VII. -^ VUE D'ENSEMBLE DES CONDITIONS MÉGANIQUES DE LA CIRCULATION
Pression et vitesse du sang qui circule dans les vaisseaux. — La fig. 73 résume d'une façon graphique les particularités les plus intéressantes présentées par la circulation dans les artères, les capillaires et les veines :
Artères,
Veines.
I Capillaires. \
Fig. 73. — Schéma représentant les variations de pression et de vitesse du sang, ainsi que les aires des différentes parties de l'appareil circulatoire.
On n'a pas représenté les variations accidenteUes et locales de pression et de ritesse qui caractérisent la circulation du sang dans les veines, ni les variations respiratoires de pression daus les artères et dans les veines.
(En partie d'après Gad).
Artères, — Aire oa surface de s iotion totale restreinte. Pression et vitesse du sang considérables, à oscillations cardiaques très marquées (pouls artériel).
Kronegiver et Ha-mel (1889) admettent que les oscillations de pression, présentées parla cir.:;ulation artérielle, exercent une espèce de massage sur les vaisseaux et sont plus favorables que l'action d'une pression continue pour conserver intacte l'élasticité des tubes artériels. Ils ont constaté chez la grenouille qu'un liquide injecté par l'aorte abiominale éprouve beaucoup plus de résistance à traverser le
réseau vasculaire lorsqu'il est injecté sous pressiun continue, que lorsque la pression est inteiMiittente, s'exonjant à <les intervalles rythmi [ues, i nit mt par conséquent l'action naturelle des pulsations du cœur.
Capillaires. — Aire totale considérable. Vitesse faible, uniforine. Pression médiocre, sans oscillations cardiaques.
Veines. — Aire totale double ou triple de celle des artères correspondantes. Vitesse deux ou trois fois plus faible que dans les artères. Pression très faible Dans le voisinage du cœur, cette pression devient négative et présente des oscillations cardiaques (pouls veineux).
La cause de la différence énorme de pression qui règne entre le san^r des arLères et des veines est due à l'action du cœur, qui aspire le sang du côté des veines, pour l'accumuler dans le systèm ; artériel. Si l'on arrête le cœur par une ligature, ou par l'excitation des pneumogastriques, on suppriyne cette cause d'inégalité de pression ; le sang continue à s'é;ouler des artères dans les capillaires et les veines, jusqu'à ce que l'égalité de pressiun suit atteinte. On peut alors mesurer la pression moyenne du sang dans l'appareil circulât jire considéré comme tout. Cette pression serait de 10-15""» de Hg, d'après Brunneu (1855).
Durée totale de la circulation. — Pour déterminer le temps que met une particule de sang de la veine jugulaire pour parcourir en entier le double cycle de la circulation, Ed. Hering (1829) injecte chez le cheval dans le bout central de ce vaisseau, une solution de ferro-cyanure de potassium^^^. Au bout d'une demi-minute, le perchlorure de fer décèle la présencedu ferro-cyanure dans le sang de l'autre jugulaire. Vierordt(1858) a déterminé, par un procédé analogue, qu'il faut, chez le chien, 15,2 secondes et chez le lapin, 7 secondes environ, pour qu'une particule de sang revienne à son point de départ, après avoir parcouru toute l'étendue de l'arbre circulatoire. Chez les différents animaux, ce temps correspondrait à environ 27 pulsations cardiaques.
TiGERSTEDT a fort justement fait remarquer que les valeurs trouvées par le procédé de Hering représentent la durée minima nécessaire à une particule de sang pour parcourir le double cycle circulatoire et nullement la durée moyenne de la circulation. La seconde valeur doit être évaluée au moins au double ou au triple de la première.
JoLYET (1880) a appliqué le procédé d'ED. Hering à la détermination de la durée relative de la circulation pulmonaire et de la grande circulation. Le ferro-cyanure de potassium, injecté dans le cœur droit
(1) Ueumann se sert de ferro-cyanure de sodium, sel qui ne présente pas les propriétés toxiijues des combinaisons du potassium. 11 reçoit le sanp sur une bande de papier à filtre, lixée sur un cylindre de l'appareil enregistreur et animée d'un niouvenient rapide de rotation.
Smitu (1S8I) a injecté, au lieu de ferro-cyanure, du sauf? de pipreon, dont les éléments sont facUes à reconnaître. Enfin Stf.waut (ISltO) s'est servi d'une mélliode toute dilTérente : l'arrivée ou le passage de la solution saline dans une artère, après son injection ilans une veine, est signalée par le changement <le résistance électrique présenté par le contenu de l'artère.
NoLF (HI02) a décrit récemment un procédé entièrement nouveau pour déterminer la durée totale de la"circulation.
chez le chien, apparut dans le cœur gauche au bout de 6 secondes, tandis que chez le même animal, la durée totale de la circulation était quatre fois plus forte, c'est-à-dire de 24 secondes, Jolyet en conclut que le système de la circulation pulmonaire contient quatre fois moins de s.iiig que celui de la grande circulation. (Le rapport du poids du poumon au sang qu'il contient serait égal à 2.6, alors que le rapport du poids du corps au sang total est égal à 13 environ. — • Jolyet, 1881). J. Ranke estime qu'un quart de la masse totale du sang circule dans les muscles, un quart dans le foie, un autre quart dans le cœur et les gros vaisseaux et le reste dans les autres organes du corps.