II. — SALIVE
Propriétés. — La salive mixte ou liquide qui humecte les parois de la bouche, est un mélange du produit de sécrétion des glandes salivaires
(1) Ciioss.\T, Rec/i. exp. sur l'inanition, lSi:i; Hiuder et Sciimidt, rfiV Vcrdauungsfiâfte, 1852; Voit ZeHsclir., f. Biologie, 186fi, II, p. 307. Lkpjne, Art. Inanition du Dict. de méd. de Jaccoud,
(1) Nous donnons ici le poids'relatlf des différents organes chez riioranie, d'après E. Bischoff, et chez le diat, d'après Uiuder et Schmidt
foie
IIOMMK ADl'LTE
ENFANT NOUVE
Squelette .
Muscles
Viscères thoraciques
— abdominaux .
Graisse
Peau .
Cerveau
proprement dites, des glandules mucipares et de répithélium buccal. La salive de l'homme est un liquide incolore, transparent, insipide, très aqueux I {à = — 0".3 à 0".4), légèrement lilant, à peine troublé par la présence de quelques cellules épithéliales et de quelques cor] uscules saiivaires (cellules arrondies à protoplasme nucléé), d'une densité de 1002 à 1006, d'une réaction faiblement alcaline, contenant environ 0.5 °/o de matéiiaux solides: chlorures et sulfates de sodium et de potassium, carbonates et phosphates de calcium et de magnésium, souvent des traces de sulfo-cyanure de potassium (coloration rouge par le perchlorure de fer, Treviranus, 1814). L'iode, le brome, les chlorates et la plupart des poisons introduits dans l'économie animale (mais non les sels de fer, Salkowski), sont éliminés en partie par les glandes saiivaires et se retrouvent dans la salive.
La salive contient toujours de la mucine en quantité notable, ordinairement des traces d'albumine, presque toujours (chez l'homme et le lapin, mais non chez le chien et le cheval) un ferment diastasique, auquel on réserve généralement aujourd'hui la dénomination de Ptyilme, appliquée autrefois à diverses substances extraites de la salive, et un^éconcî ferment, la Maltase. C'est à la présence de ces ferments que la salive de l'homme doit la propriété de saccharitier assez rapidement l'amidon cuit (et lentement l'amidon cru) et le glycogèue (Leuchs, 1831).
La ptyaline diffère de la diastase végétale par différents caractères : la température qui correspond au maximum d'activité est de -f- 37° à Mi" pour la première et de + 54" à 63" pour la seconde (contesté par PuGLiESE, 1898). La ptyaline transforme l'amidon (ou le glycogène), d'abord en dextrine et en maltose^^'>; puis, la dextrine s'hydrate à son tour pour fournir de la maltose.
3G^HioO^-|-H-'0=G'^Hi''0^-hCi'H'"-0^'
Amidon Dextrine Maltose
La maltose se transformerait ultérieurement en glycose, sous l'influence d'un second ferment, la maltase (Hamburger, 1895).
Il est facile de constater le pouvoir sacchariflant de la salive humaine. Si l'on mélange de la salive avec une petite quantité d'empois d'amidon, on pourra, au bout de peu de temps, constater la présence du sucre dans le
Fig. 113 - Dosage de la ^ ^ ' , . , xx r. .
glycose par la liqueur de liquide au moyen de 1 une des réactions de cette sunstance ^'^""^*^* En même teuips l'amidon disparaît du liquide. L'absence
(1) L'amidon parait se transformer successlvement1(ou simultanément) en amidon soluble ou amylodextvine, se col:)rant encore en'Weu par l'iode, en érythrodextrine, se colorant en rouge par l'iode, puis en acliroodextrine, ne se colorant pas par l'iode, et enfin en maUose.
