VI. — suc INTESTINAL
Fistule intestinale. — Le suc intestinal peut être obtenu par le procédé de fistule de Thiry (1864). On isole une anse intestinale du reste de l'intestin, par deux sections circulaires, de manière à conserver les connexions vasculaires et nerveuses: on ferme l'anse par un bout au moyen de points de suture ; l'autre bout iixé à la plaie abdominale, sert à recueillir le suc. Les surfaces de section de l'intestin ainsi raccourci sont réunies par des points de suture, de manière à ne pas interrompre le cours des matières. On peut aussi, à l'exemple de Vella (1881), fixer les deux extrémités ouvertes de l'anse intestinale à la plaie abdominale.
Propriétés du suc intestinal. — Le liquide que l'on obtient ainsi est pauvre en matériaux organiques (1.5 °/o), et contient environ 0.9 7, de sels, notamment du carbonate de sodium (Thiry, 1864, Quingke, 1868, Demant, 1879); sa réaction est alcaline. 11 paraît n'avoir aucune action directe sur les albuminoïdes, et n'exercer qu'un pouvoir saccharifiant insignifiant sur l'amidon.
On a signalé dans l'intestin la présence de Hpase ou ferment saponifiant les graisses, de sucrase ou invertine, dédoublant le sucre de cannes en dextrose et lévulose, de laclase '^^ et de maltase, dédoublant respectivement la lactose et la maltose, de nxidéase, qui attaque l'acide nucléinique et d'arginase, qui dédouble l'arginine en ornitbine et urée (Kossel et Dalin, 1904).
Nous avons vu que le suc intestinal contient aussi un ferment spécial, Ventérokinase de Pawlow (1900) dont le rôle consiste à activer le zymogène du suc pancréatique et à le transformer en trypsine. On peut extraire l'entérokinase du liquide qui la contient par les procédés habituels d'entraînement des ferments solubles, et la conserver à l'état sec après purification et précipitation par l'alcool. Le ferment préparé de cette façon peut manifester son action favorisante sur le suc pancréatique à des doses extraordinaireraent faibles.
La présence de l'entérokinase n'est pas constante dans le suc intestinal. Savitch a constaté que, pour que l'entérokinase apparaisse dans une anse intestinale, il faut que celle-ci ait été soumise à l'action du suc pancréatique. C'est assurémeni: aux ferments pancréatiques qu'est dévolue la propriété de provoquer l'élaboration du ferment intestinal ; en eûet, le suc pancréatique, préalablement soumis à l'ébullition^^erd^etle action stimulante.
(1) La lactase n'existe que chez les iudjvitius aliinenUs au lait ou après ingestion de lactose
fNVElNLAND, 1899).
GoHNHEiM (1901) a signalé dans l'épaisseur de la paroi intestinale l'existense d'un nouveau ferment, ÏÊrepsine (de soinrcu, je scindej. Ce ferment n'a pas d'action sur les alblïmînoïdes proprement dits, mais il attaque leurs produits de digestion, les peptones et propeptones, et achève leur désagrégration en produits plus simples cristalloïdes : leucine, tyrosine, lysine, etc.
Il agirait de môme sur la caséine. Gohnheim admet ijue c'est au moyen de ces substances cristalloïdes que l'organisme animal (l'épithélium intestinal) reconstitue la molécule compliquée d'albumine.
On a parlé d'un ferment transformant la cellulose en glycose. Il est certain que chez les herbivores, la plus grande partie de la cellulose contenue dans les aliments végétaux disparaît pendant le passage à travers l'intestin grêle, et ne se trouve plus dans les excréments. Une partie au moins de cette cellulose paraît subir dans l'intestin, sous l'influence de micro-organismes de putréfaction, une fermentation spéciale, la transformant principalement en GO- et GH^. Ge serait là, au moins en partie, l'origine des gaz combustibles et riches en GO' que l'on rencontre dans l'intestin (Léo Popoff).
La section des nerfs du mésentère a pour effet de provoquer pendant plusieurs heures, la sécrétion paralytique très abondante d'un suc intestinal privé de ferments digestifs, mais contenant des flocons de corpuscules muqueux. Les animaux peuvent perdre par la surface intestinale, une quantité de liquide supérieure à la masse présumée de leur sang, et mourir en présentant des symptômes analogues à ceux du choléra (Budge, 18b0 ; Armand Moreau, 1868; Radzie je wski, 1870 ; Hanau, 1886).
La sécrétion du suc intestinal paraît intermittente. Elle s'établit après i //, l'ingestion des aliments, et atteint son maximum au bout de six à sept / heures. On peut la provoquer chez l'animal à jeun par excitation / mécanique, électrique ou chimique de l'intestin. L'injection de suc gastrique i , s,'
ou de bile dans l'intestin reste sans effet sur la sécrétion. -^ c<^-^!^
Excréments. — Un adulte produit en 24 heures, environ 130 gr. d'excréments humides contenants 34 gr. de résidu solide (soit environ 5 •/„ du résidu solide des aliments — nourriture mixte). Les excréments sont peu abondants chez les carnivores nourris de viande, et presque nuls chez les reptiles écailleux , chez les herbivores, au contraire, la masse des excréments représente toujours une fraction notable (40 °/„) de celle des aliments.
La composition chimique des excréments varie d'après la nature de l'alimentation ; ils contiennent :
r Les résidus non digestibles des aliments :. matières cornées ou élastiques, plus rarement tissu coujonctif, hématine provenant de la
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décomposition de l'hémoglobine alimentaire dans l'estomac, nucléine, cellulose et matières gommeuses d'origine végétale, chlorophylle, matières colorantes des fruits etc. Il faut y joindre une petite quantité de matières alimentaires qui ont échappé à la digestion : albuminoïdes et graisses. Les excréments contiennent toujours des savons calcaires.
Il" Des produits divers de la transformation et de la putréfaction des matières alimentaires : acides gras (acétique, butyrique, capronique), excrétine ^Marget, 1873), traces de phénol, substances à odeur repoussante, parmi lesquelles Brieger (1877) a reconnu l'indol G^H'^Az et le scatol G'H'Az.
La constitution de ces substances est la suivante :