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EXCITANTS CHIMIQUES

. 2. Excitants chimiques. — En général les nerfs sont excités par toutes les influences qui modifient sa composition chimique dans une certaine mesure et at^ec une certaine rapidité. Presque tous les eicitants chimiques tuent en même temps le nerf (anéantissent son excitabilité); mais toute substance qui détruit le nerf ne l'excite pas pour cela, car quelques-unes, telles que, par exemple, l'ammoniaque, causent sa mort si rapidement, qu'aucune excitation ne la précède. Comme la substance nerveuse ne permet qu'une diffusion très-lentf, notamment à partir de sa gaine, les excitants chimiques des nerîa doivent être généralement plus concentrés que ceux des muscles.

mier de ces faits est le suivant : le courant direct, c'est-à-dire celui qui, ptr rapport à la moelle, a une direction centrifuge, agit d'une mamére plus pronoKéf sur les nerfs moteurs, tandis que le courant inverse ou centipëtc agit plus éns' giqnement sur les nerfs sensitifs, et détermine des signet de douleur et des eootractions réflexes.

En général, lorsqu'on emploie un courant faible, on n'oblieat des cootractio» qu'à la fermeture du courant direct et à l'ouverture du courant inverse. Lorsqu'on commence par employer un courant assez faible pour ne produire aucune eicttition sensible, puis quon accroisse graduellement l'intensité du courant, on obtient pour premier phénomène la contraction au moment où le courant direct oomaience à passer ; ce n'est qu'avec un courant un peu plus fort qu'on obtient une cootnction à l'ouverlure avec un courant inverse. — En mesurant les contractions ao dynamomètre, oti trouve constamment que la contraction due au commencement du courant direct est toujours plus grande que celle due au commencement du courant inverse, lorsqu'on emploie des courants forts.

Si l'on dispose un nerf pris sui* un animal vivant, de manière qu*i1 touche par deux points les roussins du galvanomètre, et qu'il soit en contact par deux autiv< points pris en dehors des premiers, avec les deux électrodes d'une pile, on obsenr à l'instant où l'on ferme le circuit un courant qui travei*se tout le nerf; oecouisnt est toujoui's dans le même sens que le courant de la pile et il continue à dmilfr aussi longtemps que celui de la pile. C'est ce que M. Du Bois-Reymond a appelf l'état électrotonique ou l'électrotone. Ce fait(}ui. jusqu'à présent n'avait étésignak* que pour les nerfs et en semblait une propriété spéciale, a reçu de Vatteucci une explication toute physique. Il a, en effet, pu obtenir le même phénomène en faisant recouvrir un iil de platine de deux couches de fil de chanvre ou de coton. En posant ces fils sur les coussins du galvanomètre, et en électrisant deux autres p«Hnb éloignés de ceux en contact avec les coussins du galvanomètre de 30, 40 et 60 centimètres, on obtient également un fort courant d'électrotone. I/état électrotoiw{ue n'est donc pas une propriété particulière du nerf. Quant aux phénomènes obsenrf par l'nijger, et qui consiste dans une diminution d'excitabilité du nerf prf> Jo pôle positif (état anélccirotonique) et à l'augmentation d'excitabilité près du fi^ négatif (état entêlectrotonique) ; Matteucci croit que ces différences d'excitabilité tiennent uniquement à ce que, près du pôle positif, les produits do l'électrulysatitw sont (les aciiles, tandis que près du pôle négatif s'accumulent des abolis. Or. «mi sait, et ce fait est inconleslalde, que l'excitabilité des nerf«« augmente au contai «les solutions alcalines, et qu'elle diminue, au contraire, si on fait agir sur eui une solution acide étendue. Si ces exphcations de Matteucci sont oxactts, elles Ainiinuent de Iteaucoup l'iniporianee (pi'on a voulu attribuer aux faits dêomi^Yrt^ par IMIûger. — E. (>.

ÉTAT ACTIF DU NERf. 315

En voici les principaux (Kûhne, Eckhard) : solutions concentrées d*addes minéraux, alcalis, sels alcalins, acide lactique et glycérine, etc. La dessiccation a aussi une action excitante.

i.ExcUantsthermiques,--l}neiempèrdiiureàe 35°à 45*»cent. excite leinerfs (moteurs de la grenouille) sans les tuer; jusqu'à 40<*, il se produit des excitations chimiques ; au-dessus de 40*, des excitations tétaniques. Des températures plus élevées tuent le nerf sans Texciter. (Rosentbal, Alfanasieff.)

4. Excitants mécaniques, — Toute impression mécanique qui diange la forme d'un nerf dans une place quelconque avec une certaine rapidité, produit une excitation qui dure aussi longtemps que le changement de forme ; si ce changement est persistant, l'excitabilité est détruite (ainsi que la faculté de conduction. Voy. plus bas).

5. Excitants normaux, conformes à ^organisme. — Ce sont, dans les organes centraux, les phénomènes que l'on désigne sous le nom de volonté, d'action réflexe, etc. (voy. ch. xni), dans les organes des sens, les impressions du monde extérieur : lumière, son, chaleur, choc, etc. (Voy.'ch. xii).

Phénomènes de l'état actif.

On ne sait encore que fort peu de chose sur l'état actif du nerf. On ne connaît ni la nature des forces qui deviennent libres dans le nerf pendant son activité, ni les phénomènes chimiques qui leur servent de fondement. Un phénomène particulier, immédiat, qui fasse distinguer une partie du nerf en repos d*une autre partie active, comme par exemple la contraction pour le muscle, un tel phénomène fait complètement défaut. La seule différence chimique constatée jusqu'ici entre le nerf en repos et celui qui a été actif, c'est que ce dernier montre une réaction acide. (Funke.) Quel que soit l'état du nerf, aucune consommation d'oxygène n'est encore démontrée. Pour ce qui est des forces mises en jeu, on sait seulement qu'aucune chaleur ne se forme (1) (Helmholtz) et que la production d'électricité diminue comme dans le muscle pendant l'état actif. Dans le même cas le courant nerveux montre, comme le courant musciflaire, une variation

(1) Dans ces dernières années, BIM. Valentin et Ohel ont fait des recherches sur la production de chaleur dans les nerfs, pendant leur activité, et tous deux croient pouToir affirmer qu'il y a dans ce cas développement de chaleur, bans un travail publié récemment dans les Archives de Physiologie (Mars-Avril 1869), M. Schifî soutient avoir également constaté une augmentation de chaleur pendant l'état actif du nerf. Ses expériences ont été laites avec beaucoup de rigueur, et il s'est

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