La maltose (Ci2H;20i H-h^O) est un véri able s;icrj: elle est directement fermentescible, réduit l'oxyde de cuivre eu solution alcaline et est dextrogyre.
de coloration bL;ue par l'iode, que l'on a invorfiiée comme preuve de la disparition de l'amidon, n'a aucune signification, depuis que l'on sait que la présence de la salive empêche l'iude d'a^àr sur ramidon, et décompose môme la co iibin.tison iodée. L'empois d'amidon l^leui par l'iode est décoloré en queL^ues instants si on le tient en bouche, quoiqu'il contienne encore beaucoup d'amidon. Les solutions aqueuses de glyco^^ène, additionnées de salive, s'éclaircissent gru'iuelle.uent et perdent complètement leur opalesi:ence, à mesure que le glycogône se transforma en dextrine et en sucre.
La ptyaline agit le mieux en solution neutre ou très légèrement acide, moins bien en solution alcaline. Mais une proportion d'acide très inférieure à celle du suc gastrique ^ullit déjà pour empêcher la sacchariflcation et même pour détruire le ferment.
Réactions servant a kechergher la glygose dans les liquides organiques, notamment dans l'urine des diabétiques : 1" Réaction de Trommer. On ajoute au liquide un peu de le-sive de soude et une goutte d'une solution de sulfate de cuivre. L'hydrate cuivrique formé se redissout avec une belle couleur bleue ; si l'on fait bouillir 1j mélange, la glycose réduit le composé cuivrique à l'état d'oxyde cuivreux, qui forme un précipité rouge ; en même temps le liquide se décolore. Cette réaction appartient également à la maltose et au sucre de lait, ainsi que la suivante.
La liqueur cupro-potassique de Fehling (i) sert à doser la glycose. Gomme dans la réaction du Trommer, cette liqueur est décolorée avec précipitation d'oxyde cuivreux rouge par l'ébullition avec les solutions de glycose. La quantité de cuivre est calculée de manière à ce que 1 c. c. de liqueur bleue soit exactement décoloré par 5 milligrammes de glycose (sucre de diabète;. On introduit dans un petit matras 10 c. c. de liqueur de Fehling que l'on dilue avec trois fois son volume d'eau. Lu liquide à doser, dilué au préalable, est versé dans une burette graduée : on le laisse couler goutte à goutte dans le matras (tout en maintenant l'ébullition) jusqu'à ce que la liqueur bleue soit exactement décolorée. La quantité de liquide sucré versé par la burette contient 5 centigrammes de glycose (voir fig. 113).
•2** Réaction de Bottger. On fait liouillir le liquide avec une certaine quantité de lessive de soude ou de potasse et une petite pincée de sous-nitrate de bismuth. La glycose réduit (à l'ébuUilion) le sous-iiitrate à l'état d'oxyde de bis.nuth, qui se dépose sous forme de précipité noir Celte réaction, de même que celle de Trommer, est commune à tous les corps réducteurs. La liqueur de Fehling est réduite par l'acide glycuronique, l'acide urique, etc. ce qui peut donner lieu à des erreurs dans le cas d'examen chimique d'urines supi)Osées contenir de la glycose.
3° Essai par la potasse. On chaulte le liquide à l'ébullition après l'avoir additionné de lessive df potasse. Le liquide se colore en jaune ou en Ijrun, suivant la quantité de glycose présente.
(1) Préparation de la liqueur de Fehlinp. Dissoudre 34,05 gr. de sulfate de cuivre dans 160 c. c. d'eau; dissoudre d'autre part 173 gr. de tartrate double de potassium et de sodium dans 600 à 700 c. c. de lessive d« soude d'une densiti"- de 1.12 ; nn-lanper les deux solutions et diluer ile manière à faire un litre de liqueur.
Fig-. 114. — Appareil pour la recherche clinique de la glycose dans les urines.
