‹ Éléments de physiologie humaine a l'usage des étudiants en médecineChapitre 63 sur 164 · V. — CIRCULATION DANS LES CAPILLAIRES · texte numérisé non relu

V. — CIRCULATION DANS LES CAPILLAIRES

Observation. — Les phénomènes de la circulation s'observent fort bien au microscope dans les parties transparentes des animaux vivants (Malpighi 1G61,Leeu\venhoek1695). (Membrane interdigitale, poumon, langue, vessie, de la grenouille, queue des jeunes poissons et des larves de batraciens, membrane alaire de la chauve-souris, mésentère des jeunes mammifères, troisième paupière du lapin, lèvre de l'homme, etc.). C'est un des spectacles les plus intéressants et les plus instructifs auquel on puisse assister.

Eq suivant le passage des artères aux capillaires, on voit le courant sanguin se ralentir graduellement et perdre le caractère intermittent qu'il présentait dans les artères : les saccades, correspondant aux pulsations cardiaques, s'affaiblissent peu à peu, et disparaissent, de sorte que le mouvement de progression devient en apparence tout à fait uniforme dans les capillaires.

Fly. 71. — ririulalit)!! ilansla inombraaf interdigitale (le la patte degreuoiiille; aa, artères;

Dans certains cas exceptionnels, les ^•'■•» velues (>ukky, La circuinnon an sang). pulsations sanguines peuvent se faire

sentir dans les capillaires, et môme se propager jusquj .lans les vein 's. Claude Bernard (1858) a découvert que la section du cordon cervical du grand sympathique était suivie d'une dilatation des petites artères de la face et de l'oreille. Alors, les résistances ne sont plus sutlisantes pour éteindre les pulsations artérielles, qui se propagent à travers les capillaires, et se montrent dans les veines.

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L'oxcitaLion do la corde du tyaipan produit uii etfet analo^Hie dan.s les vaisseaux, de la glande sous-maxillaire : dilatation vasculaire, pouls capillaire et veineux.

Dans les vaisseaux présentant une certaine largeur, les globules rouges se suivent à la file ou en colonne serrée, occupant l'axe des vaisseaux (à cause de leur densité plus élevée que celle du liquide — Sghklarewski, 1868), tandis que le plasma forme un bord clair des deux côtés, le long de la paroi (PoisEuiLLE, 1835). Les leucocytes so rencontrent fréquemment dans ce bord clair, cheminant plus lentement, ou même s'arrêtant tout-àfait contre la paroi. Dans certaines circonstances, on les voit se glisser à travers la paroi des capillaires et se répandre en dehors des vaisseaux, dans les interstices des tissus^ environnants. Les globules du pus dans l'intlammation n'ont pas d'autre origine (^Waller, 1846 ; Gohnheim 1860). Dans les capillaires les plus tins, dont le diamètre est inférieur à celui des globules rouges, ceux-ci sont obligés de s'efliler. de s'amincir pour passer. On peut alors se faire une juste idée de leur grand degré de mollesse.

Vitesse du courant. - La vitesse du sang dans les capillaires se détermine directement au microscope ; il est facile de mesurer la vitesse de déplacement des globules dans le champ de l'oculaire micromètre; et, connaissant le grossissement employé, de calculer leur vitesse absolue. Elle est en moyenne d'un demi-millimètre par seconde chez la .grenouille (E. H. Weber, 18o8); un peu plus forte chez les mammifères : 0.8 mm. d'après VOLKMANN. " — '

Dans certaines cii'constances, l'observateur peut percevoir le mouvement de la circulation dans les capillaires de sa propre rétine (i;omme phénouiène entoptiipie\ Viekordt (18.jG) a utilisé ce fait pour déterminer la vitesse de la circulation capillaire et l'a trouvée un peu supérieure à un demi-millimètre par seconde.

