvement de la main, le crayon a l'air de sauter d'une position dans une autre. Finalement, avec quelque attention, nous verrons le crayon réellement double avec les deux yeux (diplopie binoculaire). Inversement, en fixant le crayon (et en couvrant alternativement les deux yeux), les divers points du mur paraîtront doubles.
Le point fixé binoculairement paraît simple : un point qui forme image sur les deux fovece centrales est vu simple.
Soit 0 (flg. 256) le point fixé, vu simple. Un point o\ plus éloigné, formant dans chaque œil son image en dedans de la macula lutea, peut paraître double ; l'œil droit le voit à droite, lœil gauche le voit à gauche du point fixé, comme on peut se convaincre si on fait disparaître l'image d'un œil en le couvrant de la main. Un point o", plus rapproché que le point de fixation, peut paraître double également, mais l'œil droit le voit à gauche, l'œil gauche le voit à droite de o {diplopie croisée, en opposition avec la diplopie homonyme du cas précédent).
Les deux foveœ centrales ne sont pas cependant la seule paire de points rétiniens à l'aide desquels nous voyons simple. Soient (fig.257) les deux yeux dirigés vers le firmament étoilé,par conséquent avec les deux lignes visuelles aa et aV parallèles, et fixant une étoile, qui forme ses deux images dans les deux fovece centrales, en « et en a'. Une étoile
Fig. 256
voisine envoie dans chaque œil des rayons parallèles b^ et &'/3' ; son image se formera dans les deux yeux en ^ et en fi', à égales distances et à droite des foveœ centrales. Une étoile à droite de celle fixée formera de môme ses images en y et y', à gauche et à des distances [ay et a'y') égales des fossettes centrales. Et il en est de môme de toutes les étoiles du firmament. Or, toutes les étoiles étant réellement vues simples, nous en concluons que tout point lumineux paraît simple s'il forme ses deux images sur les deux fossettes centrales, ou bien à égales distances (à droite, à gauche, etc.) des deux fovece centrales. On nomme couple de points rétiniens correspondants (ou points identiques) les deux points, un dans chaque rétine, qui servent à voir simples les points de l'espace. Chaque point rétinien a son correspondant dans l'autre rétine. D'après l'expérience précédente, si on superposait les deux rétines de manière que les deux fossettes centrales (c fig. 258) se
couvriraient, ainsi que les deux méridiens verticaux (vv); chaque point rétinien serait recouvert par son correspondant.
Dans certaines circonstances, un point de l'espace qui forme ses images sur deux points non correspondants est vu double. Ainsi, pendant ^'S- 258. que les deux lignes visuelles sont parallèles,
une lumière promenée dans l'espace au devant de l'œil sera généralement vue double dans toutes les positions. — On n'a qu'à tirer de n'importe quel point m (fig. 257) les deux lignes de direction, pour voir que ses images ne tombent pas sur deux points correspondants. Dans l'exemple choisi, l'une image est située à droite, l'autre à gauche de la fovea centralis.
Si les deux yeux convergent (fig.
259) sur un point B, dont les images tomberont sur les fossettes centrales, et qui sera donc vu simple, une lumière promenée le long de la circonférence de cercle qui passe par le point de fixation et dont les deux extrémités se rejoignent en passant par les yeux, continuera à être vue simple. Mais qu'on la place en dehors de cette ligne courbe, plus près ou plus loin des deux yeux, et elle sera généralement vue double.
Il est facile de voir que le point lumineux A, situé n'importe où Fig. 259. sur la ligne courbe, forme ses ima-
ges sur deux points coriespondants (les angles inscrits dans un cercle
et sous-teadus par la même corde, sont égaux), et qu'il n'en est pas ainsi d'un autre point du plan du papier.
Etant donnée la convergence des deux yeux, on peut construire t le lieu géométrique » de tous les points qui sont vus simples. On n'a qu'à tirer (à partir de la rétine, et à travers le centre optique de l'œil) les lignes de direction de chaque couple de points correspondants. On a donné le nom d' < horoptère » (J. Mueller) au lieu géométrique des points de l'espace qui forment leurs images sur des points correspondants. La forme de l'iioroptère varie avec le degré de convergence. En général ce n'est pas une surface, mais une ligne très compliquée, une courbe du S"' et même du 4">«' degré, trace de l'intersection de deux surfaces du 2'"* degré. Quand les deux yeux convergent vers un objet situé droit devant nous, le cercle de la figure 259 en constitue la partie essentielle ; il faut de plus y ajouter une ligne verticale passant par le point de fixation.
