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VI. —GIRGULATION VEINEUSE

Direction.— Dans les veines, le sang circule de la périphérie au centre, c'est-à-dire des capillaires vers le cœur, comme le prouvent les expériences de saignée ou de ligature des veines (^) (Gésalpin 1583, Harvey 1628).

Cause. — La force d'impulsion que le sang possédait au sortir du cœur, s'use en grande partie par suite des frottements dans les petites artères et dans les capillaires, de sorte que le sang qui pénètre dans les veines n'est plus poussé que par un reste minime de cette action du cœur. Toute trace de mouvement pulsatile a disparu ordinairement.

Il suffit de diminuer les résistances que le sang éprouve à traverser les artérioles et les capillaires (par la dilatation de ces vaisseaux), pour que l'action intermittente du cœur fasse sentir &es effets jusque dans les veines. Ainsi, dans l'expérience d'excitation de la corde du tympan, les veines qui viennent de la glande sous-raaxillaire peuvent montrer de véritables pulsations. De môme, dan>, la vaso-dilatation qui se montre après la section du cordon cervical du grand sympathique, on observera parfois des battements jugulaires.

Outre cette cause principale, plusieurs causes accessoires favorisent la circulation de retour; ce sont :

1° L'aspiration produite dans le cœur au moment de la diastole ventriculaire (vide post-systolique de Marey), et surtout l'aspiration auriculaire produite pendant la systole ventriculaire, par l'abaissement de la cloison auriculo-ventriculaire et par le mouvement de recul balistique du cœur.

2" L'aspiration produite par le vide thoracique, sur les grosses veines plongées dans la poitrine (Garson, 1820, Donders, 1853). G'est cette force d'aspiration qui rend si dangereuses les blessures des grosses veines de la partie inférieure du cou. L'air pénètre alors en sifflant dans les cavités droites du cœur et transforme le sang en un mélange spumeux, qui s'arrête dans les capillaires pulmonaires (ou autres) sous forme d'embolies gazeuses. Ges embolies suspendent toute circulation et peuvent entraîner la mort (Magendie 1821).

L'aspiration thoracique atteint sa valeur la plus élevée pendant l'inspiration, d'où accélération du cours du sang veineux pendant cette phase de la respiration : la pression baisse dans toutes les veines de la moitié supérieure du corps (tète, cou, extrémités supérieures). L'inspiration exerce une action encore plus favorable sur le cours du sang dans les veines des organes abdominaux. A l'aspiration thoracique, vient s'ajouter pour ces vaisseaux, la compression active qui résulte de l'abaissement du diaphragme pendant l'inspiration. Les veines des membres infériours sont seules placées dans des conditions relativement défavorables pendant la phase d'inspiration. Le cours du sang s'y trouve momentanément ralenti ou arrêté, par suite de l'augmentation de la pression intra-abdominale. Le sang des extrémités inférieures doit en effet traverser le milieu abdominal, où

(1) Jusqu'au XVI' siècle, on avait cru, sur la foi cI'Aristote et de Galien, que le sang circule dans les veines en sens inverse c'est-à-dire du centre, le foie, vers la périphérie.

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rèi^ne uae pressioa plurj forte, avant de péaétrer dans I13 m lieu raréfié de la poitrine.

Les variations respiratoires de la circulation de retour se traduisent par des variitions périodiques dan>> le diamètre des vaisseaux v.jiaeux. Ces oscillations (affaissement à l'iuspiration, gonflement à l'expiration) sont des plus manifestes sur lîs grosses veines avoisinaut le thorax, notamment sur les jugulaires externes. Ces variations de volume des veines sont assez importantes pour influencer le volume des organes. La courbe pléthysmographique du cerveau, du bras ou de la m lin, s'abaisse pendant l'inspiration, tandis que la courbe du volume du pied ou de la jamb^i monte à l'inspiration (Mosso).

S*" Les contractious des muscles volontaires favorisent le cours du sang dans les veines qui les. traversent ou qui sont situées dans leur voisinage. A chaque contraction, les veines sont comprimées : grâce à la disposition des valvules qu'elles présentent de distance en distance, le liquide qu'elles contiennent ne peut se déverser que dans la direction du cœur. Le segment aiusi vidé pendant une contraction musculaire, se remplit de nouveau quand le muscle se relâche.