4** Essai jmr la Plxènylliydrazine. On ajoute au liquide une pincée d'acétate de sodium et un peu de solution do chlorhydrate de phénylh\drazine. On chauffe à -j- 100" (au bain-marie) pendant une heure. La présence delà glycose est indiquée par la formation de beaux cristaux, jaunes, brillants de phénylglycosazone isolés ou groupés en étoiles (point de fusion -j- 204*^). L'acide glycuronique donne dans les mêmes conditions un précipité brun amorphe, fondant à -f- lôO''.
b'^ Essai jpar la fermentation. On ajoute un peu de levure do bière (lavée au préalable à l'eau) au liquide à essayer. S'il y a de la glycose, la ferniation s'établit bientôt, le liquide mousse abondamment et répand une odeur alcoolique. C'est le procédé le plus sûr pour la recherche du sucre dans les urines diabétiques (quand on n'a pas de polarimèlre à sa disposition). Tout médecin peut l'exécuter facilement sans le secours de réactifs ni d'ustensiles de chimie. On introduit l'urine et la levure dans une fiole à médecine que l'on remplit exactement. On bouche au moyen d'un bouchon de liège présentant latéralement un petit canal (fait au canif par deux petites entailles longitudinales se rejoignant) — pour empêcher que la fiole n'éclate pendant la fermentation. On retourne la fiole, on la plonge le col en bas dans un verre à boire rempli de la même urine (voir fig. 114). On conserve le tout à une douce chaleur (au soleil ou près du feu). S'il y a du sucre, il ne tarde pas à fermenter : les bulles de GO^ montent et se rassemblent au haut de la fiole, qui, au bout d'un certain temps, se trouve remplie de gaz, le liquide s'étant échappé par l'ouverture ménagée dans le bouchon.
L'appareil de la figure 115 permet de doser la glycose par fenne}itatio?i. La solution sucrée, additionnée de levure, est introduite dans le matras A ; puis on pèse l'appareil. La fermentation s'y établit bientôt ; les bulles de GO^ se dégagent à travers le matras B (reaipli d'acide sulfurique destiné à retenir l'eau entraînée par le courant de GO^). Quand la fermentation est terminée, on pèse de nouveau l'appareil : la perte de poids indique la quantité de GO"^ formée : celle-ci est proportionnelle à la quantité du sucre contenue dans le liquide.
O*' Dosage par le polarimétre. Le pouvoir rotatoire
du sucre de diabète (dextrose) est a [D] = -\- 53''. Il est
Fig. 115. - Appareil pour donc facile de doser cette substance optiquement lorsqu'on
par '^fermentation. ^^^''°^'' dispose d'une Certaine quantité dr liqui.ie et que celui-ci
est transparent et peu coloré. Au besoin on décolore par
l'acétate de plomb. Pour le maniement de l'instrument, voir p. 28 fig. G.
D'après VuLPiAN, l'injection sous-cutanée de salive normale produirait des désordres graves pouvant se terminer par la mort. La toxicité de la salive est due sans doute à la présence d'organismes inférieurs qui se développent facilement dans ce liquide.
Gaz de la salive. 100 volumes de salive (sous-maxillaire du chien) contiennent d'après Pflûgbr : oxygène 0,6 vol. ; azote 0.8 vol. ; GO^ dissous 32.5 vol. ;
GO* combiné 43.5 vol. La salive parotidienne de l'homme contient pour 100 vol. : oxygène 0.84-1.46 vol. ; azote :^. 37-3, 7 7 vol. ; GO^ dissous 3.31-4.65 vol. ; G02 combiné 40.17-63.47 vol.
Rôle de la salive. — Le rôle digestif de la salive est nul chez les animaux où manque la ptyaline (carnassiers, chien); et assez peu important chez les autres. Cependant la ptyaline continue à exercer pendant un certain temps son action sacchariûante sur les féculents contenus dans l'estomac. Le rôle mécanique de la salive dans la déglutition est plus important : elle sert à humecter les aliments secs, à en former une pâte molle, le bol alimentaire, qui glisse facilement à travers l'isthme du gosier, le pharynx et l'œsophage "au moment de la déglutition. Les glandes salivaires manquent chez les cétacés et les poissons, dont la nourriture n'a pas besoin d'être hamectée. Au reste, l'extirpation des glandes salivaires n'est suivie d'aucune conséquence fâcheuse chez le chien : les animaux opérés remplacent la salive absente en lappant un peu plas d'eau avec leur repas (G. Fehr, 1862). La salive peut servir aussi à diluer certaines substances à goût désagréable ou à action caustique (Pawlow). Voir p. 256 pour la sécrétion interne des gl. salivaires.