La vitesse ave^ laquelle le sang circule dans les capillaires, peut servir à évaluer approximativement l'aire totale des capillaires de la grande circulation. Les vitesses, avons-nous vu, sont en raison inverse des aires dans chacune des sections su^icessives de l'arbre circulatoire. Dans l'aorte, la vitesse est, en moyenne d'un demi-mètre, c'est-à-dire 1000 fois celle des capillaires. Il s'ensuit que l'aire totale des capillaires du corps doit représenter mille fois la section de l'aorte. D'après Hales (1727), la vitesse serait plus grande dans les capillaires du poumon : on peut en conclure que l'aire totale des capillaires du poumon présente une surface moindre que celle des capillaires de la circulation générale.

D'après Dondbrs, la vitesse dans les dernières ramilications artérielles est encore dix fois plus forte que dans les capillaires. L3 courant, fortement ralenti dans les capillaires, s'accélère de nouveau en passant dans les veines en raison de la diminution de capacité des canaux.

PressioiL. — La pression dans les capilLiires ne peut s^ mesurer que d'une façon détournée. Ludwiq et v. Kries (1875) ont déterminé cette valeur, en

GtRGULATION DU SA.NG.

cheivjhant quelle pression il faut exercer sur la peau, ou sur d'autres organes riches en capillaires, pour faire pâlir ces vaisseaux et en chasser le contenu sanguin. Ils ont trouvé que cette pression varie entre 20 et 50 millimètres de mercure, c'est-à-dire qu'elle est 5 à o fois plus faible que lu pression dans les artères.

FiGK croit que la pression dans les capillaires n'est ({ue fort peu inférieure à la pression du sang dans les artères.

Élasticité. Contractilité. — La paroi des capillaires est extensible et élastique: le diamètre de ces vaisseaux est variable; il dépend de la quantité de sang qu'ils reçoivent par les artères et de la résistance que la paroi et les tissus voisins opposent à leur extension. Les capillaires ne contiennent pas de fibres musculaires dans leur paroi; cependant les cellules endothéliales qui les constituent pourraient, sous l'influence d'excitants extérieurs, changer de forme, se rentier par leur milieu et rétrécir ainsi la lumière du vaisseau (Stricker, 1865; TARGHA.NOFF, 1874).

Variations de volume des organes sous l'influence de la circulation.

— Une notable portion du pxrenchyme des organes est formé de vaisseaux capillaires et autres. Il n'est doue pas étonnant que le volume de ces organes puisse varier dans des limites assez larges, sous l'intluence de différences dans l'énorgie de l'afflux sanguin.

PiÉGU (184G) et un grand nombre de physiologistes ont imaginé des appareils (plélhf/smogvaphes) servait à étudier ces changements de volume. L'organe vivant (avant-bras, main, pied, jambe, lang», pénis, rein, rate, cœur, intestin, cerveau) est enfermé dans un appareil inextensible, rempli d'eau ou d'air. Les changements de volume de l'organe déplacent une quantité équivalente de liquide ; ces déplacements de liquide se transmettent à un tambour à levier, qui se charge de les traduire en graphique.

Les graphùpies montrent la grande inflmmce des variations de la tension artérielL;. Le pouls des organes, à chaque batteuieut du cœur, est repi'ésenté par un tracé semblable à celui qui le sphygmographn fournit pour Ijs artères.

Les mouvements respiratoires et un gi-anl p^, 7.), uvarospiivgmoiîrapiie ii» nombre d'aut.es infiuences modifient le volume ^::^::T:;,^:^T:^'Z. des organes par l'iuterm.Jdiaire de la circulation nuiiucucc des variations de la tension (Voir p. 122). En général, dans les glandes, les ^TvaÀnx d» laimratoire, de Marey). muscles et tous les organes à activité intermittente, les vaisseaux se diliteut penlant le fonctionnement physiologique. C'est ce que Spehl a prouvé en dosant la quantité de sang contenue dans différents organes, pendant la période do repos et pendant celle de l'activité.

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