Bu AUNE (187.3) a montré qu'un certain nombre de veines sont disposées de manière à être tantôt dilatées, tantôt comprimées par la contraction des muscles voisins. Grâce à la présence de leurs valvules, ces veines fonctionnent alternativement comme pompe aspirante et com no pompe foulante. Ces appareils veineux d'aspiration se retrouvent en différents endroits du corps ; jambe, cuisse, bras, avant-bras, mâchoire, clavicule, etc, Brauke a décrit en détail la disposition de ce genre que présente la veine crurale. Dans l'extention et l'abduction de la cuisse, les parois veineuses se trouvent relâchées au niveau de la fosse ovale: la pression dans la veine crurale devient négative, et le sang du segment veineux situé intérieurement y est aspiré contre son propre poids. Dans la flexion de la cuisse, au contraire, le contenu veineux est comprimé et chassé dans la direction du cœur.

4° La pesanteur agit favorablement sur le cours du sang veineux qui revient de la partie supérieure du corps.

Le sang qui remonte des membres inférieurs doit au contraire lutter contre la pesanteur. Ou sait avec quelle facilité déplorable il s'y produit des stases veineuses, conduisant à la formation de varices, chez les personnes que leur profession oblige à rester debout et immobiles une grande partie de la journée. Les veines des parties inférieures du corps présentent un grand nombre de valvules.

Cette multiplicité des causes de propulsion et leur peu d'énergie ont pour effet dimprimer à la circulation du sang dans les veines, un caractère d'irrégularité et de langueur, qui contraste vivement avec les conditions de la circulation artérielle,

La Pressioa du sang, mesurée latéraleaient dans les veines, est peu

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élevée (5 à lO""" de mercure) d'après Jagobson (186G); elle diminue à mesure qu'on se rapproche du cœur. Les grosses veines voisines de la poitrine subissent l'influence du vide thoracique : la pression y est négative et soumise à des oscillations étendues, dépendant du rythme respiratoire, Pendant l'inspiration, il se fait une véritable aspiration du sang veineux vers la poitrine.

La Vitesse du sang dans les veines augmente à mesure qu'on se rapproche du cœur; mais elle est des plus irrégulières. On peut évaluer cette vitesse à 200""" dans la veine jugulaire du chien. Elle est moindre que dans les artères (Volkmann, Gyon, 1871) : le système veineux présente en effet des surfaces de section au moins doubles des aires correspondantes du système artériel (veines caves comparées à l'aorte, etc.). La capacité du système veineux est également au moins double de celle du système artériel.

Pouls veineux. — Pour Bambergek (1856), Geigel et beaucoup de cliniciens, le pouls veineux de la jugulaire externe consiste dans un soulève .nent de la veine, qui coïncide avec la systole ventriculaire ; ce serait un phénomène pathologique, ne s'observant que dans les cas d'insuffisance de la valvule tricuspide.

Au contraire, Friedreigh (1865), Potain (1868), Mosso (1878), Gottwalt (1880), RiEGEL (1881), François-Frangk (1882), etc. ont démonti-é, chez l'homme et chez les animaux, l'existence constante, ou tout au moins fréquente du pouls veineux jugulaire (ondulation veineuse des cliniciens), en deliovs de toute lésion cardiaque ou vasculaire. J'ai pu constater chez le cliien que le tracé du pouls veineux (recueilli sur la jugulaire externe, au bas du cou, au moyen d'une capsule à air très sensible, reliée à un tambour à levier) n'est, pour ainsi dire, que le reflet du tracé cardiographique de l'oreillette droite; pulsation positive correspondant à la systole auriculaire, second soulèvement dépendant de la clôture de la valvule tricuspide, puis brusque dépression ou pouls négatif coïncidant avec la déplétion ventriculaire ; la courbe se relève à la fin de la systole ventriculaire, pour s'abaisser une dernière fois au moment de la production du vide post-systolique (voir hg. 38). Les variations de pression intra-auricuLiire qui se développent à chaque révolution cardiaque, réagissent sur le contenu des veines qui aboutissent à l'oreillette, et y produisent des variations dans la vitesse d'écoulement du sang veineux. Il n'y a pas véritible rjiluxdusang veineux, au moment de la systole auriculaire et ilu pouls positif de la jugulaire, mais seulement ralentissement de l'afflux sanguin de la jugulaire.

Le pouls veineux peut se transmettre jusqu'au cjrveau et se traduire à chaque pulsation cardiaque par un petit soulèvement de la courbe pléthysmographique de l'organe.