On a dans le temps attribué à l'horoptère une importance exagérée. Dans l'hypothèse de l'identité absolue, rigide, des deux rétines, i. e. en admettant que seuls les points correspondants servent à voir simple, on dit que tout point luminetcx situé dans l'horoptère est vu simple, et que tout poi7it situé en dehors de l'oroptère est vu double. — Cette proposition, souvent acceptée comme vraie, est certainement erronnée. Lorsque je me promène dans une allée d'arbres, je ne les vois pas double, et néanmoins la plupart d'entre eux sont situés en dehors de l'horoptère momentané. A la page 682, nous verrons une autre preuve démontrant qu'un objet non situé dans l'horoptère peut être vu simple. — Dans les conditions de l'expérience de la figure 256, on voit double tout point non situé dans l'horoptère, parce que dans cette expérience on se place dans des condiiious anormales, excluant plus ou moins le mécanisme de la vision binoculaire. Si le point o' (ou o") n'est pas trop éloigné du point de fixation, on peut le voir simple. Ge n'est généralement qu'en couvrant alternativement les yeux que surgit la diplopie, c'est-à-dire en supprimant les conditions de la vision binoculaire. Mais c'est à tort qu'on admet souvent que dans la vision habituelle nous voyons doubles la plupart des objets, mais que nous ne remarquons pas les doubles images < parce que nous n'y ferions pas attention » .
Le fait général que nous voyons simple avec les points correspondants des deux yeux, bien que chaque point lumineux produise deux impressions rétiniennes, n'est pas plus surprenant que cette autre constatation journalière que nous ne croyons pas nous trouver en présence de deux objets similaires quand nous en tâtons un des deux mains. Suivant la théorie psychologique de la vision, cela résulte de ce que nous n'avons guère conscience de nos sensations comme telles, mais que nous les transformons immédiatement en perceptions, c'est-à-dire que nous les reportons au dehors de nous, comme propriétés d'un objet extérieur. Du moment, dit-on, que les deux sensations sont reportées, par un acte psychique, au môme endroit de l'espace, il n'y a rien d'étonnant à ce que les deux sensations soient attribuées à la même cause. Nous reportons au même objet une foule d'autres qualités sensorielles, qui sont du domaine des autres organes des sens, et cependant nous ne croyons pas à la présence d'autant d'objets distincts que nous éprouvons de qualités sensorielles différentes.
Dans l'opinion des auteurs qui admettent que nous voyons doubles la plupart
678 CHAPITRE iiv.
«les objets, les considérations précédentes ne s'appliquent qu'à la vision simple avec les points rétiniens correspondants. Il leur reste donc à expliquer pourquoi nous ne remarquons pas ordinairement les doubles images de la grande majorité des objets situés dans notre champ visuel binoculaire, mais ils n'arrivent à aucune explication satisfaisante.
On n'avance en rien la question en relevant que les doubles images étant ordinairement diffuses (on n'accommode que pour le point de fixation), ou tombant ordinairement sur des parties périphériques de la rétine, sont négligées d.'autant plus facilement. Car en fait, nous les remarquons, témoin la connaissance que nous avons de la situation des objets vus indirectement. — Du reste, la vision avec les deux fossettes centrales n'est pas toujours simple non plus. Si on regarde dans le stéréoscope deux vues d'un objet dont l'une est peinte par exemple en rouge, l'autre en vert, la plupart des gens ne voient pas l'objet en blanchâtre, mais tantôt ils le voient en rouge, tantôt en vert (lutte entre les deux champs visuels).
Dans les discussions de ce genre, on se contente quelquefois du t manque d'attention », ou bien on développe qu'en réalité nous voyons doubles tous les objets, mais que nous fondons en une seule représentation les deux images. Cette opinion est au moins contestable. Mon sens intime est absolument muet au sujet de ces deux sensations. Lorsque les conditions de la vision binoculaire sont réalisées, je vois simple avec les deux yeux, avec la môme évidence que si je regardais d'un seul œil.
Nous touchons ici à un des points les plus controversés de la physiologie des sens. ï^i nous allons au fond des choses, nous remarquons qu'il y a même une question préalable à résoudre, celle de savoir pourquoi les excitations des différents points rétiniens sont projetées en dehors de nous, et celle de chaque point dans une autre direction. A cette première question s'en rattache une autre, qui de tout temps a occupé les esprits, celle de savoir pourquoi nous voyons droits les objets à l'aide d'images rétiniennes renversées.