Sécrétion salivaire. Les travaux de Ludwig ont montré que la sécrétion salivaire est due à une excitation des cellules glandulaires par voie nerveuse et qu'elle est jusqu'à un certaiu point indépendante de la circulation. Si l'on excite la corde du tympan chez le chien, la glande sous-maxillaire se met immédiatement à sécréter et un flux de salive s'écoule par le conduit de Wharton. L'expérience réussit encore après ligature des vaisseaux nourriciers de la glande ou même sur une tête fraîchement décapitée. Dans les ^t^"^^ conditions ordinaires, l'excitation de la corde produit également une^ dilatation très marquée des vaisseaux de la glande, parfois avec propagation des pulsations jusque dans les veines (Gl. Ber.vard, 1855.)
Les fibres nerveuses de la corde du tympan qui provoquent la sécrétion, paraissent indépendantes de celles qui dilatent les vaisseaux (*\ Par Tatropine, on paralyse les premières sans atteindre les secondes : lélectrisation de la corde du tympan produit alors la rubéfaction de la glande, mais n'est suivie d'aucun effet sécrétoire (Keughel, Heidenhain.) Si l'on injecte dans le conduit de Wharton de la salive diluée additionnée de quinine, on observe une dilatation énorme des vaisseaux de la glande, mais pas de sécrétion. L'écoulement de la salive s'établit au contraire dans ce cas, dès qu'on excite la corde du tympan.
La force avec laquelle la salive est poussée dans le conduit de Wharton est" bien supérieure à la pression sanguine dans les vaisseaux
(1) Les fibres nerveuses sécrétoires traversent la membrane propre des acini et se terminent entre les cellules glandulaires par des extrémités libres (Ramon y cajal).
de la glande. En reliant .directement le conduit de Wharton avec un manomètre, Lddwig vit la colonne de mercure poussée par la salive monter à plus de 20 centimètres de hauteur. ^^La glande s'échauffe fortement pendant la sécrétion. Ludwig a constaté que la température de la salive pouvait dépasser de plus d'un degré celle du sang artériel qui se rend à la glande.
Heidenhain (1868-1880) a démontré directement la participation active des cellules glandulaires dans le processus de sécrétion de la salive. On sait que les glandes salivaires appartiennent au type des glandes acineuses de Jean Muller, c'est-à-dire qu'elles représentent une série de petit sacs ou tubo-sacs débouchant dans des conduits communs. Chaque petits sac ou grain (acinus) est formé d'une membrane propre (membrane anhiste dans laquelle se trouve intercalé un réseau de cellules à prolongements ramifiés) tapissée à l'intérieur par des cellules sécrétrices. Les capillaires sanguins, qui forment un riche réseau autour de chaque alvéole, ne lui sont pas immédiatement contigus, mais sont séparés de la membrane propre par des espaces lymphatiques.
On peut, avec Heidenhain, von Ebner etc. distinguer différents types de glandes salivaires :
1° les glandes séreuses (albumineuses de Heidenhain), donnant une salive sans mucine, formées uniquement de cellules albumineuses : la parotide, les glandes de von Ebner de la langue.
2" les glandes, muqueuse de Heidenhain (salive à mucine), ne contenant que des cellules muqueuses (salive riche en mucine) : glandes do l'amygdale linguale.
3" les glandes micctes distinguées en muqueuses mixtes (gl. sublinguale, de NuHN, labiales, buccales) et séreuses mixtes (gl. sous-maxillairej suivant la prédoaiinanee de la partie albumineuse ou séreuse.
