TOBIAS
La muqueuse vésicale fait exception à la règle: elle semble opposer une barrière infranchissable à l'absorption des liquides (contesté par Bazy, 1893). Aussi peut-on impunément injecter dans la vessie certaines substances toxiques. L'absorption ne se fait qui si le liquide injecté pénètre dans les uretères (Levvix et G-oldscheider, 1894), ou s'il baigne la portion prostatique de l'urèthre ^Pousson et Sigalas, 1895), ou s'il altère l'épithélium vésical en tant que poison cellulaire
(GOHNHEIM, 1901).
Absorption à, la surface des séreuses. — La surface des séreuses absorbe non seulement les substances dissoutes, mais même des corpuscules solides, tels que granules de matière colorante, globules sanguins. Ces corpuscules pénètrent directement dans les lymphatiques par les stomates ou orifices béants démontrés par v. Recklixghausen (1863) à la surface des séreuses péritouéale et pleurale. Dybkowsky (1886) montra 1j rôle de pompe aspirante et foulante' que jouent les mouvements respiratoires de la cage thoracique sur cette aspiration des liquides épanchés dans le péritoine ; mais il avait constaté aussi que les vaissjaux sanguins interviennent activement dans l'absorption des substances dissoutes.
Les solutions que l'on injecte dans la cavité péritouéale paraissent résorbées surtout par la voie des capillaires sanguins (Ûrlow et Heidenhain, 1895 ; Starlixg et Tubby, 1894 ; Hamburger, 1895). Cependant Auler et Meltzer ont signalé des conditions expérimentales, pour lesquelles les lymphatiques jouaient un rôle important dans la résorption péritonéale.
Absorption par la peau. — L'absorption des solutions aqueuses dégels (iodure^de potasium, sels de lithium, ferro-cyanure de potassium) à travers répiderme intact de la peau est insignifiante, ou tellement lenterqïîéTeaucoÏÏp^d'expérimentateurs n'ont pu la constater (recherche du lithium, de l'iode etc. dans les urines, après un bain contenant ces
substances en solution), Aubert a constaté l'absorption de l'atropine par la peau intacte.
Les substances volatiles sont au contraire absorbées assez facilement par la peau : empoisonnement après badigeonnage de la peau par les solutions d'acide phénique; odeur de violettes communiquée aux urines après application d'essence de térébenthine sur la peau ; introduction de mercure, d'iode etc., par la voie cutanée. Les frictions énergiques de la peau pratiquées avec des onguents médicamenteux peuvent faire pénétrer de petites quantités de substances qui ne seraient pas absorbées- dans les conditions ordinaires.
Absorption par le tissu cellulaire sous-cutané et par le derme dénudé. —
Le derme dénudé, ainsi que le tissu cellulaire sous-cutané et les interstices des tissus en général, absorbent avec la plus grande rapidité les substances dissoutes qu'on met en contact avec eux. L'injection sous-cutanéd au moyen de la seringue de Pravaz constitue le mode d'introduction le plus avantageux des médicaments dont on veut obtenir l'absorption immédiate. Magendie a démontré que l'absorption interstitielle se faisait surtout par les origines du système veineux, c'est-à dire par les capillaires sanguins. Il séparait sur un animal, une patte postérieure, en ne laissant le membre communiquer avec le tronc, que par la veine et l'artère crurales et constatait que l'introduction d'un poison dans l'épaisseur de cette patte faisait périr l'animal, tout comme s'il n'avait pas subi de mutilation préalable. Il se fait donc au niveau des capillaires sanguins un travail de résorption, c'est-à-dire un passage de liquide en sens inverse de celui qui correspond à la formation de la lymphe.
ASSIMILATION ET DÉSASSIMILATION.
Les alimeuts empruntés au monde extérieur, et plus ou moins transformés par la digestion, sont assimilés, fixés dans nos tissus ; ils servent à fournir des matériaux de fonctionnement et d'accroissement, à réparer les pertes subies par l'organisme : assimilation. A côté de ce travail de construction organique, se poursuit sans relâche un processus diamétralement opposé, ayant pour résultat do démolir, d'user peu à peu la substance dont l'organisme est fait, ou de brûler les réserves de combustible déposées dans lorganisme : désassimilaîion. Nous étudierons successivement le rôle des graisses, desHSydrocarbonés et des albuminoïdos, au point de vue de l'assimilation et delà désassimilaîion.
Un certain nombre «le substances alimentaires peuvent également être utilisées et assimilées, quand on les introduit dans l'organisme pur une autre voie que celle du tube digestif. L'albumine, la graisse, le sucre 'le raisin conservent leur valeur alimentaire, si on les injecte sous la peau au moyen d'une seringue hypodermique, ou si on les introduit directement dans les veines.