Deux tendances se combattent aujourd'hui sur ce terrain. Tandis que les uns, à la suite de Helmholtz, mettent surtout en avant dans la vision l'intervention de l'intelligence, du jugement, de l'expérience personnelle C^enû?a/icej3sycAo^o^z^we ou empirique), les autres, à leur tête Hering, prétendent qu'il faut une réponse plus physiologique aux questions de « vision », et essayent de ramener ces « jugeaienls » à des propriétés physiologiques innées de l'appareil optique (tendance nativisiique ou de Vinnéité). — C'est ainsi que le nativitisme admet que chaque sensation visuelle comprend de prime abord, par essence, un élément objectif et môme corporel; qu'une sensation bleue par exemple serait sentie toujours avec au moins deux dimensions. La théorie empiristique au contraire soutient (et nous nous sommes placés à ce point de vue dans ce qui précède), que rien de corporel ni d'objectif n'est donné primitivement dans la sensation, et que le « jugement », acte psychologique, la rapporte en dehors de nous, à la suite d'expériences souvent répétées .
On trouvera le point de vue psychologique ou empirique exposé et défendu dans la t Physiologie optique » de Helmholtz, et le point de vue nativistique dans les écrits de Hering (i).
(1) Dettruge z, Physiol. 18G1-1892. Un résumé des idées de Hering se trouve dans le t. III du Hdb. d. Physiol. de Uermann.
Dans l'exposé de la « vision » qne nous avons donné ailleurs (^), nous avons essayé d'un point de vue encore plus radical que celui de Hering, celui de la physiologie pure (voit- p. 551), en ne considérant les phénomènes visuels psychiques que comme des t épiphénomènes » des processus nerveux visuels. Dans ces t éléments de physiologie » nous avons dû nous placer au point de vue empirique.
Dans la théorie psychologique ou empirique de la vision, on convergerait donc pour faire disparaître la diplopie. La convergence serait un acte volontaire, incité par la volonté psychique. — Il serait peut-être plus exact d'envisager la convergence comme un simple réflexe, qui serait provoqué chaque fois que nous avons des excitations rétiniennes binoculaires non congruentes, non identiques.
Voici encore, comme exemple de ces discussions, la question de la vision droite avec des images rétiniennes renversées, envisagée au point de vue empirique.
II. Vision droite avec des images rétiniennes renversées . — Le fait de l'acaité visuelle suppose que l'excitation d'un cône rétinien soit conduite isolément vers les centres nerveux, où elle est perçue isolément et distinguée d'une excitation identique d'un autre cône. De même aussi nous distinguons l'excitation d'un de nos doigts de celle des autres (les yeux étant fermés). Il faut donc que la sensation produite par l'excitation d'un point rétinien diffère d'une sensation provoquée par l'excitation identique d'un autre point rétinien par quelque chose d'autre que par la € qualité » et la « quantité », qui sont les mêmes pour les deux. Nommons, avec Lotze etHELMHOLTZ, * signe local » ce caractère de la sensation, inconnu dans sa nature, par lequel nous distinguons deux impressions identiques, faites sur deux endroits rétiniens. Le signe local étant admis, les diverses questions de vision peuvent se ramener à une question d'expérience individuelle, et voici comment : Un point lumineux objectif, dans une situation déterminée par rapport à l'œil, excitera toujours le même élément rétinien, provoquera une sensation toujours la même, mais distincte par son signe local de celle qu'il provoquerait dans une autre position par rapport à l'œil. A l'aide d'autres sens, en portant la main dans le champ visuel (sensation musculaire), nous nous sommes convaincus des centaines de fois qu'à tel signe local correspond toujours un objet situé dans telle partie du champ visuel, par exemple en haut ; qu'à un autre signe local correspond toujours un objet en bas du champ visuel, etc. A force d'interpréter les signes locaux à l'aide de mouvement de la main notamment, ce contrôle est devenu inutile. — Ainsi s'explique la vision suivant les deux dimensions, sans que nous ayons besoin de savoir que nos cônes et nos bâtonnets sont disposés en mosaïque; l'image rétinienne est accessoire dans la vision.