Les cellules, tant m,uqueuses q\i' albumineuses, sont formées d'un noyau logé dans un protoplasme granuleux formant une masse spongieuse, dans les mailles de laquelle s'accumule dans l'intervalle des périodes de sécrétion, un antécédent du produit de sécrétion. Ce dernier est destiné à disparaître au moment de la sécrétion et à se transformer en salive. Pour les cellules tnuqueuses, cet antécédeut est formé de mucigène , constituant des grains ou des gouttelettes claires, peu réfringentes, ne se colorant pas par les réactifs colorants, mais se fusionnnant facilement, sous leur influence, en une masse commune. Cette masse commune finit par envahir toute la cellule, refoulant le noyau avec une minime atmosphère protoplasmatique, vers la base de la cellule (au voisinage d'un prolongement de la cellule en forme d'épei'on, qui s'engage sous la base de la cellule voisine).
PovLv les cellules albu?nineuses, l'untécédent de la sécrétion est représenté par une grande quantité de gra?iulations sphériques, brillatites, très réfringentes, occupant les mailles du protoplas ne. Pendant la sécrétion, ces grains s'accumulent vers le côté interne de la cellule ; ils se transforment en produit de sécrétion et .sont déversés à l'extéx-ieur, à travers le canal intra-épithélial central jusque dans le
conduit excréteur. A mesure que ces grains fondent, le protoplasme granuleux se développe et prend leur place. Finalement il occupe toutn la cellule.
De même dans les cellules muqueuses, à mesure que le mueigène se déverse hors de la cellule, le protoplasme granuleux se régénère et finit par envahir toute la cellule.
Pendant la sécrétion, les glandes salivaire perdent en poids : la proportion de matériaux solides diminue, tandis que la proportion d'eau augmente.
La quantité de salive sécrétée chez l'homme en 34 heures est diversement évatri^B-fYî^ Ti^^^)- ^^^^^^~P^^^^^^~°^^'^^^^^^^^®- D'après Tugzek, les^HncIês" sàlîvaires peuvent produire jusqu'à 13 à 15 fois leur poids de salive par heure.
Influence du système nerveux. — La glande sous-maxillaire reçoit des filets nerveux cérébro-spinaux du facial, par Tinter médiaire de la
cordejlu tympan, et dës^HIëts sympathiques venant du cordon cervical du grand sympathique et accompagnant l'artère de la glande. L'excitation~aè~la corde Thrtyinpan^^rovoque tîans la glande sous-maxillaire une abondante sécrétion de salive (Ludwig, 1851). L'expérience est facile à répéter chez le chien. On fait sur les côtés de la ligne médiane, sous la mâchoire inférieure, une incision longitudinale, longeant le ventre antérieur du digastrique. On coupe les fibres du mylo-hyoïdien avec précaution ; en écartant en dehors le digastrique, on aperçoit le nerf lingual et, dans son voisinage, les conduits excréteurs des glandes sous-maxillaire et sublinguale. Le tronc du lingual, le canal de Wharton et la corde du typan forment un triangle (voir fig. 117), facile à retrouver. On fixe une canule dans le canal de Wharton ; la corde du tympan est placée sur les électrodes excitatrices (voir fig. 116).
La salive sous -maxillaire, obtanue par l'excitation de la corde du tympan, est abondante, claire, aqueuse, pauvre en matérieux solides.
L'excitation du grand sympathique pro-
voque^i au contrâTre, l£t Rép.rétif>a-d-tvne
petite quantité d'une salive visqueuse.
tftmbierTÎcîïe en matériaux solides. Les vaisseaux de la glande se resserrent en même temps. La salive naturelle ressemble surtout à la salive de la corde du tympan. Après la section de la corde du tymjian — et— 4u grand sympathique la glanda est paralyaâe^etjie sécrète plus. Cependant, au bout d'un certain
Fig.|116. — SchémaCdejrexpérience'" de la glande sous-maxillaire chez le chien. La tète (le^l'animal est vue par dessous. La région de la glaiidesous-niaxillairedroite est mise à nu par une incision longitudinale; une o;iuule de fserre ^ est i\\ée dans le conduit de Wharton. E, pile électrique ; P, chariot de du Bois- Reymoud ; e, électrodes en contact avec la corde du tympan.
temps, il s'établit un écoulement modéré et continu d'une salive qui porte le nom de salive paralytique.