Circulation de la veine porte. -^ Pression du sang Le sang de la veine porte qui provient de la rate, de l'estomac, du pancréas et de l'intestin, doit traverser un second réseau capillaire, celui du foie, avant de retourner au cœur. Le sang porte circule donc entre deux réseaux capillaires. Les capillaire.s

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hépatiques lui opposent une notable résistance; aussi la pressiondans lajvejjia porte est-elle plus élevée qu-î dans^ les antres, y eines ; elIiT oscille chez le chien, entre 7 et 20 milliaètres de'inerîure (Rosapelly, 1873). Elle est à son maxiinum lors de l'inspiration : à C3 nio.nent, en effet, les or^'iin;s abdominaux sont refjulés et comprimés par suite de l'abaissemînt du diapliragme. C'est égaliment à ce moment que la pressi'jn san^'uini sus-hépatique est la plus faible et descend à — 7 et — ^8 mm. de merour.3, grâce à l'action de la pression négative du milieu intra-t!ioraciqu3 qui fait sentir ses effets jusqu'aux bran-.hes d'urigine des veines sus-hépathiqu îs. Les différences de pression qui existent entr<} le milieu thoracique et le milieu ablominal, diflférjniîîs qui s'exagèrent p mdant l'inspiration, constituent ainsi l'un dus facteurs prépun lérants de la circulation porte du foie.

La quantité de sang qui traverse la veine porte en 34 heures, est considérable : 500 gr. par minute chez un chien de 30 kilogrammes (Flugge). Si la proportion est la même chez l'iioiuine, cela ferait chez un adulte de 70 kilogr., plus d'un litre et deaii par minuti, soit cent litres à l'iieure ou deux mètres cubes et deaii de sang par jour. Aussi Stolnikow (1883) admet-il que le foie agit par l'intermédiaire de la veine porte comme un régulateur mécanique de l'activité du cœur, compensant les excès de pression qui peuvent se produire dans le domaine de la veine cave inférieure.

Vitesse du sang. Le ferro-cyanure de potassium introduit dans la veine porte apparaît dans le sang des veines sus-hépatiques huit secondes après l'injection ; la quantité augaiente peu à peu, atteint son maximum vers la trentième seconde, et disparaît au bout d'une minute (Rosapelly). Si l'on cherche à répéter la même expérience, en pratiquant une circulation artificielle de sang, à travers le foie excisé, on constate qu'il faut faire passer 300 c. c. de liquide en une minute, pour que le ferro-cyanure traverse le foie avec la même rapidité que sur l'animal vivant. Si l'on tient compte du calibre de la veine porte (1 cent, carré de section), on trouve que la vitesse du sang est de 83 millimètres par seconde dans le tronc et de il millimètres dans les branche^, de bifurcation. La vitesse serait seulement de

10 mm. par seconle dans les veines sus-hépatiques dont le calibre est double. Dans les capillaires hépatiques, la vitesse serait de 1 à 4 mm. par seconde.

Perméabilité. Les capillaires artériels semblent opposer au passage du sang une plus grande résistance que les capillaires veineux, comme le montrent les expériences de circulation artificielle, prati luées par la veine porte ou par l'artère hépatique, en faisant varier les résistancas à l'écoulement par les veines sus-hépatiques. La circulation de la veine porte ne s'arrête que lorsque la pression sus-hépatique est près pie égale à la pression porte : au contraire, la circulation artérielle est suspendue pour peu qu'on élève la pression sus-hépati|ue, alors même ([ue cette pression est encore de sept à huit fois inférieure à celle de l'artère.

11 y a donc une certaine indépendance entre les deux systèmes : pourtant cette indépendance n'est pas absolue : en augmentant la pression dans la veine porte, on gêne la circulation artérielle et récipro piement. Ajoutons que les obstacles dans l'écoulement de la bile gênent également la circulation sanguine, au point de déterminer de l'hypertrophie de la rate (Maragliano).

La capacité du système de la veine porte est des plus variable : quand ses nerfs vasomoteurs sont paralysés, il peut se dilater au point de loger dans son intérieur

la plus grande partie de la niasse sanguine du corps. Il en résulte alors une chute énorme de la pression artérielle, comparable à celle qui survient au cours d'une saignée mortelle. Pendant la digestion, le système veineux abdominal est gor^'é de sang, ce qui augmente la pression dans la veine porte. L'inanition a un effet diamétralement opposé.

Les expériences de circulation artificielle, pratiquées par Heger sur le foie extrait du corps ont montré que les vaisseaux de l'organe présentent des variations plus ou moins périodiques de leur calibre, se traduisant par des oscillations dans la vitesse d'écoulement. Quand l'organe est mort, l'écoulement se fait dune façon uniforme. La présence de certains poisons provoque également le resserrement ou la dilatation des petits vaisseaux du foie,

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