Dans cet ordre d'idées, la question de la vision droite à l'aide d'images rétiniennes renversées est résolue, ou plutôt elle ne peut pas même être
(l)Nu£L, X.a «>(«(on, lu Encyclopédie coutamporaine de psychologie expérlmeatale. Paris, 1894«
6g0 ÛaAPltRE XI V.
raisonaablenaent posée. Ea réalité elle est esquivée, déplacée sur un autre terrain, celui des sensations tactiles et musculaires.
lQVoqa3r(aa poiat di vue aati viatique) cette espèce d'image des objets oKiérieurs projetée daus l'é^orce eérébi-ale (voir < centre psycho-optique », p. 539), cela n'avancerait en rien la question ; ce serait simplement la déplacer, puisque nou8 n'avons pas plUî conscience de cette image «corticale» que de l'image» rétinienne».
Expliquer la vision dfoite par la disposition des cônes et des bâtonnets, dirigés vers le centre de l'œil (Rouget, à la suite de Voltaire), de manière à ce que l'image rétinienne, projetée hors de l'œil suivant les rayons directeurs, soit redressée, cela n'avance pas non plus la question. Il faudrait en efïet supposer que notre sens intime ait connaissance de la direction de^ bâtonnets et de la marche des rayons lumineux dans l'œil I
III. Observations d'aveugles de naissance ayant acquis la vision plus tard, à. la suite d'une opération. — La question traitée dans ce qui précède ferait un pas immense si les enfants se souvenaient plus tard de sensations qu'ils ont éprouvées lors de leurs premiers essais visuels. Les gens aveugles de naissance, et ayant acquis plus tard la vision à la suite d'une opération, réalisent plus ou moins ce desideratum ; ils peuvent nous rendre compte de ce qu'ils éprouvent lors de leurs premiers essais visuels. Les observations faites sur ces individus parlent dans le sens des idées empiriques.
Lors de leurs premiers essais de vision ils ne reconnaissent à la vue aucun objet, aucune personne qui leur sont bien connus par leurs autres sensations (acoustiques, tactiles, etc.). Ce n'est qu'après avoir tâté à plusieurs reprises un objet familier, tel un couteau, une cuillère, etc., qu'ils parviennent à les reconnaître à la vue, après une éducation de plusieurs jours. Une forme ronde trèssimple et connue par le toucher n'est tout d'abord nullement reconnue comme telle à la vue.
Ils n'apprécient pas visuellement les distances : comme des enfants, ils veulent saisir de la main des objets très éloignes. Cependant, dès leurs premiers essais visuels, ils distinguent assez bien les directions dans lesquelles se trouvent les objets qui fixent leur attention visuelle. — Après quelques essais peu nombreux, ils reconnaissent â la vue les personnes et les objets.
La théorie empirique de la vision a utilisé ces observations en sa faveur. Pour ce qui est de la vision de la direction, qui existe lors des premiers essais, et qui semblerait donc être innée, elle répond (par l'organe de Helmholtz) que le plus souvent ces gens sont des cataractes, chez lesquels de gros objets forment une ombre sur la rétine, et que par conséquent avant l'opération ils ont pu faire les ï expériences individuelles » nécessaires.
Sghlottmann a récemment examiné des aveugles de naissance dont la rétine fonctionnait dans toute son étendue, mais chez lesquels le trouble des milieux oculaires était tel qu'un point lumineux éclairait uniforme ment toute la rétine fou ne l'éclairait pas du tout). Ils n'avaient aucune notion visuelle d'une direction visuelle et n'avaient certainement pas fait les « expériences » qu'invoque toujours la théorie empirique. Or, ces sujets localisaient énergiquement les phosphènes par
compression de l'œil, et cela normale méat, c'est-à-dire à l'opposé du point oculaire comprimé. Ce résultat parle en faveur de la théorie nativiste, suivant laquelle toute sensation visuelle aurait toujours un caractère corporel. La vision droite aveo des images rétiniennes renversées serait donc donnée primitivement, ne serait pas le résultat de l'expérience individuelle, ainsi que nous l'avons supposé plus haut.
La théorie nativiste peut faire valoir aussi qu'il est tout naturel que l'aveu jle-né ne « reconnaisse » pas un objet à la vue lors du premier essai visuel. « Reconnaître » est en effet un processus cérébral des plus compliqués, supposant des innervations cérébrales antérieures multiples. — Pour ce qui est de l'appréciation de la distance, elle doit toujours être fort défectueuse, puisque ce sont des borgnes, qui au surplus n'accommoient plus: les deux moyens principaux déterminant l'appréciation de la distancî leur font donc défaut.