Le centre nerveux de la sécrétion salivaire est situé dans le moelle allongée (Cl. Bernard, Egkard et Loeb, Grûtzner et Ghlapowski). Ge centre peut être excité :
1° Par voie réflexe. — Le point de départ du réflexe réside ordinairement dans une excitation des terminaisons des nerfs du goût par des substances sapides (vinaigre, éther sur la langue), ou dans une excitation des nerfs sensibles de l'intérieur de la boucbe par des impressions mécaniques (corps étrangers dans la bouche, mouvements des mâchoires). L'excitation du nerf olfactif (par l'odeur des aliments), celle des terminaisons stomacales du pneumogastrique (poivre dans l'estomac), peut également amener un flux de salive réflexe. L'excitation du bout central du sciatique aurait le même effet, d'après Owsjannikow et Tsghirjew. L'atropine, la nicotine et la daturine paralysent les libres sécrétrices, la pilocarpine les excite au contraire.
2" Par voie automatique. — Le centre salivaire de la moelle allongée peut être excité directement par l'électricité ou par la veinosité exagérée du sang qui le baigne (salive asphyxique) ou par quelques poisons (pilocarpine) ou encore par piqûre mécanique.
3** Pai^ voie associée. — L'activité du centre bulbaire de la sécrétion salivaire peut être influencée par les centres nerveux supérieurs. Les lésions de l'écorce cérébrale dans le voisinage du sillon transverse, ou son excitation directe, sont fréquemment suivies chez le chien d'un flux de salive (Eulenburg, Landois, BoGHEFONTAiNE, etc). Les influeuces psychiques ont été signalées depuis longtemps. Tout le monde sait que la vue ou l'odeur des aliments, ou même l'idée d'un bon repas, suffit parfois pour faire venir « V eau^àJaJiQuchej .
Tout récemment, Paw£ow a montré l'importance que présentent ces influences psychiques chez le chien. Antérieurement déjà, Pawlow avait constaté que la salive épaisse, visqueuse (telle que celle que fournit la glande sous-maxillaire, lorsqu'on excite le grand sympathique), a pour fonction de faciliter la formation (lu bol alimentaire, et surtout d'assurer le glissement de ce bol dans l'acte de la déglutition (2,QXtQ salive de déglutition est sécrétée de préférence quand on donne à manger au chien, une ration de pain sec, comme Fig. 117. -Région de l'opération OU peut s'en assursr sur des animaux porteurs dune de la glande sous-maxillaire fistule salivaire. La vue seule du pain suflit pour
chez le chien (comme dans la . , . • . . • , ii
figure 116). L, nerf lingual; provoquer, par voie psychiquc, la sécrétion de cette
et., corde du tynipnn ; CW,, <ialîvfl vUmiPndP glande sous-maxillaire ; c. e., ^aiive Vlbqueuse.
conduit excréteur; /, tube de Si l'on placc sur la langue du chieu, des substances
verre eflilé fixé dans le conduit ,. /.j i,ii.i- \ ^-x
de Wharton et faisant office caustiques (acidc chlorhydrique), ou présentant un
de canule. gQ^|. ^iésugréable (ainer), il se produit au contraire une
salive très abondante, très aqueuse (salive de la corde du tympan). Cette salive
agit en diluant la substance nui:;iblo. Elle peut être également séorétée par action psychique, comme le montre l'expérience suivante. L'acide dont se servuit Pawlow avait été exprès coloré en noir, afin que le chien [»ut reconnaître de loin et par la simple vue, le flacon à acide. Au bout d'un certain numbre d'expériences, la couleur noire du li([uide et le goût acide étaient tellement associés dans les idées du chien, qu'il sutîisait de s'approcher de lui avec le flacon débouché, pour que la sécrétion s'établit, et qu'un abondant flux de salive de dilution s'écoulât par la fistule.
On a constaté également que l'activité diastasique de la salive varie avec la nature de l'excitant. Elle est par exemple plus grande avec la viande qu'avec les sels (Victor Henri et Malloizel, 1902).
^La glande parotide reçoit ses Jjetsjifirveiix crâniens du glosso-pharyngien par le rameau de JXgÏÏbsÔn. Puis les fibres sécrétrices parcourenfrë n^grf ^etit péfrêux superficiel (Gl. Bernard, Sghiff, Nawrogki), aboutissent au ganglion otique, de là gagnent la branche auriculo-teinporale du trijumeau et pénètrent avec elle dans la glande parotide. L'excitation de ces filets nerveux amène la sécrétion d'une salive aqueuse, pauvre en matériaux solides. Les filets sympathiques de la parotide lui arrivent du plexus qui entoure l'artère carotide externe. Leur excitation ne provoque aucune sécrétion. L'excitation simultanée des deux catégories de nerfs produit une abondante sécrétion d'une salive assez riche en matériaux solides.
La glande salivaire molaire supérieure du chien {gl. de Nuck) entre en sécrétion par l'excitation du nerf buccal (Heidenhainj. Ce nerf n'appartient pas en propre au trijumeau (de même que les nerfs sécréteurs des glandes des lèvres et des joues), mais provient du glosao-pharyngien, comme les nerfs do la parotide (Vulpian, 1885j. Les filets sécréteurs émanent du rameau de Jagobson, se rendent au ganglion otique, et de là se jettent dans le nerf buccal, tandis que les filets destinés à la parotide s'unissent au nerf temporal superficiel ou auriculo-temporal (Vulpian). Les glandes des papilles foliacées de la base de la langue du lapin entrent en sécrétion et s'hypérémieut par excitation du glosso-pharyngien (Gad) (i).
Heidenhain admet que les nerfs qui se rendent aux glandes salivairea contiennent deux catégories de fibres (outre les filets vaso-constricteurs) : 1° des fibres sécrétrices, qui provoquent la transsudation du plasma sanguin dans les espaces lymphatiques, et de là dans le tissu glandulaire. Ces fibres, qui président à l'écoulement au dehors du liquide sécrété, prédomineraient dans les rameaux venant du facial et du glosso-pharyngien; •2° des fibres Irophiques qui président aux réactions chimiques dont les cellules glandulaires sont le siège, et à l'élaboration des matières organiques formées
(1) Ii'i aussi IVffol vaso-iHlatatciir se produit seul après empoisonnement pai" l'atropine {tandis qu'après ligature de la carotide, l'effet sécrétoiro se montre seul.
dans la glande, mais ne provoquent pas l'expulsion de ces produits. Ces fibres prédomineraient dans les rameaux venant du grand sympathique et allant à la glande sous-maxillaire. Elles existeraient seules dans les rameaux sympathiques allant à la parotide.
Les phénomènes électriques de la sécrétion salivaire seront étudiés au chapitre de l'électro-physiologie.
W. ViGNAL (1887) a décrit dans le liquide buccal dix-neuf espèces de microorganismes. Plusieurs de ces microbes dissolvent l'albumine cuite, la fibrine, le gluten, la caséine; d'autres coagulent le lait: d'autres Uuidifient l'amidon, transforment la lactose en acide lactique, ou la glycose en GO^ et alcool, ou intervertissent le sucre de canne, etc. Tous supportent le contact de la bile ou celui du suc pancréatique ; plusieurs résistent à l'action du suc gastrique. Fnfin, six espèces traversent tout le tube digestif et se retrouvent abondamment dans les excréments.